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 genèse de la philosophie

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florence_yvonne
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MessageSujet: genèse de la philosophie   Jeu 8 Mar 2007 - 21:11

-423
Aristophane s’attaque à Socrate
En 423 avant J.-C., Aristophane, connu pour ses comédies satiriques, compose « Les Nuées ». Dans cette pièce, il s’attaque aux sophistes et plus particulièrement à Socrate, dont l’un des personnages porte le nom. Platon vengera son maître à penser en -385 dans « Le Banquet ». Il y décrira un homme ridicule, du nom d’Aristophane, qui est pris de hoquet dès qu’il veut parler. Socrate n’est pas la seule victime d’Aristophane puisque ce dernier s’attaquera également à Euripide dans « Thesmophories » en -411 et les « Grenouilles » -405.

http://www.mediterranees.net/histoire_grecque/socrate/nuees.html

-399
Socrate boit la ciguë
Condamné pour impiété et corruption de la jeunesse, Socrate boit la ciguë après avoir passé ses dernières heures à disserter avec ses amis. Interdit d’enseignement sous le Régime des Trente, Socrate s’était attiré la haine en remettant en cause certaines traditions religieuses. Lors de sa condamnation, il eu la possibilité de proposer une peine alternative à la mort afin de laisser ses juges choisir laquelle serait la plus appropriée. Refusant de compromettre ses idées, il demanda à être honoré par la cité. De même, il n’acceptera pas de s’enfuir, jugeant la soumission à la loi comme un fondement de la justice. Considéré comme le père de la philosophie, Socrate sera rapidement réhabilité et honoré après sa mort tandis que ses accusateurs seront exilés. Sa pensée et son acceptation de la mort au nom de la loi marqueront les esprits pendant des siècles.

-388
Platon se rend auprès de Denys I
Après la condamnation et la mort de Socrate, son plus fidèle élève décide de quitter Athènes pour parcourir la Grèce. Son parcours l’amène en Sicile, à Syracuse, où il entre dans la cour de Denys. Comme il le démontrera plus tard dans la "République", Platon est convaincu que seul le savoir et l’amour de la vérité doivent gouverner. Il espère alors former le tyran pour en faire l’équivalent de ce qu’on appela au XVIIIème un "despote éclairé". C’est la célèbre thèse du "philosophe-roi", dont la légitimité vient de sa connaissance et non de la force. Mais ce premier séjour à Syracuse est un échec, de même que les prochains séjours qu’il entreprendra dans cette cité. Pour Platon, seul la connaissance peut guider l’homme vers le bien, mais ce trajet est long et difficile, ce qu’évoque en partie la métaphore de la caverne. Mais la possibilité d’un "philosophe-roi" s’amenuise au fil de son expérience.

-387
Première école de philosophie fondée par Platon
Platon crée à Athènes ce qui semble être la toute première école philosophique, l’Académie. Elle est ainsi nommée car les élèves étaient réunis au cœur du jardin d’Académos, un héro mythique de l’Attique. "Que nul n’entre ici, s’il n’est géographe". Telle est la formule gravée à l’entrée de l’établissement. Les mathématiques y sont en effet enseignées, au même titre que la rhétorique. En 529, Justinien Ier ordonnera la fermeture de l’école, qu’il considèrera comme "païenne". C’est à l’Académie qu’Aristote reçu son enseignement. Lui-même fondera plus tard sa propre école, le Lycée.

-340
Aristote fonde le Lycée
Le philosophe rejoint Athènes après avoir accompli sa mission de précepteur auprès d’Alexandre le Grand. Il fonde le Lycée dès son retour et y accueille de nombreux disciples, appelés "péripatéticiens". Il y exposera ses théories sur les sciences et la logique ainsi que sur la métaphysique qu’il a lui-même fondée. Lors de la fermeture du Lycée, les œuvres d’Aristote seront dispersées mais des notes de cours atteindront le troisième millénaire.

-306
Épicure ouvre son école du Jardin
Le philosophe Épicure fonde à Athènes l’école du Jardin, où il enseigne ses théories. C’est au cœur de cet institut que naîtra l’épicurisme, l’un des principaux courants philosophiques de l’antiquité, qui fait naître l'hédonisme de l'ascèse. En effet, Epicure prône la limitation des désirs et des plaisirs pour atteindre le vrai plaisir d'exister. Le savoir a également une grande place puisqu'il doit permettre de supprimer les craintes et superstitions.

