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 Désintoxication du langage

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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mar 17 Sep 2013 - 9:40

Tatonga a écrit:

Mais de là à penser qu'une nouvelle terminologie, et c'est là que nous revenons au sujet, a été sciemment forgée pour masquer les réalités et qu'elle contribuerait à  blouser les travailleurs, ça me parait être une chimère.
CONTRAT
Contrairement à tradition révolutionnaire française pour laquelle l'individu est titulaire de DROITS inaliénables, dès sa naissance ou conquis par la lutte, dans la philosophie libérale anglo-saxonne les relations sociales sont supposées régies par une sorte de « contrat » volontaire dans lequel l'homme accepte une certaine aliénation en échange d'une certaine sécurité. La différence n'est pas mince. Ce pseudo « contrat » est une façon de faire accepter par la victime sa domination, son oppression ou son aliénation, en faisant croire à son adhésion libre et volontaire à cette agression. Ce « contrat » sert à éteindre sa révolte.
N'importe quel éducateur a usé jusqu’à la corde le vieux gag qui consiste à « passer un contrat avec les jeunes »… et le « contrat d'établissement » que l'école fait signer aujourd’hui aux élèves sous prétexte de citoyenneté n'est qu'une liste d'interdictions, un marché de dupes !
Comme le déclarait tel maire lors d'un colloque sur la banlieue : « j'ai passé un deal avec les jeunes…une promesse de pistes de skateboard contre une baisse sensible des incivilités pendant un an. ».
L'expression : « acheter de la paix sociale » prend ici tout son sens ! Il y a encore beaucoup de travail pour expliquer aux élus qu'ils ne sont pas là pour "dealer", mais pour donner à la souffrance sociale des jeunes une traduction politique dans l'espace public.
En droit français, un contrat suppose la liberté des contractants et une égalité de position. Il n'y a pas de « contrat » entre les ASSEDIC et un chômeur qui est obligé de signer le PARE pour avoir le droit de manger.
L'indemnisation de perte d'emploi n'est pas le fruit d'un « contrat » mais d’un DROIT, toujours à préserver et à défendre. En prenant les ASSEDIC au mot, la justice de Marseille qui rétablit les chômeurs dans leur DROIT rappelle que le contrat, en France, reste un dispositif juridique contraignant, même quand on veut l'utiliser comme une entourloupe idéologique à l'américaine. Aucun chômeur sain d'esprit ne signerait de sa propre volonté un engagement à une « recherche positive d'emploi, » telles que le PARE l’y oblige actuellement. Ce « contrat » honteux fait peser sur le chômeur la responsabilité de sa situation et fait oublier que si le chômeur en est là, c'est qu'un patron l’a licencié contre son gré.
« Contrat Emploi Solidarité », contrat d’emploi « consolidé », combien d’entorses au droit du travail nous réserve-t-on encore pour nous exploiter à moindre coût ? Grâce aux « contrats » il n'y a plus de patrons ni d'employés, d’exploiteurs ni d’exploités, de mairies donneuses d'ordre et d'associations exécutantes, il n'y a plus que des « partenaires »... La vie est belle !
Quand le recours au contrat brise le contrat social, le « plaider coupable » n’est pas loin. Dans cette autre histoire, Droit et Justice n’ont pas dit non plus leur dernier mot.

Exercice de traduction :
Les élèves et les enseignants ont été invités à signer le contrat de citoyenneté du lycée.

Les élèves n’ont pas eu d’autre choix que de se soumettre au nouveau règlement disciplinaire.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mar 17 Sep 2013 - 13:52

Tatonga a écrit:

Qu'est-ce qu'une révolution, sinon un nouveau paquetage terminologique qui se substitue à l'Ordre lexical établi.
C'est sur ce point précis que nos points de vue divergent. Il ne s'agit pas d'un "nouveau paquetage terminologique" mais bien d'une modification de la terminologie existante. Une modification que je considère péjorative.
Tu as entendu parler de la "démocratie locale" et de la "décentralisation"?
Le but du jeu de ces glissements sémantiques est de rendre acceptable ce qui ne devrait pas l'être.....a mon avis puisque tu l'as si justement dit, le mot précède la pensée. La critique étant pensée, il existe des mots non critiquables.
Quand développement remplace capitalisme, on comprend pourquoi certains le voudraient durable.....lol
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mar 17 Sep 2013 - 22:13

