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 La maison brûle

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J-P Mouvaux
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MessageSujet: La maison brûle   Jeu 25 Nov 2010 - 21:56

Citation :
DISCOURS
DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
DEVANT L’ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DU SOMMET MONDIAL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
JOHANNESBURG - AFRIQUE DU SUD LUNDI 2 SEPTEMBRE 2002
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs………….
Huit ans ont passé.
Du 29 novembre au 10 décembre prochain, c’est à Cancun, au Mexique, que se tient le rendez-vous annuel de l’ONU sur le climat.
Citation :
Après l’échec de Copenhague l’an dernier, les ambitions affichées pour le rendez-vous de Cancun sont bien modérées : enterrée, l’ambition d’un consensus pour limiter le réchauffement à 2° C, ou la signature d’un protocole global de réduction de gaz à effet de serre ; l’objectif à Cancun sera d’arracher quelques avancées sectorielles – déforestation, aide financière aux pays pauvres, transfert de technologies propres.
Politis du 25 novembre 2010-11-25
Citation :
La Terre vit à crédit
Depuis le 21 août et jusqu'à la fin de l'année, les Terriens vivront à crédit sur les ressources de la planète.
Chaque année, l'ONG Global Footprint Network (GFN) calcule le jour où la consommation de l'humanité en ressources naturelles a épuisé ce que la planète est capable de fournir en une année, de la filtration de l'eau douce à la fourniture de matières premières, y compris alimentaires.
Cette année 2010, annonce l'ONG l'"Earth Overshoot Day" - littéralement le "jour du dépassement" – a eu lieu le samedi 21 août.
"Ce qui signifie qu'il aura fallu moins de neuf mois pour épuiser le budget écologique de l'année", relève le président de GFN, Mathis Wackernagel.
L'an passé, la limite avait été atteinte le 25 septembre, souligne-t-il.

D'autres détails à la demande
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 13:01

Les hommes politiques ont la mémoire courte
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 14:25

Mais cela relève aussi de la responsabilité des citoyens.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 18:27

Serions-nous devenus des ilotes, manipulables à volonté par nos "chers" dirigeants ?

Dans la dernière prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, il y avait une "petite phrase" dans son discours :

Citation :
« Les Français attendent que… je les protège… »
Une phrase terrible et lourde de sens. Qui est Monsieur Sarkozy pour lancer une telle phrase ? Nous protéger de qui ? De quoi ?
Attendons-nous un jour prochain à ce qu’il nous dise que sa première « mission » est de nous protéger de nous nous-même…
Il est vrai que les Français ont perdu le sens et le goût de bien des libertés…
Portemont, le 25 novembre 2010

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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 19:38

Moi Sarkozy je ne l'écoute pas
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 22:25

florence_yvonne a écrit:
Moi Sarkozy je ne l'écoute pas

Celà donne pourtant à réfléchir, ce qu'il a dit là. Il a très bien saisi qu'il y a une peur diffuse chez beaucoup de français ; et c'est ainsi qu'il peut se présenter comme un père protecteur entre les mains de qui on s'en remet totalement, abdiquant ses responsabilités d'adultes.

Et le bras armé de ce père protecteur, c'est la police, la vidéo-surveillance, le contrôle des "médias", les "écoutes"; c'est le mépris affiché de l'expression populaire, la répression de tous les mouvements sociaux.

Citation :
Il est vrai que les Français ont perdu le sens et le goût de bien des libertés…
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 23:11

Quand je le vois, je change de chaine
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 26 Nov 2010 - 23:17

discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, au Sénégal:

"Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de remercier d’abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux.
Permettez-moi de remercier l’université de Dakar qui me permet pour la première fois de m’adresser à l’élite de la jeunesse africaine en tant que Président de la République française.
Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains.
Entre le Sénégal et la France, l’histoire a tissé les liens d’une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié est forteet sincère. C’est pour cela que j’ai souhaité adresser, de Dakar, le salut fraternel de la France à l’Afrique toute entière.
Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique.
Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée
commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité toute entière.
Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.
Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas de l’homme au sens du sexe, je parle de l’homme au sens de l’être humain et bien sûr de la femme et de l’homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées.
Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance
sont les nôtres et sont donc les miennes.
Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
Je suis venu, jeunes d’Afrique, regarder en face avec vous notre histoire commune.
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre
de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur
passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort.
Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés, qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.
Ils ont eu tort.
Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires
avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.
Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort.
Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres,
l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de
ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la crainte de l’avenir.
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je
veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.
Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains
étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient
une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est
pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.
Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.
La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son coeur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.
La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à coeur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.
Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.
Nul ne peut faire comme si rien n’était arrivé.
Nul ne peut faire comme si cette faute n’avait pas été commise.
Nul ne peut faire comme si cette histoire n’avait pas eu lieu.
Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’homme européen.
Jeunes d’Afrique, vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a déposé dans le coeur et dans l’âme de l’Afrique.
Jeunes d’Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation européenne vous appartient aussi.
Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.
Jeunes d’Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d’une part de vous-même.
La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme.
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis
à l’école de l’Afrique.
L’art moderne doit presque tout à l’Afrique. L’influence de l’Afrique a contribué à changer non seulement l’idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de
marcher ou de rire du monde du XXème siècle.
Je veux donc dire, à la jeunesse d’Afrique, que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme
européen.
C’est en puisant dans l’imaginaire africain que vous ont légué vos ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l’aube des temps, se
transmettent et s’enrichissent de génération en génération que vous trouverez l’imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous sentirez enfin libres, libres, jeunes d’Afrique d’être vous-mêmes, libre de décider par vous-mêmes.
Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.
Je suis venu vous dire que l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.
Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d’en faire la synthèse.
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons.
Je ne suis pas venu vous faire la morale.
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne.
Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles.
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.
Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.
Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l’Afrique a le droit au bonheur
comme tous les autres continents du monde.
Le problème de l’Afrique, c’est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines.
C’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.
C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.
Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.
La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.
La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos
aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre votre part dans l’aventure humaine, parce que sans vous, jeunes d’Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l’aventure humaine sera moins belle.
N’écoutez pas jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire.
Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.
Il disait, lui l’enfant de Joal, qui avait été bercé par les rhapsodies des griots, il disait : « nous sommes des métis culturels, et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à
vocation universelle, que notre message s’adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».
Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits -si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d’un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ».
Ainsi parlait Léopold Senghor qui fait honneur à tout ce que l’humanité comprend d’intelligence. Ce grand poète et ce grand Africain voulait que l’Afrique se mit à parler à toute l’humanité et lui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.
Ces poèmes étaient des chants qui parlaient, à tous les hommes, d’êtres fabuleux qui gardent des fontaines, chantent dans les rivières et qui se cachent dans les arbres.
Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres.
Des poèmes qui faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu’aux sources de la mémoire ancestrale que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l’adulte garde au fond de la sienne le
souvenir du bonheur de l’enfance.
Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent, où il cherchait non à dominer l’univers mais à vivre en harmonie avec l’univers. Temps de la sensation, de l’instinct, de l’intuition. Temps du mystère et de l’initiation.
Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. C’est le temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Le temps de la parole qui était grande, parce qu’elle se respecte et se répète de génération en génération, et transmet, de siècle en siècle, des légendes aussi anciennes que les dieux.
L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu’ils avaient partagé la même enfance. L’Afrique en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner, ce besoin d’être en harmonie plutôt que d’être en conquête.
Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a tant appris sur l’usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd’hui, un inestimable trésor de sagesse humaine.
L’Afrique qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques, en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait crû et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de
beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter.
Alors entendez, jeunes d’Afrique, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir ».
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus, comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous
appartient aussi.
Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes voeux, la Renaissance africaine.
Dès lors que vous proclamerez que l’homme africain n’est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que, partout en Afrique, il ne saurait y avoir d’autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance
africaine.
Dès lors que vous, jeunes d’Afrique, vous déclarerez qu’il ne saurait y avoir d’autres finalités pour une politique africaine que l’unité de l’Afrique et l’unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l’Afrique et que vous la prendrez à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.
Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique.
La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop de misère.
La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la violence.
La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas
assez, c’est le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
La réalité de l’Afrique, c’est un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes.
La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, Jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force.
Cette Renaissance, je suis venu vous la proposer. Je suis venu vous la proposer pour que nous l’accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde.
Je sais l’envie de partir qu’éprouvent un si grand nombre d’entre vous confrontés aux difficultés de l’Afrique.
Je sais la tentation de l’exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.
Je sais ce qu’il faut de volonté, ce qu’il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l’on est né, où l’on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l’on a été heureux, l’amour d’une mère, d’un père ou d’un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique.
Je sais ce qu’il faut de force d’âme pour affronter le dépaysement, l’éloignement, la solitude.
Je sais ce que la plupart d’entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques.
Je sais qu’ils iront parfois jusqu’à risquer leur vie pour aller jusqu’au bout de ce qu’ils croient être leur rêve.
Mais je sais que rien ne les retiendra.
Car rien ne retient jamais la jeunesse quand elle se croit portée par ses rêves.
Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère.
Je crois que la jeunesse africaine s’en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde.
Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l’aventure et du grand large.
Elle veut aller voir comment on vit, comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs.
L’Afrique n’accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. Mais l’Afrique a besoin de sa
jeunesse.
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance.
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine, ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence.
Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir, hors, d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.
Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au
pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer.
Ce que veut la jeunesse africaine c’est de ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec votre vie.
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passedroit.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place.
Ce que veut l’Afrique est ce que veut la France, c’est la coopération, c’est l’association, c’est le partenariat entre des nations égales en droits et en devoirs.
Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s’associera à vous pour les construire.
Jeunes d’Afrique, la mondialisation telle qu’elle se fait ne vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
Jeunes d’Afrique vous croyez que le libre échange est bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Vous croyez que la concurrence est un moyen mais que ce n’est pas une fin en soi. Vous ne croyez pas au laisser-faire. Vous savez qu’à être trop naïve, l’Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela vous ne le voulez pas. Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de justice, avec plus de règles.
Je suis venu vous dire que la France la veut aussi. Elle veut se battre avec l’Europe, elle veut se battre avec l’Afrique, elle veut se battre avec tous ceux, qui dans le monde, veulent changer la mondialisation. Si l’Afrique, la France et l’Europe le veulent ensemble, alors nous réussirons. Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté votre place.
Jeunes d’Afrique, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie.
Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cesse l’arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ? Voulez-vous que l’État se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du clientélisme,
que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités, qu’il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l’État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des autres ?
Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l’exiger, mais personne ne le voudra à votre place.
Voulez-vous qu’il n’y ait plus de famine sur la terre africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n’y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherchez l’autosuffisance alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L’Afrique a d’abord besoin de produire pour se nourrir. Si c’est ce que vous voulez, jeunes d’Afrique, vous tenez entre vos mains l’avenir de l’Afrique, et la France travaillera avec vous pour bâtir cet avenir.
Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le
véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider. Mais si vous le décidez, la France sera à vos côtés.
Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider. Et si vous le décidez, la France sera à vos côtés, comme une amie indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d’Afrique.
Vous voulez l’unité africaine ? La France le souhaite aussi.
Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c'est-à-dire le développement partagé.
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité et avec respect.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique.
A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l’Union Méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que, dans l’esprit de la France, il ne s’agit
nullement de mettre à l’écart l’Afrique, qui s’étend au sud du Sahara mais, qu’au contraire, il s’agit de faire de cette Union le pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu’Européens
et Africains sont capables de concevoir ensemble.
Alors, mes chers Amis, alors seulement, l’enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra qu’il peut lever la tête et regarder avec confiance l’avenir. Et cet enfant noir de Camara Laye, il sentira réconciliées en lui les deux parts de lui-même. Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l’humanité.
Je vous remercie."