90
Domitien bannit les philosophes de Rome
Après la conjuration de 89, l’empereur Domitien décide de faire tomber des têtes et surtout d’exiler les intellectuels de la ville. Il s’en prend en particulier aux philosophes, n’appréciant guère, lui qui se fait nommer "Maître et Dieu", la possibilité d’une critique. Le stoïcien Epictète, opposant à la tyranie, est ainsi contraint de quitter la ville. Six ans plus tard, Domitien sera assassiné.

180
17 mars
Mort de l'Empereur philosophe Marc-Aurèle
Marc-Aurèle meurt à Vienne de la peste au cours d’une campagne pour étendre les frontières de l’Empire Romain vers le nord. Au-delà de son statut d’Empereur, Marc-Aurèle reste dans l’histoire l’homme qui a en quelque sorte accompli les espoirs de Platon d’un "philosophe roi". Grand stoïcien, Marc-Aurèle laisse en effet une œuvre philosophique imprégnée des théories morales des philosophes du Portique et d’Epictète. Le tyran Domintien avait bannit Epictète et ses idées de Rome. Elle seront finalement parvenues à la tête de Rome quelques dizaines d'années plus tard avec Marc-Aurèle.

1195
Averroès en exil
Le philosophe islamique est contraint à l’exil pour avoir exposé ses conceptions. Grand commentateur d’Aristote, il s’est également appuyé sur le néoplatonisme pour établir que la matière est éternelle. Le monde n’a ni début, ni fin. Dieu agit alors comme celui qui concrétise et donne un souffle aux éléments déjà existants. Au travers de ces considérations, Averroès tend à distinguer la raison de la foi, ce qui lui vaut cet exil. Il sera toutefois gracié peu de temps avant sa mort. On lui attribuera plus tard la théorie de la double vérité (révélée et rationnelle). Ses pensées influenceront fortement l’Occident médiéval et la scolastique chrétienne.

1580
1 mars
Montaigne publie ses "Essais"
La première édition des "Essais" de Michel Eyquem de Montaigne est publiée à Bordeaux. L'œuvre de l'humaniste est très appréciée par le roi de France Henri III. Tout au long de sa vie Montaigne n'aura de cesse de travailler et de retravailler sur les "Essais" jusqu'à sa mort en 1592. Une dernière édition posthume paraîtra en 1595.

http://www.bribes.org/trismegiste/montable.htm

1641
"Je pense donc je suis"
Descartes publie ses "Méditations métaphysiques" dans lesquelles il reprend des arguments esquissés dans le "Discours de la méthode". L’ouvrage présente les principales thèses de Descartes et la réponse aux objections. Il cherche à établir une vérité absolue qu’il dit trouver dans la phrase "je pense donc je suis", a priori irréfutable. Pour y parvenir, il a mis en place une méthode du doute qui aboutit au rejet de tout ce qui ne pas être absolument certain, comme le corps, l’existence du monde… Parvenu à cette vérité, le philosophe tente ensuite de prouver incontestablement l’existence de Dieu : c’est l’argument ontologique.

http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?medit3
http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?methode3

1651
Hobbes publie le Leviathan
Thomas Hobbes publie son ouvrage majeur : "le Léviathan". Il définit la société comme résultant d’un accord entre les hommes pour dominer les passions de chacun. Les hommes, naturellement nuisibles les uns pour les autres, se seraient associés afin de limiter le pouvoir du libre-arbitre. A ce propos, l'expression de Hobbes : "l’homme est un loup pour l’homme" est restée célèbre. Jean-Jacques Rousseau s’attaquera à cette vision tout en conservant et repensant cette idée de contrat social.

http://perso.orange.fr/philotra/leviat1.htm

1656
27 juillet
Spinoza est excommunié
S’intéressant aux philosophies de Descartes et Hobbes et fréquentant des Chrétiens, le jeune Baruch de Spinoza s’attire les foudres des fanatiques juifs. Les rabbins d’Amsterdam décident de l’excommunier. Libre penseur ne se souciant guère des traditions, Spinoza poursuivra sa route et développera seul son système philosophique panthéiste, à côté de son travail alimentaire : le polissage du verre. Toutefois, il subit également une tentative de meurtre et ne pourra jamais diffuser librement son savoir. Son œuvre majeure, "l’Ethique", ne sera publiée qu’après sa mort sans mention de son nom et il faudra attendre un siècle pour qu’un apaisement religieux permette de lire ses œuvres.

