Forum des déistes, athées et inter-religieux

Forum de partage sur la spiritualité et la philosophie. Nous accueillons toutes vos opinions et témoignages relatifs aux enseignements religieux, à l'athéisme ainsi qu'à la morale dans un bon climat
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 pensées des épiscopats sur la crise

Aller en bas 
AuteurMessage
mandonnaud
Etudiant
Etudiant
avatar

Masculin Nombre de messages : 168
Age : 76
Localisation : LIMOGES FRANCE
Date d'inscription : 28/04/2008

MessageSujet: pensées des épiscopats sur la crise   Dim 28 Juin 2009 - 16:32

La crise financière est une erreur de tout le système
Selon le président de la Caritas internationalis

ROME, Vendredi 26 juin 2009 (ZENIT.org) - La crise financière « n'est pas seulement une erreur des banques, mais une erreur de tout le système », a affirmé le 25 juin le président de la Caritas internationalis, le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, lors de la cloture de la convention nationale de la Caritas italienne à Turin.
« Nous pouvons vivre 2009 dans la peur et la paralysie, ou comme une opportunité pour changer », a ainsi souligné le cardinal Maradiaga qui a souligné l'importance de passer « du vieux système de cupidité aveugle à un système où nos yeux s'ouvrent à la justice et &agr ave; la dignité pour tous ».

« La crise financière est seulement un symptôme de carence plus profonde dans le système économique », a-t-il ajouté. « Ce n'est pas seulement une erreur des banques, mais une erreur de tout le système ».

Pour lui, « les responsables du monde ne devraient pas utiliser la crise financière comme une excuse pour couper l'aide au développement ». « L'aide au développement doit avoir des objectifs précis qui portent à la croissance économique à long terme, à la stabilité gouvernementale et au développement humain durable, ainsi qu'une réponse effective et rapide aux désastres naturels et aux conflits », a-t-il souligné.

Le président de la ‘Caritas internationalis' a aussi évoqué « le système financier mondial » qui « devra certainement affronter la pression sociale et les problèmes de la justice si les gouvernements et les institutions publics se concentrent seulement sur leurs économies ».

« Dans un monde aussi profondément divisé entre pays riches et pauvres, nord et sud, (...) nous avons plus que jamais besoin de valeurs communes et d'une éthique mondiale qui nous unisse comme une communauté humaine véritable », a-t-il affirmé. « Nous avons toujours besoin de responsables capables d'incorporer dans leurs décisions les valeurs, le respect pour la dignité humaine, les droits humains et les problèmes environnementaux ».

« Et nous devrions tous avoir la sagesse d'élire des gouvernements qui se distinguent pour leur service aux problèmes de la majorité des gens ». « Cela non seulement sera bien pour les gouvernements et les entreprises mais sera aussi une force puissante pour réaliser le bien commun pour tous ».

Le haut prélat s'est enfin exprimé sur l'Afrique, demandant une « révolution verte » pour le continent afin de « garantir la sécurité alimentaire ». Pour cela, il faudra faire face au « croissant manque d'eau », au « changement climatique », aux « coûts d'énergie, des combustibles et des transports ».

« En Afrique, la croissance de l'agriculture est la clef pour la sécurité alimentaire et la croissance économique », a-t-il insisté.


et aussi.....

Le développement des plus faibles aide à la croissance de tous
Lettre et appel des évêques des pays membres du G8 avant le sommet de l’Aquila


ROME, Vendredi 26 juin 2009 (ZENIT.org).- « Que soient prises des mesures communes visant à protéger les plus pauvres et à aider concrètement les pays en voie de développement »: c'est ce que demandent avant tout, les présidents des conférences épiscopales des pays membres du G8, dans une lettre ouverte à leurs chefs d'Etat et de gouvernement, à la veille du sommet à l'Aquila, en Italie, du 8 au 10 juillet prochains.

« Paradoxalement les pauvres sont ceux qui ont le moins contribué à la crise économique qui afflige notre monde aujourd'hui, mais c'est eux qui, très probablement, souffriront le plus de ses ravages, car relégués aux marges d'une pauvreté écrasante », écrivent les présidents des évêques du Canada, de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon, de Russie, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

« Les pays du G8 devraient assumer leurs responsabilités en encourageant le dialogue avec les autres grandes puissances économiques de manière à prévenir de nouvelles crises financières », ajoutent-ils.