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MessageSujet: Re: La maison brûle   Sam 27 Nov 2010 - 6:09

Je n'apprécie pas trop les discours flatteurs et pompeux mais bon... c'est le genre diplomatique.

J'ai relevé dans ce discours quelques points afin de résumer l'essentiel.
Puisque vous semblez critiques, donnez donc votre avis au lieu de lancer des apréciations lapidaires.

florence_yvonne a écrit:
discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, au Sénégal:

Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.

votre sort est d’abord entre vos mains. ...Que feriez-vous de ma pitié ?
...
• nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées.
• nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
•j e ne suis pas venu vous parler de repentance.

• Je suis venu vous proposer, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
•L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. .
•Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Citation :
•La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux.
On pense aux drames sauvages qui se sont déroulés entre ethnies africaines, massacres, pillages, viols ..., encore d'actualité en certains lieux ainsi qu'aux révoltes sanglantes face aux dictateurs qui spolient les richesses à leur seul profit.

Citation :
•Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.

•Le défi de l’Afrique,
...
C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.
... celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.

•La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire.

•Ne vous laissez pas, ... voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.

•Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.
...
Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique.
•... c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
•...c’est encore trop de famine, trop de misère.
•... le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez
•... le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
•... un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
...
•Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider.
La France ne décidera pas à votre place...

...la mondialisation telle qu’elle se fait ne vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
(...)
Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté votre place.
(...)
•Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le
véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider.

•Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider.

Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c'est-à-dire le développement partagé.
Citation :
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Justement dans le laboratoire de l'INSERM a Marseille il y a un jeune étudiant chercheur africain, qui est venu afin de pouvoir utiliser le matériel d'un laboratoire pour tester des plantes. Il y en a d'autres, mais je peux témoigner de ce cas précis.
florence_yvonne a écrit:
Cherchez l'erreur
Je ne l'aie pas trouvée.
Alors, donne-moi des indices.




Dernière édition par Personne le Sam 27 Nov 2010 - 7:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Sam 27 Nov 2010 - 6:29

J-P Mouvaux a écrit:
florence_yvonne a écrit:
Moi Sarkozy je ne l'écoute pas

Celà donne pourtant à réfléchir, ce qu'il a dit là. Il a très bien saisi qu'il y a une peur diffuse chez beaucoup de français ; et c'est ainsi qu'il peut se présenter comme un père protecteur entre les mains de qui on s'en remet totalement, abdiquant ses responsabilités d'adultes.Et le bras armé de ce père protecteur, c'est la police, la vidéo-surveillance, le contrôle des "médias", les "écoutes"; c'est le mépris affiché de l'expression populaire, la répression de tous les mouvements sociaux.

Citation :
Il est vrai que les Français ont perdu le sens et le goût de bien des libertés…

Mais que racontes-tu?

Un père protecteur... Mais c'est un délire... Le mythe du père du peuple c'est un truc des rouges.
Tu prends carrément pour des abrutis ceux qui ne partagent pas tes idées?

C'est quoi la peur diffuse autre que ce que l'on voit dans nos rues et nos quartiers?

Les responsabilités d'adulte seraient de se regrouper entre voisins et de s'organiser en milice pour traquer la nuit les délinquants qui s'en prennent à nos biens ?

Tu fais des belles phrases juste pour contenter ta vision faussée des réalités.
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Sam 27 Nov 2010 - 6:33

florence_yvonne a écrit:
Quand je le vois, je change de chaine

Ainsi comme beaucoup tu peux te contenter de ce que diffusent les médias au lieu de penser par toi-même, et te faire ta propre idée.

Il est naturel de se conformer à l'effet de mode des biens pensants, car il est mal vu de trouver un chouilla de vérité dans une politique exécrée en public.

En toute politique il y a du bon et du moins bon.
Je n'en connais point qui convienne à tous.

De nos jours, cautionner sans discernement les point de vues de l'opposition est ce qui semble le mieux accepté par ceux qui aliènent leur liberté de pensée.
Haro sur le baudet!