1662
19 août
Mort de Pascal
Blaise Pascal s’éteint à l’âge de trente neuf ans et laisse inachevée son œuvre philosophique la plus importante : les "Pensées". Grand mathématicien et physicien, Pascal s’était détourné de la science après une expérience mystique. Outre l’invention d’une machine à calculer (la pascaline), Pascal a fait des travaux importants sur les probabilités. Sa pensée, imprégnée de Jansénisme, met l’accent sur la supériorité de la Foi.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/pascal_pensees.html

1688
mars
Parution des "Caractères" de la Bruyère
Jean de la Bruyère publie "les Caractères", un recueil de maximes et de portraits qui s’inspire de l’œuvre de Théophraste. Le but est alors d’exposer les mœurs et surtout les défauts des êtres humains de l’époque. C’est dans le cadre de son poste de précepteur du duc de Bourbon qu’il a eut le temps et le loisir d’observer les gens de la cour. Aucun nom précis n’est donné. Par cette œuvre esthétique, philosophique et moraliste, il espère pouvoir amener l’humanité à corriger ses défauts.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/la_bruyere_caracteres.htm

1717
16 mai
Voltaire embastillé
Francois-Marie Arouet, 23 ans, dont les écrits satiriques s’en prennent à la vie intime de Philippe d'Orléans, est envoyé à la Bastille pour outrage au Régent. Il y restera 11 mois. Il y entreprendra l’écriture de "Œdipe" et prendra le pseudonyme de Voltaire. A sa sortie le succès de sa tragédie marquera le début de sa reconnaissance littéraire.

1747
octobre
Le projet de "l’Encyclopédie" est lancé
Denis Diderot, alors traducteur pour une maison d’édition et Jean Le Rond d’Alembert co-dirigent "l’Encyclopédie". Deux ans plus tôt, le libraire Le Breton et ses associés avaient obtenu un privilège royal pour publier une traduction de la "Cyclopedia or an Universal Dictionnary of Arts and Sciences", d’Ephraïm Chambers. Lorsqu’on lui propose la direction d’une telle entreprise, Diderot perçoit aussitôt l’immense portée philosophique que peut représenter le projet. Il n’hésite donc pas un instant à se lancer corps et âme dans l’entreprise, faisant appel à plusieurs grandes plumes de l’époque (Rousseau, Voltaire, Montesquieu…). En 1750, Diderot publiera un "Prospectus" pour présenter l’ouvrage et les modalités de souscription. Mais déjà, cet écrit suscite le mécontentement des Jésuites et des Jansénistes. Le premier volume sortira en juillet 1751.

1748
Montesquieu publie "l’Esprit des lois"
A partir de son expérience des différents pays européens et de nombreux témoignages, Charles de Montesquieu élabore sur près de vingt ans une comparaison poussée des systèmes politiques. Il en tire une synthèse dans "l’Esprit des lois". Face aux attaques qu’il déclenche, notamment de la part des jésuites et des jansénistes, Montesquieu répondra en publiant "Défense de l’Esprit des lois" en 1750. Certains éléments de son ouvrage seront repris lors de la rédaction de la nouvelle Constitution, au moment de la Révolution.

1749
24 juillet
Diderot est emprisonné à Vincennes
Pour avoir publié "Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient", Diderot est emprisonné à Vincennes. Il y exposait que la connaissance et la perception des choses émanent d’une sensibilité propre à chacun. Aussi, les aveugles ont-ils une conception autre du monde qui les entoure. Dans cet ouvrage, l’auteur montrait alors clairement une vision matérialiste et athée, qui ne pouvait que le conduire en prison. Cette expérience à Vincennes sera très marquante pour Diderot, qui prendra soin de ne pas toujours publier la totalité de ses ouvrages.

1752
7 février
L'Encyclopédie est censurée
Un arrêté du conseil du roi Louis XV interdit l'impression et la diffusion des deux premiers volumes de "L'Encyclopédie" ou "Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers". L'œuvre collective dirigée par Denis Diderot et d'Alembert est jugée subversive par les Jésuites qui la qualifie "d'athée et matérialiste". Le contenu politique et philosophique, plus que les parties techniques et scientifiques, est décrié. Les thèses développées par l'abbé de Prades, un des contributeurs de l'Encyclopédie, sont, selon les membres du conseil, "contaminées par l'esprit voltairien".