DÉCENTRALISATION.
Dans le cadre du processus de privatisation généralisée des services publics européens tel que promu par l'Union Européenne et l'OCDE, la "décentralisation" est une pièce maîtresse de ce processus, au point d'en devenir presque un synonyme. La décentralisation est avant tout la mise en concurrence généralisée des territoires sur le modèle de l'entreprise, et c'est surtout la destruction des cadres de régulation du capitalisme, qui restent des cadres nationaux. Qu'on ne s'y trompe pas, le capitalisme est internationaliste, et c'est d'abord lui qui a intérêt à la dislocation des soit disant "Etats-nation". Le méchant Etat centralisé, ce sont aussi les conventions collectives, les syndicats nationaux, etc...La décentralisation est une impressionnante régression démocratique. Elle a abouti très rapidement à la liquidation de toute forme de contre-pouvoir, et à l'instrumentation des associations dans des logiques de communication et de valorisation des élus locaux, de dépolitisation avancée de la population, et de transfert discret de pans entiers des services publics à des formes de gestions où le caractère associatif n'est plus qu'une franche plaisanterie. le fruit étant mûr pour être cueilli par le marché privé. Il faut être niais comme un social démocrate pour croire à cet oxymore : "la démocratie locale". La démocratie ne peut JAMAIS être ni locale ni sectorielle. Pendant qu'on s’occupe des ralentisseurs et des crottes de chien, on ne s'occupe pas de la privatisation de l’Éducation nationale qui arrive à grand pas, et qui sera d'abord...régionalisée !!! Confier la compétence éducative aux régions, quelle noble tâche n'est il pas ?
Lire l'article de Roger Lepeix / décentralisation et libre pensée. ou encore l'article de Nico HIRT "décentralisation/marchandisation"

PROXIMITÉ.
Parce que son objectif est la privatisation généralisée des services publics, sur le modèle anglo saxon, l'obsession de l'Union Européenne (à ne jamais confondre avec l'Europe) est de détruire les souverainetés nationales dans lesquelles les régulations du capitalisme avaient été inscrites. Destruction des conventions collectives au profit des accords locaux d'entreprise, démolition des échelons nationaux et mise en place des régions comme territoires concurrentiels, dislocation des ministères et administrations nationales au profit de la déconcentration et de la décentralisationn afin de refiler les bébés au privé le plus rapidement possible. Et voilà l'école de proximité, l'hopital de proximité, les services de proximité...Le tout au nom du "small is beautiful", et du rapprochement des logiques d'intervention "au plus près du citoyen" ! Sympa, non ? Manque de chance, la démocratie ne peut jamais être ni locale ni sectorielle ! La démocratie est nécéssairement référée à des enjeux globaux, complexes, de nature le plus souvent internationale, en croisant les multiples questions ; C'est pour cette raison que la notion de démocratie locale est une absurdité droitière, qui réduit les sujets de la démocratie à des histoires de crottes de chien, quoiqu'on fasse. La démocratie a à voir avec le contrôle des multinationale, avec l'arrêt des politiques répréssives vis à vis des immigrés, etc, etc... L'idée de la proximité est que madame Michu s'occupe des problèmes de madame Michu, qui, comme chacun le sait sont des problèmes "d'habitante" et pas de problèmes de "citoyenne". Ne l'ennuyons pas avec les politiques internationales, l'OMC, la finance, les OGM qu'elle avale dans son assiette, ou le conflit israëlo Palestinien, mais proposons lui de se concentrer sur des problèmes concrets comme ceux de l'isolation des fenêtres de son HLM : joint mousse ou joint plastique : ça, c'est de la démocratie.. C'est L'innénarrable Michel Rocard qui a proféré cette absurdité monstrueuse : "la démocratie ça commence avec des problèmes de boîtes à lettres". Non, la démocratie ça FINIT dans des problèmes de boîtes à lettres. Empêchons les citoyens de s'intéresser aux enjeux et aux activités des dominants et laissons les mariner dans des problèmes de dominés. L'horreur et l'absurdité de la proximité est par exemple facile à observer dans le changement d'attitudes des associations depuis les années 70. Des milliers d'associations anciennement référées à des fédérations nationales, et qui tenaient tête aux pouvoirs locaux car elles bénéficiaient d'une protection nationale, se sont soudain retrouvées le doigt sur la couture du pantalon et le nez collé au sourire du maire pour quémander la subventionn sans aucun garde fou. La proximité, c'est l'aliénation au pouvoir, c'est la dislocation des défenses et des résistances. La proximité c'est la fin des contre-pouvoir, c'est la fin de la démocratie, c'est la privatisation.