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MessageSujet: Re: La maison brûle   Sam 27 Nov 2010 - 12:10

Personne a écrit:

Un père protecteur... Mais c'est un délire... Le mythe du père du peuple c'est un truc des rouges.
Citation :

« Les Français attendent que… je les protège… »

Il y a des petites phrases qui passent presque inaperçues mais qui sont lourdes de sens. Ne serions-nous pas en train d'entrer dans une sorte de dictature "soft" ? Relire "1984" de George Orwell.

Mais on a dévié du sujet :

Citation :
"La maison brûle, et nous regardons ailleurs".
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Sam 27 Nov 2010 - 12:53

Personne a écrit:
Je n'apprécie pas trop les discours flatteurs et pompeux mais bon... c'est le genre diplomatique.

J'ai relevé dans ce discours quelques points afin de résumer l'essentiel.
Puisque vous semblez critiques, donnez donc votre avis au lieu de lancer des apréciations lapidaires.

florence_yvonne a écrit:
discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, au Sénégal:

Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.

votre sort est d’abord entre vos mains. ...Que feriez-vous de ma pitié ?
...
• nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées.
• nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
•j e ne suis pas venu vous parler de repentance.

• Je suis venu vous proposer, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
•L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. .
•Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Citation :
•La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux.
On pense aux drames sauvages qui se sont déroulés entre ethnies africaines, massacres, pillages, viols ..., encore d'actualité en certains lieux ainsi qu'aux révoltes sanglantes face aux dictateurs qui spolient les richesses à leur seul profit.

Citation :
•Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.

•Le défi de l’Afrique,
...
C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.
... celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.

•La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire.

•Ne vous laissez pas, ... voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.

•Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.
...
Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique.
•... c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
•...c’est encore trop de famine, trop de misère.
•... le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez
•... le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
•... un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
...
•Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider.
La France ne décidera pas à votre place...

...la mondialisation telle qu’elle se fait ne vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
(...)
Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté votre place.
(...)
•Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le
véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider.

•Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider.

Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c'est-à-dire le développement partagé.
Citation :
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Justement dans le laboratoire de l'INSERM a Marseille il y a un jeune étudiant chercheur africain, qui est venu afin de pouvoir utiliser le matériel d'un laboratoire pour tester des plantes. Il y en a d'autres, mais je peux témoigner de ce cas précis.
florence_yvonne a écrit:
Cherchez l'erreur
Je ne l'aie pas trouvée.
Alors, donne-moi des indices.




L'erreur est là

Citation :
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux.

Les colons Belges sont directement responsable du Génocide du Rwanda, à l'école Congo Belge

Un peu d'histoire (dossier que j'ai réalisé pour aider mon fils à préparer son CAP)

1.1. Le Rwanda :
Le Rwanda est situé en Afrique de l’Est pratiquement sous la ligne de l’équateur.
C’est l’un des plus petits pays du continent africain. Sa superficie, de moins de 27 000 km2, équivaut à celle de trois ou quatre départements français pour une population assez dense de 10,2 millions d’habitants.
La capitale, Kigali, est située au centre des quatre provinces du pays : Nord, Est, Sud et Ouest.



1.2. Les groupes en présence :

- Les Hutu, cultivateurs venus de l’ouest, étaient l’ethnie majoritaire avant la guerre civile. Ils représentaient alors 85% de la population.
- Les tutsi, « guerriers » venus du Nord, qui ont longtemps dominé le pays.
- Les Twa dont les ancêtres – les pygmées – ont probablement été les premiers habitants du pays et qui constituent l’ethnie la plus minoritaire.
Ses trois groupes humains, les Twas, les Tutsis et les Hutus, constituent à l’origine une seule et même ethnie : l'ethnie* des Banyarwanda.



1.3. L’époque : 1994



2. Les racines de la haine
Les Hutu, les Tutsi et les Twa parlent la même langue, ils ont les mêmes coutumes, la même religion (avant celles apportées par la colonisation) et vivent ensemble sur le même territoire. Comment expliquer cette haine qui sera à l’origine du massacre des tutsis ?
C’est à la suite de travaux d’ethnologues européens que, des milliers de Rwandais ont été analysés puis porteurs dès 1931 d’une carte d’identité ethnique obligatoire. Pour l’anecdote mais pas seulement, on peut se souvenir que c’est également en 1931 que Hergé a publié son Tintin au Congo en noir et blanc. Curieux regard du blanc sur le noir... Quelques années plus tard, les nazis utiliseront les mêmes procédés pour distinguer les Juifs avec ce même souci du détail pour le dessin d’un nez, la brillance d’un regard, la gestuelle des mains, etc.
L’administration coloniale va déduire que « les Tutsi sont grands et minces et qu'ils ont la peau plutôt claire », les Hutu « petits et trapus, ont la peau plus foncée ». Elle pourrait ajouter que les uns sont résistants à la tâche et les autres plus aptes au raisonnement et donc au commandement. Aucun document administratif n’omet de mentionner la catégorie ethnique de chaque individu et inévitablement l’autorité coloniale va établir d’autres critères. Ainsi, pour les Belges, les Tutsi sont d’une race supérieure aux Hutu et aux Twa. Ils auront donc la préférence du colonisateur, au point de devenir ses relais coloniaux. L’administration va favoriser les Tutsi sur tous les plans, y compris l’accès aux études supérieures qui, à l’exception du séminaire, seront interdites aux Hutu et réservées aux Tutsi.
Vers la fin des années 1950, l’élite rwandaise (tutsi du fait de la politique coloniale) émet de légitimes revendications indépendantistes. Du coup, l’administration belge va changer son fusil d’épaule et monter les Hutu contre les Tutsi. Elle émet aussi une théorie sur la prétendue origine étrangère des Tutsi. Mieux, les Hutu ne sont-ils pas exploités depuis toujours par les Tutsi ? Alors vont se produire les premiers massacres de Tutsi de 1959 à 1962.