Dernière édition par le Jeu 8 Mar 2007 - 22:47, édité 6 fois
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: genèse de la philosophie   Jeu 8 Mar 2007 - 21:14

1755
mars
Publication du "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes"
C’est à l’occasion d’un concours de l’Académie de Dijon que Jean-Jacques Rousseau compose son premier véritable ouvrage philosophique. A partir du sujet "Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et est-elle autorisée par la loi naturelle ?", il développe une nouvelle théorie de l’état de nature et du contrat social. Opposé à Hobbes, il ne présente pas le contrat social comme facteur de paix mais comme moyen de pérenniser des inégalités injustes.

1761
Rousseau tente de publier son "Contrat social"
Rousseau publie "Du contrat social" mais est immédiatement censuré à Genève comme en France. Approfondissant ses thèses sur l’état de nature de l’homme, il s’attache dans cet ouvrage à réconcilier contrat social et liberté de chacun. Pour être juste, la société doit être gouvernée par tous, chacun doit pouvoir participer au pouvoir. Le contrat doit donc être l’expression de la volonté générale, et Rousseau en appelle en fait à une sorte de démocratie participative. Si les principes développés dans le "Contrat social" de Rousseau ne seront jamais appliqués à la lettre, ils deviendront la base de la pensée politique moderne.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/rousseau_contrat_social.html

1762
Première ébauche du "Neveu de Rameau"
Diderot prend sa plume pour composer les premières lignes de son roman, "le Neveu de Rameau". Sous forme de dialogues (un style que Diderot affectionne particulièrement), le roman réplique à la pièce de Palissot, intitulée "la Comédie des philosophes" et dans laquelle Diderot y est tout bonnement ridiculisé. Dans son oeuvre, Diderot participe également à la querelle des Bouffons, donnant la parole au neveu du compositeur français, Rameau. Il s’agit en fait d’un dialogue philosophique entre ce dernier et le philosophe, au cours duquel sont traités les thèmes de la vie, de la morale, du comportement de l’homme au sein de la société... "Le Neveu de Rameau" ne sera pourtant pas publié du temps de Diderot. Goethe en fera la traduction en 1805 tandis qu’il ne paraîtra en France qu’en 1890.

1769
août
Diderot écrit "le Rêve de d’Alembert"
Denis Diderot rédige un dialogue philosophique intitulé "le Rêve de d’Alembert". Il y met en scène son ancien collaborateur encyclopédiste, Jean Le Rond d’Alembert, Julie de Lespinasse, femme des Lumières érudite et passionnée et un médecin du nom de Bordeu. Les conversations tournent autour de l’origine matérielle de l’univers. Ainsi, Diderot y expose sa théorie développée du matérialisme athée : selon lui, le monde est une unité de matière, un tout sensible qui évolue seul. Aussi, l’homme n’est que le fruit de l’une de ces évolutions. Cet essai, qui suit "l’Entretien entre d’Alembert et Diderot" et qui précède la "Suite de l’entretien", sera publié dans "la Correspondance" de Grimm en 1782, malgré le mécontentement de Julie de Lespinasse.

1772
Parution du "Supplément au voyage de Bougainville"
Diderot s’inspire du "Voyage autour du monde de Bougainville" pour écrire ce nouveau dialogue philosophique. Un Tahitien âgé émet des reproches à l’encontre de Bougainville, lequel espère coloniser Tahiti. À travers ce vieux personnage, le philosophe dénonce aussi bien l’esclavage que la colonisation et défend la liberté. Le discours du tahitien évoque par ailleurs les qualités de la vie naturelle contre les méfaits de la société civilisée. L’auteur fait également l’apologie des mœurs et coutumes tahitiennes, en contradiction avec les interdits religieux et sociaux sur la sexualité des Européens. Le texte de Diderot est d’abord publié discrètement, avant de paraître en volume en 1796.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/diderot_bougainville.html

1781
Kant publie la "Critrique de la raison pure"
Souhaitant rompre avec la métaphysique classique, Kant publie un ouvrage qui va profondément modifier la philosophie : "Critique de la raison pure". Kant souhaite réconcilier la raison et la sensibilité tout en délimitant fermement le domaine de connaissance et en différenciant les facultés de l’homme. Il montre que les existants ne sont pas perçus en soi mais comme des phénomènes, autrement dit, que nous appréhendons les objets via nos facultés et que cela nous interdit de les percevoir tels qu’ils sont en soi. Il donne ainsi naissance à l’idéalisme allemand.

1791
11 juillet
Voltaire au Panthéon
Treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: "Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre."