Veuillez respecter les droits d'auteur et mentionner l'ouvrage d'où est extrait ce texte sous peine de suppression.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mer 18 Sep 2013 - 8:28

Bien résumé.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Sam 21 Sep 2013 - 10:49

hiram83 a écrit:
Personne a écrit:
Hiram,
Compte tenu des  insultes dont vous me gratifiez n'attendez aucune excuse de ma part.

je n'ai point envie de polémiquer. Et puisque vous en rajoutez une couche, je  vous fais remarquer que votre texte manquait de clarté; je l'ai édité afin de mettre  en évidence certains terme
Ainsi la lecture est plus fluide...

Un texte en discontinue sur deux pages, quarante messages qui se suivaient comme vous l'aviez posté effectivement n'aurait pas été entièrement lu.
Avertissement:
Merci de rester dans le sujet du post. Votre prose fantasmagorique reste un trollage.
Des modérateurs trolls, il n'y a qu'ici qu'on voit ça?
A l'avenir merci de garder vos laborieuses et inutiles justifications pour vous, où me les envoyer par MP où j'aurais le plaisir de les supprimer sans même les lire comme vous avez pu le faire avec mes posts, chacun pourtant traitant d'un sujet particulier et ayant un titre.....mais ne les ayant pas lus, vous ne pouviez pas le savoir.
La haute opinion que vous avez de vous même ne vous autorise pas l'insulte.
Vous semblez ne pas remarquer votre propre "trollage"; si  je me permet de "troller" en public c'est parce que vos remarques sur ma modération était publique de plus, cela permet à d'autres de remarquer ce qui n'est pas permis sur un forum.
Je n'ai pas le temps d'entretenir ce genre de polémique par MP

Votre  refus d' accepter la suppression de vos copiés d'un livre et ce sur deux pages du forum ne vous autorise pas l'insulte que je vous renvoie sur le "trollage"  car la prose fantasmagorique vient de ce que vous postez et non de ma modération.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 22 Sep 2013 - 11:24

Personne a écrit:
hiram83 a écrit:
Personne a écrit:
Hiram,
Compte tenu des  insultes dont vous me gratifiez n'attendez aucune excuse de ma part.

je n'ai point envie de polémiquer. Et puisque vous en rajoutez une couche, je  vous fais remarquer que votre texte manquait de clarté; je l'ai édité afin de mettre  en évidence certains terme
Ainsi la lecture est plus fluide...

Un texte en discontinue sur deux pages, quarante messages qui se suivaient comme vous l'aviez posté effectivement n'aurait pas été entièrement lu.
Avertissement:
Merci de rester dans le sujet du post. Votre prose fantasmagorique reste un trollage.
Des modérateurs trolls, il n'y a qu'ici qu'on voit ça?
A l'avenir merci de garder vos laborieuses et inutiles justifications pour vous, où me les envoyer par MP où j'aurais le plaisir de les supprimer sans même les lire comme vous avez pu le faire avec mes posts, chacun pourtant traitant d'un sujet particulier et ayant un titre.....mais ne les ayant pas lus, vous ne pouviez pas le savoir.
La haute opinion que vous avez de vous même ne vous autorise pas l'insulte.
Vous semblez ne pas remarquer votre propre "trollage"; si  je me permet de "troller" en public c'est parce que vos remarques sur ma modération était publique de plus, cela permet à d'autres de remarquer ce qui n'est pas permis sur un forum.
Je n'ai pas le temps d'entretenir ce genre de polémique par MP