3. Bilan du massacre :
Le génocide rwandais a fait 1 074 017 morts, selon un bilan officiel publié par le ministère rwandais de l'administration du territoire, à l'issue d'un recensement effectué en juillet 2000. Cependant, seules 934 218 victimes ont été identifiées avec certitude.
93,7% des victimes du génocide ont été tuées parce qu'elles étaient identifiées comme Tutsies, 1% parce qu'elles avaient des liens de parenté, de mariage ou d'amitié avec des Tutsis, 0,8% parce qu'elles avaient des traits physiques semblables à ceux des Tutsis, 0,8% parce qu'elles avaient des idées contraires à celles du régime hutu de l'époque, ou cachaient (protégeaient) des gens pourchassés par les tueurs.


4. La cristallisation ethnique :

Aujourd'hui la vision ethnique du Rwanda est largement ancrée dans les esprits, aussi bien au Rwanda qu'à l'extérieur. Le génocide a cristallisé ces références « ethniques », la souffrance et la culpabilité démarquant à travers la société rwandaise deux courants culturels : celui des victimes du génocide et celui des génocidaires qui reproduit partiellement les catégories ethniques instituées par le colonisateur. Pourtant de nombreux Rwandais racontent comment ils avaient découvert parfois très tardivement dans leur adolescence leur identité « ethnique » et celle de leurs camarades.



5. 15 ans après : commémorer le génocide au Rwanda: (extraits d’un article d’Hélène Michaud)

Le mois d'avril, au Rwanda, est un mois lourd et sombre, d'autant plus sombre cette année que le pays marque le 15e anniversaire du déclenchement du génocide. Les sites commémoratifs érigés depuis ces événements suscitent de fortes émotions. Plusieurs gardent le silence. [..]Le site de Murambi, dans le sud du Rwanda, suscite des émotions particulièrement fortes chez les visiteurs. Il montre les corps de Rwandais qui s'étaient réfugiés dans une pièce qui devait servir de salle de classe, avant d'être tués puis enterrés. Ces corps ont été exhumés, pour être ensuite traités, conservés et exposés. On y voit ceux d'enfants et de vieillards portant des traces de traumatismes.


Pour les uns, survivants et parents des victimes surtout, la douloureuse commémoration des morts a une fonction thérapeutique et pédagogique essentielle. Pour d'autres, auteurs des crimes et leurs proches, cela dérange: les sites et les cérémonies qui y sont organisées peuvent être perçus comme des instruments accusateurs servant plutôt à semer la rancune.

6. Conclusion :
15 ans plus tard, le Rwanda a bien du mal à envisager de reconstruire un pays uni avec une identité commune à tous les citoyens. Les ethnies d’hier ayant fait place dans la conscience collective à d’autres catégories et notamment à l’opposition douloureuse et potentiellement dangereuse entre victimes et bourreaux.
Des événements douloureux qui doivent nous interpeller pour ce qu’ils disent sur l’identité nationale. Sur quoi repose la différence entre deux groupes ? Que veut-elle dire et qu’apporte-t-elle à l’organisation d’une société ? Autant de questions qui se posent aussi bien là-bas qu’ici et qui doivent servir de leçon à tous ceux qui montent une communauté contre une autre. Ne refaisons pas deux fois la même bêtise...

7. Lexique :
Génocide : Extermination d'un groupe ethnique. Synonyme massacre
Ethnie : Groupement humain homogène dans la culture, la langue... Synonymes : race, tribu.

8. Sources :
http://sites.radiofrance.fr/
http://www.reliefweb.int/
http://ibukafrance.free.fr/histoire.html
http://www.bureauafrique.nl/dossiers/afrique/rwandagenocide15ans090402
http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/lexique/


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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Lun 29 Nov 2010 - 18:28

A la fin de son message du Ven 26 Nov - 23:17, où elle reprenait le discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, au Sénégal, Florence a écrit :

Citation :
« Cherchez l’erreur »

Dans son message du Sam 27 Nov - 6:09, Personne répond :

Citation :
Je ne l'aie pas trouvée.
Alors, donne-moi des indices.

Et Florence reprend ; Sam 27 Nov - 12:53

Citation :
L'erreur est là
Citation:
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux.

Et, en mettant le doigt sur le génocide rwandais, où l’implication de la France, avec l’opération Turquoise est avérée quoique pas encore élucidée dans tous ses détails, Florence rappelle la réalité encore actuelle de la colonisation.

Le Rwanda, c’était du temps de Mitterand ; aujourd’hui, avec Sarkozy, en dépit des belles envolées du discours de Dakar, les choses ont-elles vraiment changé ?