1794
11 octobre
Les cendres de Rousseau sont transférées au Panthéon
Utilisé à tort et à travers par les Révolutionnaires et contre-révolutionnaires, Jean-Jacques Rousseau entre finalement dans le Panthéon tandis qu’un hommage national lui est rendu. En fait, au-delà des utilisations politiciennes, les thèses de Rousseau, et notamment le "Contrat social", ont une véritable influence sur les pensées politiques de l’époque. En effet, la notion d’intérêt commun développée par Rousseau revient souvent au centre des préoccupations républicaines françaises. Comme tout penseur, sa philosophie est difficilement réductible à un système existant. La pensée de Rousseau restera très polémique, jusqu’à nos jours, certains n’hésitant pas à établir une filiation – très contestée – entre Rousseau et le totalitarisme.

1807
Publication de la "Phénoménologie de l'esprit"
Décidé à dépasser l’interdit Kantien de connaître les choses en elles-mêmes, l'en soi, Hegel publie l’ouvrage dialectique "Phénoménologie de l’esprit ". Kant a montré qu’il n’est pas possible d’accéder aux choses mais que l’homme ne pouvait en avoir que des représentations. Hegel cherche à démontrer le contraire en s’appuyant sur la dialectique : chaque connaissance permet de voir naître une autre connaissance qui, sous un aspect contradictoire, est en fait le prolongement de la première. Il prend ainsi la métaphore de la fleur qui est à la fois la négation du bouton et son prolongement, de même pour le fruit vis-à-vis de la fleur. La pensée de Hegel aura beaucoup d’influence au XIXème, notamment sur Marx.

1843
Kierkegaard publie "Crainte et tremblement"
Sören Kierkegaard publie l’un de ses principaux ouvrages ; "Crainte et tremblement" expose le choix d’un homme, ici Abraham, entre la foi et l’éthique. Lorsque Yahvé lui demande de sacrifier son fils, Abraham doit en effet choisir entre accomplir la volonté divine ou respecter une certaine « éthique » générale qui interdit à un homme de tuer sa progéniture. Kierkegaard expose ainsi une réflexion qui influencera grandement les existentialistes et la philosophie moderne.

1849
9 février
Marx expulsé d'Allemagne
Après quelques semaines d’emprisonnement, Marx est finalement acquitté par la justice mais immédiatement expulsé d’Allemagne. Ses écrits dans "La Nouvelle gazette Rhénane" ainsi que la publication anonyme du "Manifeste du parti communiste" lui avaient valu d’être arrêté pour incitation à l’insurrection armée. En effet, les insurrections du Printemps des peuples datent de la même période et Marx appelait à renverser le régime capitaliste. Parti pour la France, Marx n’y restera pas longtemps : il devra s’exiler en Angleterre un mois plus tard.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/marx_manifeste.html

1872
Nietzsche publie "La naissance de la tragédie"
Friedrich Nietzsche publie à 26 ans "La Naissance de la tragédie", son premier essai philosophique. Depuis la "Poétique" d’Aristote, qui fut notamment le fondement théorique de la tragédie classique, c’est le premier ouvrage philosophique majeur consacré à ce genre théâtral. Nietzsche présente la tragédie et l’art comme un travail d’opposition et de réconciliation entre les deux figures divines de Dionysos et d’Apollon. Tandis que l’un représente l’ivresse et l’instinct, l’autre est l’image de la connaissance rationnelle et de la contemplation.

1901
Husserl établit ses conceptions de la phénoménologie pure
Le philosophe publie "Recherches logiques", ouvrage dans lequel il expose ses théories phénoménologiques notamment en ce qui concerne les mathématiques. Selon lui, les structures logiques ne peuvent pas se réduire uniquement aux fonctionnements de la pensée. Husserl soutiendra par la suite qu’il est impossible de dissocier l’objet et la conscience, car cette dernière est toujours "conscience de quelque chose". Il se plaira alors à analyser la relation entre ces deux entités. Ainsi, l’objet ne provoque pas une simple représentation imaginaire dans la conscience, mais y fait bel et bien surgir toute une subjectivité liée à un vécu, à une expérience. Par la suite, le philosophe poursuivra ses analyses et fera évoluer ses conceptions de la phénoménologie, notamment dans "Idée directrice pour la phénoménologie pure" (1913) et dans "Logique formelle et logique transcendantale" (1929).