Votre  refus d' accepter la suppression de vos copiés d'un livre et ce sur deux pages du forum ne vous autorise pas l'insulte que je vous renvoie sur le "trollage"  car la prose fantasmagorique vient de ce que vous postez et non de ma modération.
Vos facultés de modération ne vous autorisent pas à troller un fil de discussion avec des considération d'égo centrées sur votre façon que je considère comme désastreuse de modérer. Vous n'avez pas à vous justifier ni envers moi ni envers les autres internautes. Ce que vous considérez comme de l'insulte n'est qu'un simple constat d'un état de fait. On peut donner un hochet à un bébé, il s'amusera. Donnez lui un marteau à la place et il se fera mal.
Je répète encore une fois pour un modérateur mou du bulbe: merci d'utiliser les MP pour des considérations qui n'ont pas leur place sur un fil de discussion et qui sont hors charte de modération
Et j'utilise le rouge volontairement! Il faut au moins ça pour nourrir le troll.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 22 Sep 2013 - 11:27

AUTONOMIE : Piège sémantique désormais évident depuis le matraquage de cette notion sur l'institution scolaire, l'autonomie est la conditions préalable de la privatisation. L'école, l'université "autonomes", sont des écoles et des universités ne bénéficiant plus d'aucune protection étatique. Une école rendue "autonome" par l'habituation au surréaliste "projet d'école" à établir à chaque nouvelle rentrée, est une antichambre de l'école de marché qui arrive à grands pas. Depuis la création de son groupe de travail Education, en 1989, la Table Ronde des Industriels (ERT) n’ a cessé d’ « encourager des modes de formation moins institutionnels, plus informels ».Le lobby patronal européen a été parfaitement entendu. Les systèmes d’ enseignement de tous les pays européens et à tous les niveaux suivent grosso modo la même évolution, vers une plus grande autonomie et davantage de compétition entre établissements scolaires. Un rapport de la cellule européenne Eurydice souligne le caractère international de ce mouvement de « libération » du tissu scolaire : « Les réformes apportées à l’administration générale du système scolaire se résument principalement à un mouvement progressif de décentralisation et de délégation des pouvoirs vers la société. Pratiquement tous les pays concernés ont introduit de nouvelles réglementations qui déplacent le pouvoir de décision de l’État central vers les autorités régionales, locales ou municipales et de celles-ci vers les établissements d’enseignement. ». Dans le cas de l'individu on voit bien ce qu'est un travailleur "autonome". C'est un travailleur sasn métier , sans collectif, sans syndicat. Il est d'ailleurs préparé par l'élève autonome ! Respecter le rythmes de "travail autonome" de l’élève ? Cela signifie : certains élèves travaillent plus vite, mieux et plus, certains élèves travaillent plus lentement, plus mal et moins. En fait, cette notion de « rythme autonome » est tout à fait idéologique. En réalité, le rythme est modelé socialement et loin d’être autonome. Cette idée apparemment généreuse de l’élèves constructeur de soi-même, fait abstraction de toutes les déterminations sociales, biologiques, culturels et biographiques des élèves. L’instituteur quant à lui est supposé faire travailler tout le monde et ne pas abandonner les plus faibles au rythme de travail « autonome ».Voir le site de l'APED Animé entre autres par Nico Hirt (Appel Pour une Ecole Démocratique)
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Dim 22 Sep 2013 - 11:30

ÉGALITE DES CHANCES

Après avoir éliminé Robespierre, la réaction thermidorienne de 1795 met fin à la révolution et à l’idéal d’une société dans laquelle l'égalité serait réalisée. Mais comment consacrer le retour de l’inégalité, de l’argent, de l’aristocratie, de la fortune, de la propriété sans que le peuple ne reprenne les armes ? Comment abandonner l'égalité sans que cela ne se voie ? En l’appelant : « l’égalité des chances ». L’égalité des chances est le mot qui veut dire « Inégalités». Tels le lapin et la tortue, nous sommes donc « égaux » sur la ligne de départ. Nous avons virtuellement les mêmes « chances ».