Citation :
De Gauche ou de Droite , la politique africaine de la France est restée le domaine réservé de l'Elysée , incarnée par le président actuel et portée allègrement par ses plus proches ouailles et acolytes africains ( Bongo , Biya , Sassou , Séby , Compaoré , Gnassingbé, etc.) ; une politique de prédation des richesses nationales et de répression de la contestation citoyenne. Une logique diplomatique qui s'inscrit dans le continuum des systèmes de réseaux inaugurés par Foccart au lendemain de la Libération et poursuivis par ses épigones ( Pasqua , Marchianni , Madelin , Mitterrand , etc).

de ces pratiques de mélanges de genres , de patrimonialisme , de clientélisme , de népotisme et de synchrétisme entre politique autoritaire et demie-portion de démocratie à tout va dont les “émissaires officiels et officieux de la France” et leurs partenaires africains se sont fait experts, je puis vous attester de la réalité.
Voir l’ensemble de l’article sur

http://www.lepost.fr/article/2010/01/26/1907702_la-france-soutient-les-dictateurs-africains.html

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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mar 30 Nov 2010 - 8:09

Bien,bien et j'en profite pour donner une idée,encore un pavé dans la mare de ma part;
"Touches pas mon pote" vous souvenez-vous de ce slogan Français destinée aux gens qui aujourd'hui nous attaquent c'est le monde à l'envers...
Bonne continuation,amicalement...
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mar 30 Nov 2010 - 8:13

Citation :
L'erreur est là
Citation:
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux.
Dans le discours les erreurs de la colonialisation sont évoquées et la citation sortie du contexte, isolée de l'ensemble du discours fait ressortir l'idée totalement fausse qu'en a retenue Florence.

Relis bien le discours et note la nuance, car l'idée que tu en dégages se limite juste au début de la phrase citée.
La plupart des malentendus sont justement dûs la mauvaise interprétation et compréhension d'un texte.
Si vous estimez que la France est responsable des massacres actuels des Africains entre eux il faut m'expliquer pourquoi?

D'autre part Florence évoque l'histoire de la colonisation BELGE.

Ressasser les erreurs du passé ne fait qu'attiser les haines et ne fait pas avancer le progrès.
Les Africains ont chassés leurs colonisateurs et les chefs locaux se sont entre-tués pour prendre le pouvoir.

Oui, l'avenir des pays africains est entre les mains des jeunes. Mais l'élite formée bien souvent quitte le pays, la progression est trop lente dans un monde ou tout vas si vite...

C'est être de mauvaise foi de prétendre que la colonialisation est seule responsable des haines ethniques de ce continents, alors qu'il y a toujours eu des massacres et des pillages entre tribus.
L'Afrique, comme tous les pays à son histoire et les haines ethniques existaient bien avant le colonialisme.
A une certaine époque, au lieu d'exterminer les tribus exécrées, elles étaient vendues, livrées à la traite négrière qui se contentait d'accoster et de charger la cargaison, bien souvent en échange d'armes.

Aucun gouvernement ne semble avoir refusé les largesses des dictateurs africains. Pour l'instant je n'ai pas encore de réels éléments permettant de remettre en cause les efforts de la France, qui seraient condamnables...

Vous avez une grande "foi" en ce que racontent les articles des propagandes politiques antigouvernementales.
Personnellement je garde une certaine réserve...

L'Afrique avec ses jeunes doit prendre son avenir en main et c'est là l'essentiel du discours.

Citation :
25 mai 2010
le Secours catholique, ont estimé vendredi que l'approche économique prônée par Paris "ne suffirait pas pour construire la paix dans la région" des Grands Lacs. Rappelant que les conflits dans la région sont liés au pillage des ressources naturelles, elles appellent Paris à pousser les Étant concernés à "sanctionner leurs ressortissants et opérateurs économiques" impliqués dans les trafics et plaident pour une meilleure traçabilité des minerais à travers des "mécanismes de certification".
Les richesses du continent Africain doivent servir au développement des besoins des populations.
Cest ce qui doit être exigé à l'encontre de tous ceux qui se sont appropriés ces richesses.

Malheureusement c'est comme pour le pétrole des pays arabes, ceux qui en bénéficient ont toujours dans leurs pays des bidonvilles. Alors, que peuvent apporter nos critiques, qui sont les mêmes que celles d'hier et qui seront celles de demain?
Allons nous mener un combat.... bla bla bla bla...

C'est donc bien aux jeunes de l'Afrique de prendre en main leur avenir, nous ne le feront pas pour eux comme le dit le Président Sarkosi. Quoi qu'il dise, sur n'importe quoi, il sera jugé négativement, avant même qu'il parle, il est déjà critiqué, condamné... Dès qu'il se permet d'ouvrir la bouche on lui reproche presque de respirer...

Certes ce n'est pas un dieu, ce n'est qu'un homme. J'admettrais une critique constructive avec des arguments valables, pas celles inventées ou lui prêtant des idées issues de "critiques systématiques et sans nuances", auxquelles nous habitue JP. Very Happy
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mar 30 Nov 2010 - 22:02

Personne a écrit:

Si vous estimez que la France est responsable des massacres actuels des Africains entre eux il faut m'expliquer pourquoi?
Dans le génocide rwandais la France a été impliquée

Citation :
C'est être de mauvaise foi de prétendre que la colonialisation est seule responsable des haines ethniques de ce continents, alors qu'il y a toujours eu des massacres et des pillages entre tribus.

Bien sûr que non, pas seule responsable ; complice parfois.

Citation :
L'Afrique, comme tous les pays à son histoire et les haines ethniques existaient bien avant le colonialisme.