1906
16 février
Alain fait paraître ses premiers « Propos »
Grand philosophe, Alain offre un nouveau genre à sa discipline en publiant des essais dans la presse. Les premiers paraissent dans la Dépêche de Rouen et s’intitulent « les Propos d’un Normand ». En s’appuyant sur ses talents de journaliste, il propose des études philosophiques sur des faits et événements de tous les jours. Il rédigera de nouveaux propos pour la Nouvelle revue française quelques années plus tard. Après sa mort, ces écrits seront considérés comme l’œuvre majeure du philosophe et publiés dans un même ouvrage.

1911
26 novembre
Paul Lafargue met fin à ses jours
Ne souhaitant pas subir les affres de la vieillesse, Paul Lafargue se donne la mort avec sa femme. Marié à une fille de Marx, cet intellectuel fût l’un des principaux penseurs socialistes français. Il est notamment l’auteur du pamphlet "Le droit à la paresse" où il dénonce l’aliénation du système capitaliste par le travail.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/lafargue_droit_paresse.html

1927
8 décembre
Bergson reçoit le prix Nobel de littérature
Bergson reçoit le prix Nobel de littérature qui récompense l’ensemble de son œuvre philosophique. Penseur du vivant, Bergson a développé une nouvelle conception de la conscience et a notamment travaillé sur la notion de durée qu’il oppose au temps scientifique. La métaphore du sucre dont on doit attendre qu’il fonde est d’ailleurs célèbre : il évoque l’impossibilité de découper le temps qui est continuité. Reprochant à la philosophie de ne pas être assez précise et de se perdre dans de faux problèmes, il reformula de nombreuses questions.

1945
29 octobre
Sartre défend l'humanisme de l'existentialisme
Sartre défend au club Maintenant l’existentialisme face aux critiques formulées par les marxistes et les chrétiens. Vulgarisant sa pensée, Sartre s’attache à décrire l’homme comme n’ayant pas d’essence et se constituant par ses choix. Il résume cette pensée dans la célèbre phrase : "l'existence précède l’essence". L’homme existe mais ne se donne une essence que par ses actes. Il est donc responsable de ces derniers et jouit d'une grande liberté.

1975
4 décembre
Mort d'Hannah Arendt
Hannah Arendt s’éteint à New York. La philosophe d’origine juive a marqué la modernité par ses écrits sur le totalitarisme et sur la culture politique contemporaine. Née en Allemagne et ayant étudié dans ce pays lors de la montée du nazisme, la philosophe s’est particulièrement attachée à son fonctionnement et a analysé ce qu’elle nomme la banalité du mal dans "Eichmann à Jérusalem".

1980
15 avril
Décès de Jean-Paul Sartre
Jean-Paul Sartre s’éteint à Paris, à l’âge de 74 ans. Plusieurs dizaines de milliers de personnes assisteront à ses funérailles. Simone de Beauvoir raconte sa disparition dans "la Cérémonies des adieux", publié en 1981. Six ans plus tard, elle sera inhumée près de lui, au cimetière Montparnasse.

1986
14 avril
Décès de Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir décède à l’âge de 78 ans, laissant dans son sillage les éléments fondateurs du mouvement féministe. Elle sera enterrée près de Jean-Paul Sartre, au cimetière Montparnasse, à Paris.

1994
30 novembre
Guy Debord met fin à ses jours
L’écrivain et cinéaste Guy Debord se suicide et laisse derrière lui une œuvre majeure dans la société française du vingtième siècle. Auteur de « La société du spectacle », paru en 1967, il fut aussi l’un des fondateurs de l’Internationale Situationniste en 1957. Sa pensée et celle de cette organisation proposaient un marxisme libertaire qui a fortement influencé mai 1968.

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/debord_societe_spectacle_1.html

2002
23 janvier
Décès de Pierre Bourdieu
Le sociologue français Pierre Bourdieu s’éteint à Paris, rongé par le cancer. Il s’est fortement impliqué dans la vie politique et sociale française, publiant de nombreux ouvrages souvent étudiés dans les universités. Il a d’ailleurs longtemps enseigné au Collège de France, faisant bénéficier ses élèves de ses grandes réflexions sociologiques sur tous les domaines du monde moderne.

2002
24 novembre
Mort du philosophe John Rawls
Le philosophe américain John Rawls s’éteint à Lewiston. Il s’était fait connaître par son ouvrage "Théorie de la justice." Celui-ci propose un nouveau développement du concept de contrat social développé essentiellement par les philosophes des Lumières. Sa théorie libérale de la justice, plutôt perçue comme à "gauche", marquera fortement la philosophie du XXème siècle.
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