En entrant à l’école, Bastien dont le père est banquier, et Mohammed, dont le père est chômeur ont donc les mêmes « chances ». Il est évident que si Bastien intègre une grande école et Mohammed ne dépasse pas la troisième professionnelle, ce n’est que le résultat de leur mérite propre. L’un n’a pas su, ou pas voulu utiliser les « chances » que l’on avait mises à sa disposition en égale proportion avec l’autre. Quand l’un et l’autre doivent raconter leurs vacances dans une rédaction, c’est un pur hasard si les parents de Bastien et le professeur possèdent la même culture, partagent les mêmes codes, les mêmes modes de vie, et aiment tous les deux les mêmes vacances : marcher dans le Cantal plutôt que de s’entasser au camping des flots bleus et de faire du baby foot au café de la plage. Ou encore de rester jouer au foot tout l’été sur la dalle de l’immeuble. Si la rédaction de Bastien (à qui sa maman a appris à reconnaître les chants d’oiseaux dans les forêt du Cantal) reçoit une meilleure note, c’est parce que Mohammed n’a pas voulu faire l’effort de raconter dans des termes joliment et littérairement tournés ses journées d’été occupées à traîner dans son hall d’escalier. Un tel sabotage de ses « chances », une telle mauvaise volonté, une telle paresse intellectuelle méritent une sanction. Un tel refus d’utiliser les « chances » que l’école républicaine a mises à sa disposition, mérite une mauvaise note.

Comme tous ces mots à dépolitiser les rapports sociaux, « l’égalité des chances « est une machine à nous faire croire que cette société offre à tous une égale opportunité et que nous sommes seuls responsables de notre situation. C’est le modèle Américain du « land of opportunity ». Il n’y a plus de patrons pour nous exploiter, seulement des individus qui ont voulu ou pas saisir leurs chances.

Transformé en loi, ce principe de l’égalité des chances légitime l’abjection des « grandes écoles » dans lesquelles se côtoie et se reproduit « l’élite républicaine » qui est essentiellement le refuge de la noblesse et de l’aristocratie reconstituées. Depuis la loi sur l’égalité des chances, un quota de pauvres et d’étrangers (pardon…de « minorités visibles ») est autorisé à rentrer dans ces écoles. Mais la question n’a jamais été de savoir combien y entraient, mais combien en sortaient. Au nom de l’égalité des chances, tout le monde rentre dans l’entonnoir de l’école, mais seulement 1% de fils d’ouvriers en sortent avec un diplôme universitaire quant la France dénombre 30% d’ouvriers en 2005 au sein de la population active. Jetons un voile pudique sur les 99 autres… Le problème de l’égalité n’est pas de rentrer mais de sortir égaux, pas de démarrer mais de finir égaux. C’est une toute autre tâche !

Traduction,

Pour aider les parents à exercer leur autorité parentale la loi sur l’égalité des chances institue un contrat de responsabilité parentale qui permet d'assigner des objectifs aux parents. S'il n’est pas respecté par la famille, les autorités compétentes pourront prononcer la suspension provisoire de certaines allocations. (texte officiel)

Pour punir les familles dont les enfants ne se soumettent pas à l’oppression et à la pauvreté, la loi pourra pénaliser financièrement les parents pour leur apprendre à faire respecter l’humilité de leur condition.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Lun 23 Sep 2013 - 13:03

Citation :
« l’égalité des chances « est une machine à nous faire croire que cette société offre à tous une égale opportunité et que nous sommes seuls responsables de notre situation.
Et ce mensonge marche si bien que l'exploité lui-même l'intègre dans sa psychologie, et cherche alors un autre exploité encore plus démuni pour le transformer en bouc émissaire responsable de sa propre situation de dominé.

C'est le terreau sur lequel poussent les mouvements d'extrême-droite qui minent actuellement les démocraties occidentales.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Lun 23 Sep 2013 - 13:14

J-P Mouvaux a écrit:
Citation :
« l’égalité des chances « est une machine à nous faire croire que cette société offre à tous une égale opportunité et que nous sommes seuls responsables de notre situation.
Et ce mensonge marche si bien que l'exploité lui-même l'intègre dans sa psychologie, et cherche alors un autre exploité encore plus démuni pour le transformer en bouc émissaire responsable de sa propre situation de dominé.