Dans leur lettre, les évêques demandent aux chefs d'Etat et de gouvernement, de « tenir leurs engagements concernant l'augmentation des aides au développement en vue de réduire la pauvreté mondiale et d'atteindre les 'objectifs du millénaire', notamment dans les pays africains », d'ici 2015.

Ils soulignent par ailleurs la nécessité d'une plus grande collaboration avec les pays en voie de développement de manière à ce que ces pays « puissent devenir des agents actifs de leur croissance, en participant aux réformes politiques, gouvernementales, économique s et sociales au service du bien commun ».

Les signataires de la lettre réclament également un renforcement des « processus de maintien de la paix afin que les conflits armés ne privent plus les pays des ressources nécessaires à leur développement ».

Les évêques, inquiets de « l'impact que pourrait avoir le changement climatique sur la vie des plus démunis », demandent que « soient pris des engagements concrets », que soient mis en place des « mécanismes visant à accompagner de nouveaux changements climatiques, en aidant les pauvres » à s'adapter à ces effets, et d'adopter des « technologies adéquates en vue d'un développement durable ».

« Protéger les plus défavorisées et la planè te, affirment-ils, ne sont pas des idéaux contradictoires mais des priorités morales pour toutes les personnes de ce monde ».

Aussi les évêques invitent-ils les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 à mettre en place des politiques adéquates pour le « bien commun de chacun ».

« En tant que famille humaine, poursuit la lettre, nous sommes appelés à garantir à nos membres les plus faibles le droit aux mêmes bénéfices que les nôtres. Notre tradition morale engage l'Eglise à protéger la vie humaine et sa dignité, spécialement celle de ses membres les plus pauvres et les plus vulnérables ».
« Sur le visage des pauvres, l'Eglise voit le visage du Christ que nous sommes appelés à servir dans tous les pays du monde », concluent-ils.
Revenir en haut Aller en bas
http://mandonnaud.net/
Lucael
Exégète
Exégète


Masculin Nombre de messages : 4390
Age : 106
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 22/07/2007

MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   Dim 28 Juin 2009 - 19:52

Le Vatican est la 10e puissance économique mondiale. Que va-t-il faire en pratique contre la crise? Que va faire la banque du Saint Esprit (nom officiel aussi comique que ça paraisse)?
Revenir en haut Aller en bas
chat-man
A.A
avatar

Masculin Nombre de messages : 6341
Age : 54
Localisation : Quantiquement vôtre
Date d'inscription : 10/01/2008

MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   Dim 28 Juin 2009 - 21:49

Bonne question et arret total du saint argent placé dans les paradis fiscaux! Amen.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.phim-sculpture.com/
Chribou
Exégète
Exégète
avatar

Masculin Nombre de messages : 10004
Age : 58
Localisation : Québec
Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   Dim 28 Juin 2009 - 22:34

Lucael a écrit:
Le Vatican est la 10e puissance économique mondiale. Que va faire la banque du Saint Esprit (nom officiel aussi comique que ça paraisse)?

Incroyable!Mais dans quelle sorte de monde de fous vit-on?

Et personne ne s'en révolte,tout le monde semble trouver ça à peu près normal!

Une vraie tire-l'ire 🇱🇦 ce chapeau!
Revenir en haut Aller en bas
Lucael
Exégète
Exégète


Masculin Nombre de messages : 4390
Age : 106
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 22/07/2007

MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   Lun 29 Juin 2009 - 16:55

Voici un article pêché sur le site de Golias:

LA BANQUE DU VATICAN : un paradis fiscal sur terre !