Bien sûr ! Et qui le prétend ? Des noms STP.

Citation :
Les richesses du continent Africain doivent servir au développement des besoins des populations.

Bien sûr ! Mais développement selon quel modèle ? Le modèle du libéralisme économique productiviste qui est en train de détruire la planète ?

Citation :
"critiques systématiques et sans nuances", auxquelles nous habitue JP.

Je n’ai encore fait que commencer la critique du discours de Dakar.
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mer 1 Déc 2010 - 1:55

Comme il est simple JP de reprendre mes phrases sans argumenter.

Citation :
Bien sûr ! Mais développement selon quel modèle ? Le modèle du libéralisme économique productiviste qui est en train de détruire la planète ?
Pour le développement en utilisant les richesses issues principalement des exploitations minières et autres, je pensais à la création d'écoles, de routes, d'hôpitaux.
De s'équiper et construire selon leurs besoins, avoir leurs propres laboratoires, ils peuvent produire de manière raisonnée, développer le tourisme etc. Sans que tout cela génère de profits aux nations étrangères qui devront pratiquer un commerce équitable
De mieux vivre afin que les jeunes n'aient point le besoin de se déraciner et prennent l'avenir de leur pays en main.
Citation :
Dans le génocide rwandais la France a été impliquée

En 1994, sous le gouvernement Mitterrand, selon le Monde diplomatique.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-08-06-Rwanda

Mais quel rapport avec le discours du président actuel qui s'adresse au présent, et aux jeunes?
N'y a-t'il rien de vallable dans ce discours?


JPM a écrit:
Personne a écrit:
L'Afrique, comme tous les pays à son histoire et les haines ethniques existaient bien avant le colonialisme.
Bien sûr ! Et qui le prétend ? Des noms STP.
je n'ai pas retenu les noms à part Tarzan et Chita!


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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mer 1 Déc 2010 - 18:06

Personne a écrit:
Comme il est simple JP de reprendre mes phrases sans argumenter.

Citation :
Bien sûr ! Mais développement selon quel modèle ? Le modèle du libéralisme économique productiviste qui est en train de détruire la planète ?
Pour le développement en utilisant les richesses issues principalement des exploitations minières et autres, je pensais à la création d'écoles, de routes, d'hôpitaux.
De s'équiper et construire selon leurs besoins, avoir leurs propres laboratoires, ils peuvent produire de manière raisonnée, développer le tourisme etc. Sans que tout cela génère de profits aux nations étrangères qui devront pratiquer un commerce équitable
De mieux vivre afin que les jeunes n'aient point le besoin de se déraciner et prennent l'avenir de leur pays en main.
Evidemment que c’est comme ça que ça devrait être. Mais tu ne crois pas que la situation actuelle est très loin de cet idéal ? Que les richesses minières ne sont pas exploitées au profit des économies occidentales plutôt qu’à celui des populations locales ? Parlons, par exemple, de l’exploitation de l’uranium au Niger, qui provoque la révolte des touaregs, exploitée, cette révolte, par l’AQMI.

Et ce n'est là qu'un exemple parmi tant d'autres.


Citation :
En 1994, sous le gouvernement Mitterrand, selon le Monde diplomatique.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-08-06-Rwanda
Je suis un lecteur assidu du Monde Diplomatique.

Citation :
Mais quel rapport avec le discours du président actuel qui s'adresse au présent, et aux jeunes?
N'y a-t'il rien de vallable dans ce discours?
Je vais y venir.

Personne a écrit:
JPM a écrit:
Personne a écrit:

L'Afrique, comme tous les pays à son histoire et les haines ethniques existaient bien avant le colonialisme.


Bien sûr ! Et qui le prétend ? Des noms STP.

je n'ai pas retenu les noms à part Tarzan et Chita!

Tarzan et Chita ont prétendu que les haines ethniques n’existaient pas bien avant le colonialisme ?


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MessageSujet: Re: La maison brûle   Mer 1 Déc 2010 - 22:10

Nicolas Sarkozy a une équipe de « communicants » remarquable. Henri Guaino, « la plume du président », voir
http://www.politique.net/2009040102-portrait-henri-guaino.htm
est un artiste.

Je viens de parcourir ce discours de Dakar. Comme tu l’indiques, Personne :
Citation :
27 Nov - 6:09
Je n'apprécie pas trop les discours flatteurs et pompeux mais bon... c'est le genre diplomatique.

Je ne me laisse donc pas impressionner par ce flot de belles paroles :
Citation :
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.

et je me pose la question de ce qu’il y a derrière ces belles paroles.

Je ne me laisse pas non plus impressionner par tout ce discours sur la colonisation :
Citation :
Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.
Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas de l’homme au sens du sexe, je parle de l’homme au sens de l’être humain et bien sûr de la femme et de l’homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Là , minute !
La « souffrance de l’homme noir » n’a pas à être noyée dans la souffrance générale de l’humanité ; elle a sa spécificité, tout comme ont leur spécificité les génocide de juifs, des tsiganes et autres dans la dernière guerre.
Ce n’est là qu’un détail ; Guaino s’est simplement laisser emporter un peu par son éloquence.

Citation :
nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées.
Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
je ne suis pas venu vous parler de repentance.
Il n’est aucunement question de se repentir des fautes de nos pères et d’expier un crime perpétré par les générations passées. Là, Guaino enfonce une porte ouverte. Il ne s’agit pas non plus de pleurnicher :
Citation :
Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance
sont les nôtres et sont donc les miennes.
Mon œil, tiens !

Il s’agit simplement de reconnaître ce qui s’est passé et, comme il le dit si bien,
Citation :
non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
Mais c’est là qu’il faut voir quelles sont les leçons à tirer de ce passé.

Citation :
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe.
Bien sûr ; et je conviens qu’il n’était pas inutile de le rappeler.

Vient ensuite un long bla-bla sentimental sur
Citation :
les Européens venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre
de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères.
Ils ont eu tort…ils ont eu tort…ils ont eu tort…ils ont eu tort…
Pitié ! N’en jetez plus !

Citation :
Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire.
Note entre parenthèse : dire aux africains ce qu’ils devraient penser et faire, c’est justement ce que fera un peu plus loin notre orateur si bien intentionné.

On en vient alors au cœur de la question :

Citation :
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Ce serait donc fini, cette exploitation, ce pillage des ressources et richesses de l’Afrique ? l’aliénation de sa liberté avec la soumission qui lui est imposée à la loi du commerce international « libéralisé » ?

Citation :
mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains
étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient
une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.
On ne peut que saluer la lucidité de ce constat.
Tu vois, Personne, que je ne suis pas pour dire qu’il n’y a
Citation :
« rien de vallable dans ce discours »

Citation :
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux
C’est vrai.

Et il revient encore sur
Citation :
la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.
et bla-bla-bla ….

Pour en revenir à ce que « le colonisateur » a aussi « donné »,
Citation :

Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir.
C’est bien une chose à rappeler, et c’est fait ici avec suffisamment de discrétion qu’on ne peut manquer de souligner.

J'en reste là pour ce soir car vient ensuite la partie du discours la plus problématique.
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Jeu 2 Déc 2010 - 13:20

Si les colonisation est bénéfique, pourquoi cela génère t-il toujours la colère des colonisés ?
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Jeu 2 Déc 2010 - 22:23

Il reste deux points à aborder à propos de ce discours de Dakar :

Le premier, c’est ce gros pavé qui a provoqué bien des réactions de la part des africains, et pas seulement eux :

Citation :
]Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.
Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.
Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.

Voilà qui est flatteur pour les africains !

Alors, quand est-ce qu’il est sincère ? C’est quand il leur passe de la pommade, ou bien quand il donne libre cours comme ici à un sentiment de supériorité qui l’amène à juger de haut « l’homme africain » ?

Comme le fait remarquer Florence :
Citation :

Si les colonisation est bénéfique, pourquoi cela génère t-il toujours la colère des colonisés ?
Ingratitude de leur part vis-à-vis de ceux qui leur ont apporté la « civilisation » ?

Comme tu l’as fait justement remarquer, Personne, la colonisation n’a pas eu que des effets négatifs.
Citation :
les ponts, les routes, les hôpitaux, les dispensaires, les écoles, que le colonisateur a « donné » aux africains ont représenté un réel progrès ; et bien des actions positives se font encore aujourd’hui : tu citais :
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.

Justement dans le laboratoire de l'INSERM a Marseille il y a un jeune étudiant chercheur africain, qui est venu afin de pouvoir utiliser le matériel d'un laboratoire pour tester des plantes. Il y en a d'autres, mais je peux témoigner de ce cas précis.
Moi aussi je peux témoigner : j’ai une nièce qui est directrice d’un hôpital d’enfants au Togo ; il y a aussi les actions de coopération entreprises par de nombreuses associations. Mais que pèsent ces actions en regard de la terrible saignée qu’opère la « dette africaine » ? Au regard de la destruction de l’agriculture paysanne africaine par l’invasion des produits agricoles des pays industrialisés. Et voilà que la Chine se met à y investir pour implanter ses cultures de riz. Tu me diras, nous ne sommes pas responsables de ce que fait la Chine ; la Chine, d’ailleurs, c’est un pays qui est encore soumis au pouvoir autoritaire d’un Parti Communiste. Mais notre président ne vient-il pas de dérouler le tapis rouge à Hu Jintao dans l’espoir d’obtenir de juteux contrats ?
Citation :

Le colonisateur a rendu féconde des terres vierges,

Les chinois sont en train de développer cette entreprise en grand, à Madagascar, au Cameroun, dans la vallée du Niger ; ils arrivent avec leurs capitaux, leurs tracteurs, et bien déterminés à « faire travailler » les paysans africains.

Le problème de l’Afrique, dit Sarkozy, c’est :
Citation :
une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez

Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c'est-à-dire le développement partagé.

Oui, mais quel développement ?

La croissance sur le modèle productiviste occidental ?

C’est le second point que je voulais signaler.
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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 3 Déc 2010 - 7:05

Aux yeux des européens, les africains des colonies cela a longtemps été cela







J'ai gardé le meilleur pour la fin

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MessageSujet: Re: La maison brûle   Ven 3 Déc 2010 - 7:37

Florence a écrit:
Aux yeux des européens, les africains des colonies cela a longtemps été cela
Pas pour tous! Tu oublies le chocolat Banania.

Tintin c'est Belge. Arrête de tout mélanger.

Ok, nous sommes d'affreux colonialistes, ce genre d'échanges fatigue inutilement, ne va pas loin et c'est sans intérêt..

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