C'est le terreau sur lequel poussent les mouvements d'extrême-droite qui minent actuellement les démocraties occidentales.
Oui, c'est le but même de la manœuvre linguistique.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mar 24 Sep 2013 - 9:02

Tatonga montre l'exemple type du raisonnement par apagogie qui consiste à sauter à pieds joints dans un piège sémantique et à pousser un raisonnement logique à partir d'une perception erronée de la réalité présentée. Ainsi si j'évoque des notions relatives à la sociologie politique, à la démocratie, Tatonga me parle d'autre chose, de cas particuliers élevés au rang de vérité générale.

Au hit parade des mots insoupçonnables, des aliénations merveilleusement positives ancrées au plus profond de nos convictions se tapit le plus redoutable d’entre eux : « PROJET » : le coeur de la nouvelle culture capitaliste. Le "projet" apprend à travailler seul, à viser une production, c'est à dire à réaliser un produit. Le projet détruit le temps et le long terme. Il a un début et surtout une fin. Il est remplaçable par un autre. Pour le pouvoir, (très friand des projets) il transforme des relations politiques en relations marchandes car il permet d'acheter des prestations-produit en les déguisant en démarches. En management, "projet" remplace "hiérarchie"... Avec l’envahissement de la culture du « projet » depuis une vingtaine d’années le capitalisme révèle le cœur de son idéologie : une société qui n’a plus de projet (de transformation sociale vers plus toujours plus d’égalité)  et dont la volonté politique semble se résigner au règne de la marchandise pour cause de concurrence, de mondialisation, et d’écroulement des socialismes « réels »,  ne cesse de demander à ses citoyens (et surtout aux plus pauvres privés d’avenir)  de se projeter, de faire des projets, (des micro-projets d’adaptation). Une société qui ne se projette plus dans l’avenir mais aménage à l’infini le présent de la marchandise dans un capitalisme pour seul horizon dispense des miettes de futur  sous forme de micro-projets où chacun devient petit capitaliste de sa vie.



S’engager dans un « projet » c’est manifester son dynamisme, son esprit d’initiative, son adhésion à ce système compétitif et parcellisé…ce n’est pas critiquer, ni militer, ni douter. Le « projet humanitaire » remplace le combat politique. Il est évaluable immédiatement et remplaçable par un autre projet. Il annule le long terme et la nécessité de s’intégrer durablement à un collectif. Dans leur étude sur le « nouvel esprit du capitalisme », Eve Chiapello et Luc Boltanski montrent que si le mot « hiérarchie », qui venait en tête des mots employés dans des ouvrages de management dans les années soixante, a complètement disparu des années quatre-vingt dix, en revanche, le hit parade contemporain du management de l’entreprise capitaliste (nombre de fois cité dans le même ouvrage) revient sans conteste à « PROJET ».

En engageant les jeunes dans des dynamiques multiples de projets, les travailleurs sociaux leur aprennent à morceler leurs désirs, leurs vies, leurs idéaux. On leur interdit de n’avoir qu’un projet qui durerait toute une vie : vocation, métier, marriage…et on les dresse à l’éphémère, à la mobilité, à l’employabilité d’eux-mêmes dans un monde présenté comme instable et qui n’a jamais été aussi stable : de la stabilité de la marchandise capitaliste pour toujours, pour tous et en tous lieux. Pratiquer une « pédagogie par projets » c’est enseigner l’adaptation au court terme, et la renonciation aux idéaux qui structurent une vie, une personne, un groupe social. Dans cette nouvelle exigence/oppression/aliénation, le perdant, l’exclu est celui qui n’est pas engageable dans un projet ou qui se montre incapable de changer de projet (celui qui se cramponne à un idéal). L’intérêt du projet est d’avoir un début et une fin (surtout une fin). Une fois celle-ci atteinte, on dissout l’équipe, sa subvention, la dynamique et on est prêt pour un tout autre nouveau projet, avec de nouvelles têtes et de nouveaux financements. On vous a déjà vu l’année dernière, vous n’allez pas vous abonner, laissez la place à d’autres et tentez votre chance ailleurs ! Sous l’intitulé de « projet », le pouvoir achète en réalité des « produits » et prépare le futur travailleur aux nouvelles règles du management libéral, de la marchandise, de la rotation des tâches et de sa propre employabilité. La pédagogie par projet, la subvention au projet, est l’apprentissage du nouveau management, de la rotation accélérée des produits et des marchandises sociales, de la précarité et de l’incertitude acceptées par avance : soyons aventureux dans un monde instable que diable, et que les faibles perdent ! Il n’y a pourtant qu’un seul « projet » qui vaille (quel autre ?) : la Révolution.