L’Eglise catholique est-elle indécente ? En pleine crise financière, avec les conséquences inéluctables qu’elle engendrera à court terme, les évêques de France lance une campagne publicitaire pour récolter des legs (coût de la campagne 300.000 euros). Pendant que le numéro 2 du Vatican, le cardinal Bertone en appelle au christianisme comme recours à la crise mondiale actuelle : « La crise financière qui balaye l’économie mondiale prouve que la politique a besoin de la religion », et même d’une éthique inspirée par la « religion rationnelle » qu’est le christianisme. Etranges propos venant d’une personne dont le nom a été cité à plusieurs reprises dans une affaire de pots de vin impliquant en 2002 l’hôpital pédiatrique du diocèse de Gênes à l’époque où il en était l’archevêque. Par ailleurs les pratiques de la Banque du Vatican, l’IOR (l’Institut des OEuvres Pontificales), n’en font pas un enfant de choeur dans le monde sans scrupules de la haute finance. Enquête sur la face cachée des richesse du Vatican.

Le siège de l’IOR est un écrin de pierre à l’intérieur des murs du Vatican. Une tour typique du XIVème siècle,construite sous le pape Nicolas V, avec des murs épais de neuf mètres à la base. On entre par une porte discrète, sans indication ni sigle ni symbole. Seule la garnison de la Garde suisse présente nuit et jour en signale l’importance. A l’intérieur on trouve une grande salle informatique avec de très nombreux ordinateurs, une seule porte et un unique distributeur de billets automatique. A travers ce trou d’aiguille passent en fait d’immenses et même d’obscures fortunes. Les estimations les plus prudentes calculent 5 milliards d’euros en dépôts bancaires.

La banque vaticane offre à ses clients, parmi lesquels a reconnu l’ancien président de l’IOR, Angelo Caloia, “ceux aussi qui avaient des problèmes avec la justice”, des rendements supérieurs aux meilleurs “hedge fund” et un avantage inestimable : un secret total. Complètement imperméable aux contrôles des îles Caïmans où l’IOR dispose d’importants fonds de pension, plus réservée encore que les banques suisses, la banque du Vatican est un véritable paradis (fiscal) sur terre. D’ailleurs, un carnet de chèques avec le sigle IOR n’existe pas. Tous les dépôts et les transactions d’argent se font par virements, en espèces ou en lingots d’or. Mais sans laisser aucune trace.

Il y a vingt ans, lorsque s’est terminé le procès de la “Banco Ambrosiano”, l’IOR était un immense trou noir sur lequel personne n’osait se pencher et encore moins regarder. Pour sortir du krach qui avait ruiné des dizaines de milliers de familles, la banque vaticane versa 406 millions de dollars aux liquidateurs. Moins du quart de la somme par rapport aux 1.159 millions de dollars dus selon le ministre du Trésor de l’époque, Beniamino Andreatta.

Le scandale fut accompagné d’histoires et de légendes sans fin ainsi que d’une série de cadavres de personnalités réputées. Michele Sindona fut empoisonné dans sa prison de Voghera, Roberto Calvi pendu sous le pont des “Frères Noirs” à Londres, le juge d’instruction Emilio Allessandrini assassiné, l’avocat Giorgio Ambrosoli abattu devant la porte cochère de son immeuble par un tueur de la mafia venu spécialement des États-Unis. Sans oublier le mystère le plus inquiétant, la mort du pape Luciani (Jean Paul I), après seulement 33 jours de pontificat, à la veille de la décision de remplacer Mgr Paul Marcinkus, le patron américain de l’IOR et ses collaborateurs principaux (voir à ce sujet Golias n°107).

Avec le successeur du pape Luciani, Marcinkus trouva rapidement un terrain d’entente. Karol Wojtyla est en effet tombé sous le charme de ce fils d’immigrés de l’Est qui parlait parfaitement le polonais, haïssait les communistes et semblait particulièrement sensible à la lutte de Solidarnosc. Aussi, lorsque les magistrats de Milan décidèrent d’émettre un mandat d’arrêt pour confronter Marcinkus, le Vatican se ferma comme un château fort pour le protéger, refusa toute collaboration avec la justice italienne et opposa ses passeports étrangers et son extra-territorialité. Il fallut dix années à Wojtyla pour se décider à renvoyer de l’IOR un des principaux responsables du krach de la “Banco Ambrosiano”. Mais sans émettre cependant une seule parole de condamnation ni même le début d’une critique voilée : Marcinkus était et reste pour la hiérarchie ecclésiastique “une victime”, et même “une pauvre victime innocente”.

