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 «Poutine n'a pas intérêt à aller au conflit armé»

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florence_yvonne
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MessageSujet: «Poutine n'a pas intérêt à aller au conflit armé»   Mar 4 Mar 2014 - 14:57

INTERVIEWTatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie à l’Institut français des relations internationales, analyse les scénarios possibles en Crimée.
Des militaires russes continuent à arriver ce lundi dans la péninsule ukrainienne de Crimée, au cœur depuis quelques jours d’un bras de fer entre Moscou et le nouveau pouvoir de Kiev. Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie à l’Institut français des relations internationales (Ifri), analyse les scénarios possibles.

Pourquoi Poutine s’accroche-t-il autant à la Crimée ?
Cela tient d'abord à la perception russe de cette crise. La Russie se considère comme étant le seul pays qui reste dans la légalité dans cette affaire. Du point de vue de Moscou, le nouveau gouvernement de Kiev est illégitime et représente un réel danger pour la population russophone d’Ukraine. Le vocabulaire employé par les médias russes, qui sont aussi suivis dans la partie Est de l’Ukraine, est à cet égard éloquent : le nouveau pouvoir est présenté comme «fasciste», «nazi»…

L’Ukraine est un enjeu majeur pour la Russie à plusieurs titres. Economique, d’abord. Les Russes estiment que l’accord d’association avec l’UE, dont la non-signature par Viktor Ianoukovitch en novembre est à l’origine de la crise actuelle, serait pénalisant pour la Russie. Un tel accord autoriserait, par exemple, le transit des produits européens vers la Russie par l’Ukraine, ce qui pour Moscou renforcerait la concurrence pour les produits russes.

L’enjeu est ensuite géopolitique. La hantise de Vladimir Poutine, c’est l’Otan à ses frontières. Une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Otan est pour lui inacceptable. S’ajoute à cela le fait qu’une Ukraine émancipée, tournée vers l’Europe, pourrait créer des précédents. D’autres ex-républiques de l'Union soviétique pourraient prendre le même chemin. Ensuite, il y a une dimension régionale. Si l’Ukraine bascule côté occidental, elle échappe à l’union économique eurasienne que Poutine tente de mettre sur pied pour asseoir la Russie comme grande puissance. Or, cette union eurasienne, qui comprendrait aussi le Kazakhstan et la Biélorussie, n’a plus guère de sens sans l'Ukraine.

Enfin, dans la carte mentale russe, l’attachement à l’Ukraine est extrêmement fort. Kiev est pour beaucoup de Russes le berceau de la grande Russie. L’Ukraine, dans le discours poutinien, c’est le peuple frère.

Poutine ira-t-il jusqu’au conflit armé ?
Si on part du postulat que Poutine est quelqu’un de rationnel, non. Il n’y a pas intérêt. Pour le moment, il fait monter la pression. Il occupe la Crimée pour se retrouver ensuite avec quelque chose à négocier. Depuis des années, la Russie prône la souveraineté des Etats, la non-ingérence. C’est au nom de ce principe qu’elle refuse l’intervention en Syrie. Changer de doctrine pour la Crimée placerait Poutine dans une contradiction qui pourrait se retourner contre lui dans le futur.

Quels sont alors les scénarios possibles ?
Celui d’une fédéralisation de l’Ukraine, avec une autonomie accrue pour certaines régions, me paraît plausible, même si on n’en est pas encore là. Je crois peu au scénario d’une partition. En fin de compte, Poutine n’a pas vraiment intérêt à récupérer la Crimée. Elle lui est plus utile en Ukraine que réintégrée dans la fédération de Russie. Si la Russie récupérait la partie Est de l’Ukraine, elle perdrait du même coup tout le reste du pays qui, lui, basculerait complètement côté occidental.

L’Europe a-t-elle de réels moyens de pression ?
La menace de boycott des préparations du sommet du G8, prévu en juin à Sotchi, voire celle du retour à un G7 sans la Russie ne sont pas du tout anodines. La Russie a œuvré des années pour rejoindre le G7, qu'elle a intégré en 1998. Là encore, il en va pour Poutine du statut de grande puissance de la Russie. Les moyens de pression que peut mettre en place l’Europe (gel des avoirs, isolement économique…) peuvent réellement peser, parce qu’ils toucheront les oligarques et la population dans un contexte de stagnation économique en Russie. Déjà, on voit aujourd’hui que le rouble s’écroule. Poutine prend de gros risques s'il poursuit dans l'escalade. Il sera dangereux pour lui de poursuivre dans cette voie sur le long terme.

La clé passe donc par une médiation européenne ?
Poutine, en réalité, n’a pas grand monde avec qui négocier. Il n’a pas d’interlocuteur à Kiev puisqu’il ne reconnaît pas le gouvernement central. D’un autre côté, la Russie méprise l’Europe, qu’elle juge faible, sans politique étrangère commune. En revanche, la clé peut être une médiation portée par Angela Merkel. Le dialogue entre la Russie et l’Allemagne, qui ont en commun notamment des intérêts économiques, est déjà établi et s'est révélé payant par le passé, encore récemment pour la libération de Mikhaïl Khodorkovski.
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