Exercice de traduction : remplacez projet par produit :


Dans les zones à redynamiser, les chefs de projets financent des projets d’habitants dans le cadre de contrats d’objectifs.


Dans les groupes sociaux à réduire au silence politique, les chefs de produits du nouveau marketing public achètent  la paix sociale des habitants en renouvelant au  coup par coup leur dépendance financière au pouvoir.


Dernière édition par hiram83 le Mar 24 Sep 2013 - 10:37, édité 1 fois
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mar 24 Sep 2013 - 9:52

Citation :
Exercice de traduction : remplacez projet par produit :

Dans les zones à redynamiser, les chefs de projets financent des projets d’habitants dans le cadre de contrats d’objectifs.

Dans les groupes sociaux à réduire au silence politique, les chefs de produits du nouveau marketing public achètent la paix sociale des habitants en renouvelant au coup par coup leur dépendance financière au pouvoir.
 
Citation :

Il n’y a qu’un seul « projet » qui vaille : la Révolution.
  
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mer 25 Sep 2013 - 11:23

Mais comment se fait-il que le capitalisme soit ainsi parvenu à imposer sa novlangue ?

Au temps des grandes luttes sociales, c'est sur les corps que s'exerçait, par la force, sa tentative de domination ; aujourd'hui, ce sont les esprits qu'il est en train de domestiquer.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Mer 25 Sep 2013 - 13:03

Parce que le capitalisme est devenu une doctrine politique au delà de son simple rôle de régulation de l'activité commerciale. Cette idéologie a d'abord pénétré avec force dans le monde du travail, dans l'outil de production. Si la démocratie transforme l'individu en citoyen dans la vie civile, il reste un serf dans l'entreprise et il n'a pas son mot à dire sur les orientations de l'outil de production. Luc Boltanski est allé chercher dans les livres traitant de management cette idéologie capitaliste et a mis en lumière les implications de cette idéologie dans le management d'un collectif de travailleurs. La "démarche qualité", la mode du "projet", ne sont que des moyens d'aliénation présentés en termes positifs pour empêcher le travailleur de penser la réalité sociale et d'empêcher toutes critiques. Tu es contre la qualité toi? Et puis s'il est facile pour un syndicat de mobiliser un collectif de travailleurs pour revendiquer auprès d'une hiérarchie, il est beaucoup plus compliqué d'aller faire chier quelqu'un qui a un projet.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les citoyens se "détournent" de la politique et du syndicalisme, que l'idée qu'un état se gère comme une entreprise et que c'est une affaire d'experts fait son petit bonhomme de chemin dans la conscience politique collective......et après on s'étonne et on prend un air faussement offusqué devant les taux d'abstention. Le capitalisme a viré la démocratie de l'entreprise (il ne l'a jamais laissé entrer en fait) et il s'agit maintenant de la virer de la cité.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Jeu 26 Sep 2013 - 15:22

Spoiler:
 
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Jeu 26 Sep 2013 - 17:41

Qu'est-ce qu'une doctrine politique ?
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Jeu 26 Sep 2013 - 19:55

florence_yvonne a écrit:
Qu'est-ce qu'une doctrine politique ?
Une doctrine, c'est quand il s'établit des dogmes et que ceux qui professent ces dogmes les prétendent intangibles.

L'exemple le plus fameux dans un passé relativement récent, c'est quand Margaret Tatcher a décrété, à propos du système d'exploitation de la main d'oeuvre salariale qui se mettait en place :
"There is no alternative"

Citation :
TINA, en français « Il n'y a pas d'autre choix ») est un slogan politique couramment attribué à Margaret Thatcher lorsqu'elle était Premier ministre
Ce slogan est actuellement repris en boucle par les tenants du système actuel qui en profitent.
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Ven 27 Sep 2013 - 10:45

Oui, ce n'est pas la crise pour tout le monde.
Le propre d'un dogme est d'être présenté et accepté comme une vérité intangible.
http://amd.belfort.free.fr/evangile12.htm
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MessageSujet: Re: Désintoxication du langage   Ven 27 Sep 2013 - 14:06

Tatonga a écrit:
La révolution ?
Non, ce qui est recherché n’est pas une révolution.  Cette critique  est une simple  radioscopie du capitalisme, critique nécessaire qui doit sans cesse se renouveler, une réflexion permanente pour chaque fois en faire paraitre les tares, corriger et affiner, en atténuer les rigueurs et le côté inhumain.  Des réformes donc, mais pas une révolution, pas une remise en cause radicale. L’idée n’est pas  d’abandonner le capitalisme, mais de le réformer. C’est pour ne l’avoir pas compris tout de suite, que je me posais toujours la même question: comment peuvent-ils vouloir le capitalisme sans ce qu’il suppose comme contraintes sociales, inégalités, hiérarchies , projets, concurrence et donc sélection à tous les niveaux, c'est-à-dire  tout ce qui est dans la nature même du capitalisme et en constitue la dynamique,  et s’ils n’en veulent pas, que ne proposent-ils clairement quoi lui substituer ?
On me dira que le subterfuge consiste justement à faire croire que le capitalisme suppose nécessairement et fatalement  tout cela, tout ce qui est supposé en constituer le revers de la médaille. Malheureusement, si, enfin plus ou moins. On peut l’humaniser mais au-delà de certaines limites, on n’y est plus, et le remède serait alors pire que le mal.
Disons donc que c’est une simple critique radioscopique,  mais pas inutile dans la mesure où elle est nécessaire pour impulser une dynamique interne, pas inutile même si dans l’immédiat aucune solution de rechange concrète et viable  n’est proposée ou ne se profile.
"Réformer" le capitalisme est un vœu pieux.
Le capitalisme est un tigre et si tu ne veux pas qu'il te bouffe il vaut mieux être monté sur un éléphant et être armé d'un fusil (un parti communiste à 25% et la majorité des travailleurs syndiqués) que d'avoir un petit bâtonnet et d'ordonner "couché kiki!" à la bête (un parti communiste à 3% et une désertification syndicale). Le capitalisme ne comprend que le rapport de force et c'est d'ailleurs pour ça que les apôtres du capitalisme font passer la lutte des classes pour quelque chose de ringard qui appartient au passé.....parce que c'est justement la lutte des classes qui permet de "réformer" le capitalisme.
Les solutions à proposer il y en a, elles ont été rendues invisibles par les tenants de ce TINA dont JP nous a parlé.
Rétablir la démocratie dans la cité, l'introduire dans l'entreprise, voilà la solution.
Se donner les moyens d'une véritable éducation politique de l'adulte, voilà une solution.
Mais ces solutions sont immédiatement taxées d'utopie irréaliste, d'attitude passéiste et ringarde, de soviétisme stalinien, et le pauvre citoyen politiquement mal éduqué marche comme un seul homme.

REFORME :
Formellement, une réforme pourrait être n'importe quel changement. Par exemple : plus de profs, ou le doublement du budget de la santé, ou une augmentation massive du SMIC, etc...voilà des réformes. Pourtant nous avons intégré que le mot réforme signifie un recul, une perte, une diminution, et seulement cela. Une réforme ne va plus que dans un seul sens : MOINS. Alain Bihr, dans son ouvrage intitulé "la novlangue néo libérale" explique que le langage politique utilise l'inversion de sens à tour de bras : en fait, réforme veut dire stagnation. "Changement" veut dire immobilisme et même recul...on est en plein dans Orwell quand le ministère de la guerre s'appelait le ministère de la paix. On sait désormais, intuitivement, que quand Sarkozy (ou un de ses clones socialistes) nous parle de réforme, il faut entendre contre-réforme.
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