A partir de 1989, avec l’arrivée à la présidence de l’IOR de Angelo Caloia, un gentilhomme (laïc) de la finance propre”, beaucoup de choses changèrent à l’IOR. D’autres non, en raison notamment de très graves et importantes difficultés qu’il rencontrera dans sa gestion de la banque vaticane, surtout dans les premières années de son mandat où les conflits furent nombreux. Il indiquera notamment que “le véritable patron de l’IOR est Mgr Donato De Bonis, un prélat influent au Vatican en relation avec tout ce que Rome compte de réseaux politiques et mondains. Ce qui explique en particulier les raisons pour lesquelles parmi les titulaires de comptes à l’IOR on trouve des personnalités issues des cercles aristocratiques, financiers, politiques et artistiques qui ont maille à partir avec la police et la justice. Il suffit en réalité d’un signe de Mgr De Bonis pour obtenir une domiciliation bancaire à la banque vaticane. Mgr De Bonis accompagne d’ailleurs en personne les clients de l’IOR possédant des comptes ou des lingots dans le caveau de la banque, par une échelle, au sommet de la tour,”très prés du ciel”.

La “glasnost” financière de Caiola n’empêcha pas cependant le retour des affaires. Ainsi à l’automne 1993 éclate le scandale de la “Tangentopoli”. Un beau matin du 4 octobre, après les suicides non établis de deux hommes d’affaires (Gabriele Cagliari et Raul Gardini), le président le l’IOR reçoit un coup de téléphone du procureur responsable du service ”Mains propres”, Francesco Saverio Borrelli : ”Cher professeur, il y a des problèmes concernant votre banque, notamment dans ses relations avec le groupe Enimont...”. Le fait est qu’une partie importante de la “mère de tous les pourcentages”, environ 108 milliards de lires en bons du Trésor, a transité par l’IOR sur le compte d’un vieux client, Luigi Bisignani, un journaliste véreux, collaborateur du groupe Ferruzzi, qui sera condamné par la suite à 3 ans et 4 mois de prison dans le scandale Enimont.

Après l’entretien téléphonique avec Borelli, le président Caloia est convoqué précipitamment au Vatican par Mgr Renato Dardozzi, l’homme de confiance du secrétaire d’État de l’époque, le cardinal Casaroli. “ Mgr Dardozzi, racontera plus tard Caiola, avec son langage fleuri me dit qu’il est dans la crotte et, pour me le faire bien comprendre, m’ordonne d’étouffer l’affaire. Je m’y oppose, lui répondant que le patron du pôle “Mains propres “ attend une réponse. Ainsi, après consultation de juristes chevronnés, j’indique à mon interlocuteur policier, poursuit Caloia, que chaque témoignage susceptible d’être recueilli doit l’être dans le cadre d’une commission rogatoire internationale.” En réalité, la cité du Vatican est protégée par le Concordat : une telle demande doit donc partir du Ministère des Affaires étrangères italien. Or, les probabilités d’obtenir dans ce cadre une commission rogatoire sont quasiment nulles. D’autant plus qu’une saisine des juges italiens aurait été dévastatrice sur l’opinion publique. Le pôle “Mains propres” se retira sur la pointe des pieds et se contenta des explications données officiellement :” l’IOR ne pouvait pas connaître la destination de l’argent en question”.

Le second épisode, encore plus scabreux pour la banque vaticane, se déroula à la fin des années 90, à l’occasion du procès du mafieux Marcello Dell’Utri. En vidéo conférence depuis les Etats-Unis, le repenti Francesco Marino Mannoia révéla que “Licio Gelli (patron de la célèbre loge P2) avait investi l’argent de la mafia dans la banque du Vatican, l’IOR garantissant au clan incriminé investissements et discrétion”. Jusqu’ à ce que Mannoia fournisse des informations de première main. Comme chef du laboratoire d’héroïne de toute la Sicile, principale source de profit des mafieux, il ne pouvait ignorer la destination des capitaux de la mafia. Et de déclarer lors du procès : ”Quand le pape (Jean Paul II, NDLR) est venu en Sicile et décida d’excommunier les “mafiosi”, leurs chefs se sentirent trahis car ils déposaient leurs liquidités à la banque du Vatican. De là partit la décision de faire exploser deux bombes devant deux églises de Rome”. Précisons-le, Mannoia n’est pas n’importe qui ! Pour le juge Falcone notamment, “il est le collaborateur de justice le plus fiable. Chacune de ses affirmations a trouvé chaque fois des recoupements d’information crédibles”. Sauf que sur un point précis, aucun juge n’a pas voulu suivre l’une de ses pistes : celle de l’IOR. Au palais de justice de Palerme, l’un des responsables observe dépité : ”Nous nous sommes fait suffisamment d’ennemis pour ne pas en plus nous mettre à dos le Vatican”.

Concernant les intrigues de la banque du Vatican, le voile d’une autre affaire vieille de dix ans tomba et mit à mal les positions des “monsignori” des palais apostoliques. Le 10 juillet 2007, le chef d’un autre clan de la mafia, le “furbetti”, Giampiero Fiorani, raconta aux magistrats alors qu’il était en prison : ”A la BSI suisse il y a trois comptes du Saint Siège qui sont, sans exagérer, d’un montant estimé entre deux et trois milliards d’euros”. Et Fiorani de poursuivre sa confession au procureur de Milan, Francesco Greco, en reconnaissant des versements au noir effectués dans les caisses vaticanes : ”Les premières sommes, je les ai données au cardinal Castillo Lara (président de l’Apsa, l’administration du patrimoine immobilier de l’Église ndlr) lorsque le Vatican a acheté une banque milanaise la “Cassa Lombarda. Il m’a demandé trente milliards de lires, pour les mettre probablement sur un compte à l’abri à l’étranger”. D’autres versements suivirent, très nombreux à en juger par les informations du même Fiorani lors de ses rencontres avec le cardinal Giovanni Battista Re, le puissant préfet de la Congrégation des évêques et bras droit du vicaire de Rome. Pour éviter un énorme scandale le Vatican lâcha rapidement Fiorani, mais en compensation défendit le banquier Antonio Fazio, proche de l’Opus Dei, jusqu’à la veille de sa démission de responsable de la “Bankitalia” et après avoir été abandonné par tout le monde.”Avvenire”, le quotidien des évêques italiens et “l’Osservatore Romano”, le quotidien du Vatican,répétèrent à l’envi, et cela jusqu’au dernier jour de Fazio à la “Bankitalia”, la théorie du “complot politique” à l’encontre du gouverneur qui sera retrouvé quelque temps plus tard assassiné.

Du reste,la carrière de cet étrange banquier s’explique par ses appuis au Vatican, lui qui, lors des réunions des gouverneurs centraux des banques d’Italie,ne citait pas une seule fois l’économiste Keynes mais une centaine de fois au moins les encycliques. Le cardinal vicaire de Rome, Camillo Ruini, encore président de la Conférence épiscopale italienne et Giovanni Battista Re, le préfet des évêques au Vatican figuraient entre autres comme ses amis intimes au point que ces deux ecclésiastiques de haut rang célébrèrent le 25ème anniversaire de mariage du gouverneur avec Maria Cristina Rosati. Naturellement aucune des révélations et confidences de Fiorani ne permirent d’ouvrir le coffre fort des secrets de l’IOR et de l’APSA, y compris dans leurs rapports pour le moins singuliers avec les banques suisses et les paradis fiscaux à travers le monde.

Il est difficile par exemple d’expliquer au nom d’exigences pastorales la décision du Vatican de détacher les îles Caïmans du diocèse jamaïcain de Kingston, pour en faire une entité missionnaire “missio sui iuris” directement dépendante du saint Siège et l’affilier au cardinal américain Adam Joseph Maïda,membre du collège (directoire) de l’IOR (voir à ce sujet Golias numéro 82 “terres de mission et...paradis fiscaux”)

Le quatrième et dernier épisode significatif de l’implication de la banque du Vatican dans les scandales financiers (italiens) est presque comique au regard des précédents épisodes. Selon les magistrats romains Palamara et Palaia, l’argent noir de la GEA, une société de recouvrement financier présidée par le fils d’une personnalité très influente auprès du Vatican, Luciano Moggi, serait gardé dans les coffres de l’IOR. A travers notamment les bons offices d’un autre banquier de confiance du Saint-Siège au casier judiciaire pourtant bien rempli,Cesare Geronzi,père de l’actionnaire majoritaire de la GEA. Dans le “caveau” de l’IOR il semblerait établi que s’y trouve aussi le”petit trésor” personnel de Luciano Moggi, une cassette estimée à environ 150 millions d’euros. Comme d’habitude, les commissions rogatoires et les vérifications sont impossibles. Mais il est certain que Moggi bénéficie d’une grande considération auprès des autorités vaticanes. Défenseur depuis toujours de la presse catholique, accueilli à plusieurs reprises lors des pèlerinages à Lourdes par l’entourage proche du cardinal Ruini, Moggi est devenu depuis peu titulaire d’une rubrique “éthique et sport ”sur “Petrus”, le quotidien en ligne proche du pape Benoît XVI. Cet ancien dirigeant du grand club de football de la “Juventus“ de Turin, poursuivi par la justice, a subitement commencé à jeter les premières pierres contre la corruption (des autres) ! Avec l’image de Luciano Moggi, grand maître de morale catholique, prend fin l’espoir de faire changer les choses à l’IOR tel que l’incarnait l’ancien dirigeant de l’IOR, Caloia.

Les secrets de la banque du Vatican restent bien gardés, peut-être pour toujours dans la tour inexpugnable de l’IOR. L’époque Marcinkus est certes révolue mais l’opacité qui entoure la banque du Saint-Siège est très loin de se dissiper. En effet, comme si rien n’avait changé, les caisses et le “trésor” de l’IOR n’ont jamais été aussi abondants qu’aujourd’hui. Et si les dépôts continuent à affluer, c’est qu’ils y sont encouragés par des taux d’intérêt de 12 % annuel et souvent plus. Fournir des chiffres précis est presque impossible. Toutefois, selon les estimations de la FED (la banque centrale privée des états-Unis), en 2002, suite à l’unique enquête de cette institution sur les finances vaticanes, l’Église catholique possédait aux états-Unis à cette période 298 millions de dollars en titre, 195 millions en actions, 102 en obligations à long terme, ainsi qu’un “joint venture” avec un partenaire financier américain de 273 millions de dollars. Aucune autorité italienne n’a jamais pu faire une enquête pour déterminer le poids économique du Vatican dans le pays qui l’accueille. Un pouvoir énorme, direct et indirect. En effet, au cours de ces dernières décennies, à l’aide des nombreuses associations qui le composent et en lien étroit avec la hiérarchie et la prélature de l’Opus Dei, le monde catholique a pris d’assaut la forteresse traditionnelle de la minorité laïque et libérale italienne, la finance. Au point que certains observateurs autorisés en Italie n’hésitent pas à dire que l’Église catholique aujourd’hui a plus d’influence et de pouvoir sur les banques qu’à l’époque de la Démocratie chrétienne. C’est dire !
Revenir en haut Aller en bas
J-P Mouvaux
Exégète
Exégète
avatar

Masculin Nombre de messages : 11501
Age : 91
Localisation : Bretagne
Date d'inscription : 07/02/2007

MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   Lun 29 Juin 2009 - 22:50

Lucael a écrit:
Le Vatican est la 10e puissance économique mondiale. Que va-t-il faire en pratique contre la crise? Que va faire la banque du Saint Esprit (nom officiel aussi comique que ça paraisse)?

Belles paroles tout de même !

Mais "Cause toujours" diront tous les capitalistes du monde, y compris ceux du Vatican.

Car ce n'est pas le président de la "Caritas Internationale" qui commande au Vatican.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: pensées des épiscopats sur la crise   

Revenir en haut Aller en bas
 
pensées des épiscopats sur la crise
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» la pensée de Benoit XVI sur la crise liturgique actuelle
» La pensée de Benoît XVI sur la crise liturgique actuelle
» Crise chez mes beaux parents :-(
» comment en cas de crise se décontracter?
» Le pouvoir de la pensée ou la mémoire de l'eau

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum des déistes, athées et inter-religieux :: RELIGIONS :: Mythes et légendes :: Révélations/Interprétations/Théories :: Médias Actualités :: Politique, économie et société.-
Sauter vers: