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 Les "religions" de Babylone la Grande.

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Arlitto
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MessageSujet: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 20:48

Les croyances de l'antique Babylone :



La Babylone antique

Bible:

Jérémie 51:6
"Fuyez du milieu de Babylone."

Jérémie 51:7
"Les nations ont bu de son vin, c'est pourquoi les nations continuent d'agir follement."

Jérémie 51:28, 29
"Sanctifiez contre elle les nations, les rois de Médie, ses gouverneurs et tous ses chefs adjoints et tout le pays de la domination de chacun. Que la terre tremble et soit dans une violente douleur, car c’est contre Babylone que se sont dressées les pensées de Jéhovah, pour faire du pays de Babylone un objet de stupéfaction, sans habitant."

Jérémie 51:49
"Non seulement Babylone a été la cause pour que tombent les tués d’Israël, mais encore à Babylone sont tombés les tués de toute la terre."

Jérémie 51:63
"Lorsque tu auras achevé de lire ce livre, tu y attacheras une pierre et tu devras le lancer au milieu de l’Euphrate. Et tu devras dire : 'C’est de cette façon que Babylone s’enfoncera et ne se relèvera plus à cause du malheur que je fais venir sur elle ; et à coup sûr ils s’épuiseront.' "


N.T :

Babylone la Grande dans le livre de la révélation "apocalypse"


Révélation 18:4
"Sortez d’elle, mon peuple..."

Révélation 18:17
"...ceux qui habitent la terre se sont enivrés du vin de sa fornication."

Révélation 17:16
"Et les dix cornes que tu as vues, et la bête sauvage, celles-ci haïront la prostituée et la rendront dévastée et nue, et mangeront ses chairs et la brûleront complètement par le feu. Car Dieu leur a mis au cœur d’exécuter sa pensée, oui d’exécuter leur seule pensée en donnant leur royaume à la bête sauvage, jusqu’à ce que les paroles de Dieu se soient accomplies."

Révélation 18:24
"Oui, chez elle on a trouvé le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qu’on a tués sur la terre."

Révélation 18:21
"Et un ange vigoureux a soulevé une pierre semblable à une grande meule et l’a jetée dans la mer, en disant : “ Ainsi, d’un coup, sera jetée Babylone la grande ville, et jamais plus on ne la trouvera."


Taureau androcéphale ailé
En Assyrie, des taureaux androcéphales gardaient les portes des palais et des villes. Ces animaux extraordinaires étaient constitués d'un corps de taureau, d'une paire d'ailes et d'un visage humain. Ils portaient des tiares entourées d'une ou plusieurs paires de cornes. Taillés dans la pierre, ces bêtes fabuleuses étaient des génies bienveillants, protecteurs des villes assyriennes. Ils pouvaient mesurer plus de quatre mètres de haut. Les taureaux androcéphales sont une caractéristique de l'art assyrien durant le Ie millénaire avant notre ère.
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Arlitto
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 20:54

"Sortez d'elle, mon peuple, si vous ne voulez pas participer avec elle à ses péchés, et si vous ne voulez pas recevoir votre part de ses plaies." Révélation 18:4.


Zigourrat et la Tour de Babel

À Ur, en Mésopotamie, un des édifices les plus imposants était la ziggourat, sorte de tour bâtie en briques séchées, haute de plusieurs étages, et surmontée d'un temple. La tour de Babel (dans la cité de Babylone) devait avoir une structure semblable. De la ziggourat d'Ur, seuls les étages inférieurs ont été reconstitués.



Bible :

Genèse 11:11 1 Tout le monde parlait alors la même langue et se servait des mêmes mots. 2 Partis de l'est, les hommes trouvèrent une large vallée en Basse-Mésopotamie et s'y installèrent. 3 Ils se dirent les uns aux autres : « Allons ! Au travail pour mouler des briques et les cuire au four ! » Ils utilisèrent les briques comme pierres de construction et l'asphalte comme mortier. 4 Puis ils se dirent : « Allons ! Au travail pour bâtir une ville, avec une tour dont le sommet touche au ciel ! Ainsi nous deviendrons célèbres, et nous éviterons d'être dispersés sur toute la surface de la terre. »

La plus célèbre des ziggourats est celle de Babylone. Grâce au récit Genèse 11, son souvenir a traversé le temps. Dans la Bible, elle est nommée : "Tour de Babel". Le récit de la Genèse, nous raconte qu'au temps où les hommes parlaient la même langue, ils se dirent : "Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touchera le ciel".


GENÈSE 11
"La terre entière se servait des mêmes mots. Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : "Allons ! Moulons des briques et cuisons les au four." Les briques leur servirent de pierre et le bitume leur servit de mortier. "Allons ! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nm afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre."

Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. "Eh, dit le Seigneur, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première oeuvre ! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera accessible ! Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres !" De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le Seigneur brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le Seigneur dispersa les hommes sur toute la surface de la terre."
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 20:59

dieux et cultes-panthéon


Triade divine : Aglibol, BaalShamin, Malakbêl.

Nabu (Nabo, Nabou)

Le dieu Nabou, originaire de Babylonie, était le fils de Bel-Marduk. Nabou était le dieu dont la mission était d’inscrire l’avenir de l’humanité, avenir décidé lors de l’assemblée des dieux au moment de la fête du Nouvel An. Il était également le patron des scribes, car lui-même écrit le destin des hommes. Il devint populaire en Assyrie au cours du premier siècle avant l’ère chrétienne. On le considérait comme un dieu sauveur, et on l’associait au dieu Ea, d’origine sumérienne, vénéré en tant que dieu de la sagesse. Dieu jeune, beau et musicien, il est parfois associé à 1’Apollon grec. Le serpent et le scorpion font partie de ses attributs.

Baal Shamîn

« Le Seigneur des Cieux très hauts ». Dieu de l’orage et des pluies fertilisantes, identique à Hadad dont le culte est commun à toute la Syrie. C’est le dieu suprême comme Bêl, mais il est plus proche des humains. Introduit à Palmyre à partir des ports phéniciens par les caravanes, il est déjà présent à Emèse dès le IXe siècle avant J.-C. Il devient populaire à Palmyre avec l’influence romaine. Au IIe siècle, on le désigne le plus souvent par les épithètes « Grand et Miséricordieux » sans préciser le nom du dieu.

Allath

La déesse, appartient au panthéon arabe de la Mecque pré-islamique et au panthéon nabatéen. Divinité de la fertilité, comme l’Atargatis syrienne, c’est aussi la déesse étoile (Vénus) qui guide les caravanes la nuit. Elle prend un aspect guerrier à Palmyre en étant associée, à la fin IIIe siècle, à l’Athéna grecque.


Arsu

Dieu arabe des chameliers, protecteur des caravanes, connu sous le nom de Ruda dans la langue araméenne.

Shadrafa

Celui qui guérit. Présent un peu partout au Proche-Orient dés le VIe siècle avant J.-C., il a, à Palmyre, un temple qui n’a pas encore été retrouvé.


Iarhibol

Le seigneur Soleil que l’on voit souvent en compagnie de Bêl ou Baal Shamin. I1 est représenté avec l’astre Soleil comme nimbe ou sous l’aspect d’un aigle.

Aglibol

Le seigneur Lune accompagne généralement Bêl et Iarhibol. Lui aussi possède un nimbe signifiant la Lune et un aigle comme attribut.

Malakbel

Il est le véritable dieu de Palmyre, son protecteur. Souvent cité, il est également présent au côté de Baal Shamin et Aglibôl. A Palmyre, il participe à la création du monde en aidant Bêl dans son combat contre Tiamat, l’eau primordiale et terrible
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:32

Processions, sacrifices et banquets rituels


Palmyre, temple de Bêl : scène de procession

Palmyre était divisée en quatre tribus, dont chacune était propriétaire d’un des quatre principaux sanctuaires de la ville : temple de Baal-Shamîn, temple d’Aglibol, temple d’Arsou et temple d’Artémis. Le grand sanctuaire de Bêl constituait quant à lui une sorte de panthéon national, symbole d’unité de la cité d’où la signification toute symbolique de son financement par l’empereur Tibère.


Palmyre : cella du temple de Baal-Shamin.

La cella du temple est inaugurée en 130 à l’occasion de la visite d’Hadrien, mais la construction a débuté vers l’an 20 apr. J.-C.

A l’origine, il s’agit d’un complexe architectural comprenant trois cours à portiques, une salle de banquet et la cella proprement dite. De celle-ci, ne demeurent que le pronaos et le naos. La cella est un petit édifice de quinze mètres de long sur dix mètres de large. Les six colonnes à chapiteaux corinthiens, qui entourent le pronaos, comportent des consoles pour les statues et des inscriptions. La disposition interne est particulièrement originale. Le naos est divisé en trois thalamos avec un décor en trompe-l’oeil de fausses portes et de fausses fenêtres.

Le sanctuaire d’Allath

Dédié à Allath, le temple a été fondé entre 103 et 164 apr. J.-C. L’édifice devait avoir un aspect semblable à celui du temple de Baal-Shamîn : un portique à colonnes cannelées entoure une cella précédée d’un pronaos à six colonnes. Dans le temenos, on a retrouvé la grande statue, datée de l’ère chrétienne et haute de 3,5 mètres, à tête de lion,

La ville s’animait à certaines occasions de processions et cortèges, ce qu’illustre la fameuse scène d’une poutre du péristyle du temple de Bêl : un chameau portant une tente d’où paraît dépasser un bétyle est conduit par un personnage qui suit un poulain ; deux femmes voilées les accompagnent, le groupe ainsi constitué défilent devant quatre personnages faisant le geste de bénédiction.


Palmyre. Scène de banquet funéraire

L’essentiel des cultes était constitué, pour les rites ordinaires, de sacrifices d’encens que l’on brûlait dans des pyrées situés sur la toiture du temple, comme dans le temple de Bêl. Pour les rites exceptionnels, on pratiquait des sacrifices d’animaux (moutons, chèvres, chamelons) brûlés en holocauste dont seules étaient prélevées les entrailles. Ces pratiques, typiquement sémitiques, peuvent être rapprochées des rituels pratiqués à Pétra sur les hauts-lieux.

De même, comme à Pétra, on pratiquait des banquets sacrés avec des participants en nombre limité. L’admission y était subordonnée à la détention de jetons, appelés tessères, en terre cuite de forme rectangulaire ou bien s’apparentant à des pièces de monnaie. Dans ces banquets, les fidèles partageaient le vin, le pain et la viande comme dans les thiases du culte dionysiaque.[size=150] On a identifié l’emplacement de tricliniums découverts dans le temple de Baal-Shamîn et celui de Bêl. Les défunts étaient honorés régulièrement par leurs proches lors de banquets funéraires qui se déroulaient dans la tombe même. Sur ce point aussi, l’on retrouve des pratiques cultuelles similaires à celles de Pétra.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:36

Panthéon


Carrefour des routes caravanières, carrefour de peuples et ancienne cité qui connut de multiple influences tout en préservant toujours une certaine autonomie,Palmyre dispose d’un panthéon très varié, composé de dieux d’origine babylonienne, phénicienne, sémite, perse, palmyrénienne et grecque. [/color]

On a pu ainsi recenser une soixantaine de dieux qui étaient vénérés par ses habitants dans des sanctuaires campagnards de la Palmyrène, commeAbgal (honoré), Ma’an, Ashar et Ashad (le lion), Azzu (fort) et Mu’nim (bienveillant), des divinités qui portaient des qualificatifs que l’on retrouvera parmi les nombreux épithètes d’Allah.

Leur assimilation avec les dieux gréco-romains est hasardeuse, sauf dans le cas de la déesse Allath, car on a retrouvé dans son temple une statue en marbre d’Athéna d’après le modèle de Phidias.


Panthéon babylonien

Les divinités les plus populaires sont Nabou, Mardouk-Bel, Ishtar-Innin, Anou, Shamash et Sîn. Chacun a son nombre mystique qui indique son ordre numérique dans le panthéon des divinités ; chacun a une représentation symbolique que l’on retrouve sur les sceaux cylindres et sur les monuments. Les dieux secondaires représentent les forces animistes présentes dans la nature ainsi que les divinités protectrices personnelles, les esprits qui œuvrent dans l’imagination quotidienne des citoyens babyloniens.

Les dieux babyloniens étaient conçus à l’image des hommes et rarement, voire jamais, représentés sous un aspect qui n’était pas anthropomorphe. Les cultes de Mardouk et d’Ishtar comprenaient des cérémonies dont le déroulement s’apparentait à de véritables petites scènes transposables dans la vie quotidienne : scènes de jalousie, scènes de famille...[/i]

Ishtar

Nom sémitique courant de la Grande Déesse mésopotamienne, appelée aussi Asherah, et Ashtart chez les Phéniciens. Ishtar “la bienveillante”, mâle en tant que divinité du matin et femelle en tant que déesse du soir, est tantôt fille d’Anou et tantôt fille de Sîn. Déesse de la guerre et déesse de la volupté, elle est la sœur de Shamash, dieu de la lumière, et en même temps d’Ereshkigal, la divinité du monde infernal. Elle était adorée à Ourouk, où son culte supplantera celui de son père Anou, Fille de Sîn, elle a pour emblème une étoile ; déesse guerrière, debout sur un ou deux lions, elle porte le carquois ; d’une main elle tient une arme courbe et de l’autre un sceptre. Son temple à Babylone s’appelait l’Etourkalama, la « maison qui est la bergerie du pays ». Les cérémonies qui s’y déroulaient avaient une forte connotation érotique et semblaient plutôt liées à la prostitution sous ses formes sacrée et profane.

Chez les Assyriens, elle revêtait deux visages bien différent. Elle était d’abord la déesse de l’amour et du sexe sans être cependant ni la patronne du mariage ni la déesse-mère. Sa personnalité a vraisemblablement absorbé d’autres déesses. Elle incarne la femme par excellence : belle, voluptueuse mais aussi versatile, perfide et sujette à la colère. Ses amants sont sans nombre, demi-dieux comme Dumuzi ou simples mortels qu’elle séduit avant de les rejeter aux Enfers en les transformant en animaux répugnants. Elle disposait de deux sanctuaires très renommés, celui d’Arbèles et surtout celui de Ninive. Elle était ensuite la déesse de la guerre, qui assistait le roi et marchait à ses côtés. Cet aspect belliqueux lui vaut d’être représentée debout sur un lion ou une lionne brandissant un poignard à lame courbe (harpè).


Parèdre du dieu Bêl dans le panthéon ouest-sémitique, c’est pour elle que l’on pratique, sur les hauts lieux , la prostitution sacrée, qui vise, à accroître, par analogie, la fertilité du sol et la fécondité des troupeaux. Les Grecs l’assimileront à Aphrodite.

Bêl

Principale divinité de Palmyre, ce que traduit la monumentalité de son temple. Son nom est emprunté à Bêl-Marduk de Babylone mais il s’agit en fait d’une divinité autochtone, Bôl, à rapprocher du Baal phénicien, qui signifie « maître ». Il est vénéré dès le Ier siècle av. J.-C représenté sous la forme d’un astre ou d’un aigle aux ailes déployées, ou encore d’un dieu soldat.


Aphrodite

Selon la tradition, elle serait née à Chypre de l’écume marine fécondée par le sang d’Ouranos. C’est la déesse du sexe et de la procréation, apparentée aux grandes déesses orientales de la fécondité. Mère d’Eros, elle est pourtant étrangère à la sphère familiale et conjugale car elle incarne la dimension incontrôlable de la sexualité et de la passion dévastatrice et fatale. De ses unions illégitimes naîtront Eros (dieu du désir amoureux) et Hermaphrodite.

C’est elle qui inspire à Zeus ses infidélités conjugales. Zeus en retour la récompense en lui faisant rencontrer le beau prince troyen Anchise, de leur union naîtra Enée. C’est aussi elle qui est à l’origine de la guerre de Troie puisqu’elle a promis la main d’Hélène à Pâris. Durant cette même guerre, elle soutient les Troyens, après leur défaite elle protège Enée dans sa fuite vers l’Italie. Elle persécute toutes ses rivales comme Psyché ou Myrrha.

Ses attributs sont les coquillages, qui rappellent sa naissance marine, un ruban magique et un char tiré par des colombes ou des cygnes. Les fruits comme la pomme et la grenade lui sont associés, comme symboles de la fécondité, ainsi que des fleurs comme la rose et le pavot, comme symboles de la beauté.

Ses sanctuaires principaux étaient à Paphos, dans l’île de Chypre, à Cythère et à Corinthe.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:37


Représentation du dieu Shamash

Shamash

Shamash était le dieu-Soleil en Mésopotamie, appelé Babbar chez les Sumériens. Il est avant tout le juge suprême dont les enfants sont Kittou et Mesharou, la justice et le droit. On le considérait comme le dieu de la justice, car de sa position dans le ciel il pouvait voir tout ce qui se passait sur la terre. C’est probablement pour la même raison qu’on le considérait aussi comme le dieu qui connaissait l’avenir et qui pouvait le révéler à l’humanité au moyen des entrailles d’un mouton sacrifié. Ce rôle l’impliquait directement dans les décisions politiques et sociales prises par les rois. Il dicte lui-même aux rois les lois équitables. Son symbole est un disque orné d’une étoile à quatre branches séparées par des faisceaux de rayons ondulés. Il est caractérisé sur des monuments et des cylindres par des flammes qui s’élèvent au-dessus de ses épaules.

Sîn, Souen

Dieu lune des Babyloniens, assimilé à Nanna. Epoux de Ningal, c’est le père de Shamash et d’Ishtar. Sîn mesure le temps et c’est à lui de faire se terminer dans les soupirs et dans les larmes les jours, les mois et les années des rois coupables. Son symbole est le croissant lunaire. [/size]Ses villes saintes étaient Ur, où il est honoré sous le nom de Nanna et Harran, d’où son culte s’est répandu dans les pays araméens.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:38



Carrefour de l’Orient

En raison de sa position géographique avantageuse, Palmyre devint une importante étape pour les caravanes de chameaux et d’ânes qui transportaient des denrées de luxe (épices, perles, pierres précieuses, soie) depuis l’Inde, la Chine et l’Arabie vers les ports de Tyr et de Sidon sur la côte méditerranéenne. Les grandes routes commerciales qui partaient de Palmyre étaient les suivantes : d’abord celles de Doura-Europos, de Circésium, de Vologésias, de Suza, sur l’Euphrate, qui permettaient aux caravanes de remonter vers la Haute Mésopotamie et de communiquer avec les Indes par la Babylonie et le Golfe Persique ; puis la route Palmyre-Emèse-Antioche qui assurait les relations avec l’Asie Mineure et la Grèce ; enfin celle de Palmyre-Jérusalem-Pétra, prolongée sur la Mer Rouge et l’Égypte, qui permettait aux habitants de Palmyre d’entretenir d actives transactions avec les Nabatéens.

Selon Appien, Palmyre "cherchait en Perse les produits de l’Inde et de l’Arabie pour les revendre chez les Romains". La conquête par Pompée du territoire qui deviendra la future province romaine de Syrie conduira par ailleurs à détourner le commerce caravanier de Pétra vers Palmyre qui de fait attira vers elle seule tout le commerce de l’Orient. Ce que confirment les nombreux caravansérails antiques dont les ruines ont été repérées par photos aériennes au nord et à l’ouest de la ville.

Arabie antique


Dans l’Antiquité, le terme désigne tous les pays habités ou parcourus par les Arabes, c’est à dire non seulement la péninsule arabique mais aussi les régions comprises autour de la mer Morte, de la mer Rouge et de l’Euphrate. Mais cela ne signifie pas pour autant que les peuples qui habitent ces contrées appartiennent précisément aux groupes ethniques qui seront ultérieurement désignés comme « arabes ». L’expression « arabe » désigne alors souvent plus un mode vie spécifique qu’un groupe ethnique distinct.

La Bible distingue deux types de population arabe : les premières descendent de Cham, mentionnées sous le vocable de Saba, Hawilah, Sheba et Dedan, les secondes descendent de Sem et sont apparentées avec les Israélites par leur ancêtre commun Abraham. L’Ancien Testament distingue l’Arabie du sud (celle de la reine de Saba d’où proviennent les aromates, l’encens, la myrrhe, l’or et les pierres précieuse) de l’Arabie du nord vivant de l’élevage du bétail.

les textes assyriens

Les annales assyriennes mentionnent un royaume de Qédar (oasis de Duma) en Arabie du nord dès le VIIIe siècle. Dans les textes décrivant la bataille de Qarqar (853 av. J.-C.), il est mentionné que « Gindibu’ du pays d’Arba » dirigeait un contingent de 1000 hommes montant des chameaux. Parmi les tributaires de Teglat-phalasar III l’on trouve trace d’une certaine Zabibi « reine des Arabes ». Puis sous le règne de Sargon, sont mentionnés « Samsi, reine du pays d’Aribi » et « It’amra du pays de Saba’a ».

Sennacherib fit campagne contre des nomades menés par Hazael, « roi de Qedar », et Te’elhunu, « reine des Arabes ». Le premier fut maintenu en place, mais soumis à un lourd tribut tandis que la seconde fut déportée en Assyrie. Après la prise de Babylone en 689 av. J.-C., le roi de Saba, nommé Karib’il, envoya des aromates et des pierres précieuses à Sennacherib.

Les images divines que Sennacherib avait emportées en Assyrie furent restituées par Assarhaddon à Hazael. A la mort de celui-ci, Assarhaddon confirma son fils comme successeur et l’aida à écraser une rébellion. Yautha‘ s’étant rebellé à son tour, les Assyriens déportèrent une nouvelle fois à Ninive les statues de ses dieux. Pour envahir l’Égypte, Assarhaddon dut traverser le désert du Sinaï et sollicita à cette occasion l’aide des Arabes occidentaux.

Durant le conflit qui opposait Assurbanipal à son frère Shamash-shum-ukin, roi de Babylone, Yautha‘ attaqua les royaumes jordaniens vassaux des Assyriens mais il fut vaincu. Dans le même temps, des Qédarites, mené par Abyatha‘ et son frère, prirent le parti des Babyloniens révoltés contre la tutelle assyrienne, vaincus ils se réfugièrent dans Babylone. Lors de la chute de Babylone en 689, Assurbanipal gracia Abyatha‘ et le nomma roi de Qadar à la place de Yautha‘.

Entre 641 et 638, les Assyriens matèrent la révolte de la confédération de Atarsamain, regroupant différentes tribus qédarites, qui avait lançé un raid contre les territoires syriens sous tutelle assyrienne.


Stèle funéraire - Albâtre - Yemen - IIIe siècle av. J.-C



L’Arabie romaine


En 106, l’Arabie fut facilement conquise par les légions roamines dirigées par Cornelius Palma. Cette conquête était un préalable à la guerre que Trajan projetait contre les Parthes. La légion pris ses quartiers près de Bosra, devenue capitale de la nouvelle province romaine. Compte-tenu du caractère extrêmement mobile de l’adversaire parthe, les unités de cavalerie et les archers y tenaient une place prépondérante.

Le limes romain dans cette région était alors une zone très floue : au-delà de la province proprement dite, sous administration romaine, s’étendait la zone des oasis de Djawf et du Hedjaz, vaguement contrôlée, puis un vaste territoire courant jusqu’au golfe Persique parcourut par quelques patrouilles. Outre, la menace parthe, il fallait constamment surveiller les nomades toujours prêts à piller les récoltes des sédentaires et les caravanes.

La province s’organisait autour d’un axe majeur, l’ancienne route royale rebaptisée via nova Traiana, qui reliait la Syrie à la mer Rouge. Elle était protégée par un réseau de tours et de forts bâtis dispersés dans la Décapole et complété par des petites fortifications permettant de contrôler les oasis et garantissant la logistique des patrouilles du désert.

L’économie de la province prospérait en partie grâce à la culture du blé sur le plateau du Hauran mais surtout grâce au commerce caravanier qui atteignait l’Arabie méridionale et au commerce international, ouvert vers l’Éthiopie, l’Inde et même la Chine, via les ports de Leukè Komè, sur la mer Rouge, et Charax sur le golfe Persique.


Tête d’homme - Albâtre - Yemen - Ier siècle av. J.-C.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:43

Sîn / Nanna



Nanna (r) chez les Sumériens ou Sîn, pour les Akkadiens. C’est le nom du dieu de la Lune des Mésopotamiens. Fils d’Enlil, ou de Marduk, il est aussi le protecteur des bergers.

D'après les donnés de l'épopée babylonienne, Sin, le fils de Marduk et implorant sa protection, est moins important que son père et il occupe un rang inférieur dans la hiérarchie céleste. Il n'en fut pas toujours partout ainsi, et Sin, le dieu Lune, semble avoir tenu la place d'honneur dans les adorations des rois primitifs de la Mésopotamie, avant la suprématie de Babylone.

C'était le dieu spécial et tutélaire de la ville d'Ur; les inscriptions des rois de celte ville, qui ont sans cesse embelli et réparé son
sanctuaire, le proclament « le chef, le puissant, le seigneur des Esprits, le roi des dieux, l'étincelant. » A l'époque de l'empire babylonien, au contraire, Sin n'est plus que « le seigneur des trente jours du mois, le seigneur du signe zodiacal, l'architecte, celui qui veille sur la terre »; on lui donne souvent pour frère Adar Sandan, le dieu de la force; dans une légende recueillie par Ctésias,  les deux frères divins se disputent le gouvernement du ciel.  

Toutefois, le caractère astrologique de la religion assyro-babylonienne fait quele dieu, Lune garde toujours un rôle important, soit dans les représentations figurées où son symbole est le croissant, soit dans les prières liturgiques, comme le constate l'hymne suivant où on l'invoque :

Seigneur, prince des dieux, qui seul es sublime clans le ciel et sur la terre! Père, illuminateur, seigneur, dieu protecteur, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur, dieu grand, prince des dieux!
Père, illuminateur, seigneur, Sin, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur d'Ur, prince des dieux!
Père, illuminateur, seigneur du E-Sirgal, prince des dieux!
Père, illuminateur, seigneur, créateur des couronnes, prince des dieux!
Père, illuminateur, qui fais arriver majestueusement la royauté à sa plénitude, prince des dieux!
Père, illuminateur, qui t'avances dans l'appareil de la majesté, prince des dieux!
Luminaire puissant aux cornes vigoureuses, aux membres complètement formés, à la barbe étincelante, splendide quand il remplit son orbe.
Fruit qui se produit lui-même, sortant de son domicile; qui, dans son action propice, n'interrompt pas la gouttière par laquelle il verse l'abondance!
Miséricordieux, qui engendre tout, qui, au-dessus des êtres vivants élève sa demeure étincelante!
Père, miséricordieux et restaurateur, dont la main soutient la vie sur la terre!

Seigneur, ta divinité, comme les creux profonds et la vaste mer, répand une terreur respectueuse!
... de la surface de la terre, développant la rectitude, proclamant sa gloire,
Père, générateur des dieux et des hommes, qui élève sa demeure et fonde tout ce qui est bon. Qui proclame la royauté, qui donne le sceptre suprême, qui fixe les destinées pour les jours
lointains;
chef inébranlable, dont le cour est vaste et n'oublie personne,
... dont les genoux ne se reposent pas, qui ouvre le chemin aux dieux, ses frères,
qui, des fondements au plus haut sommet des cieux s'avance, qui ouvre la porte des cieux, faisant luire la lumière sur le pays des hommes,
Père qui m'a engendré ...
Seigneur qui ordonne ses commandements au ciel et à la terre, dont personne n'enfreint la volonté ...
Dans le ciel, qui est sublime? Toi! toi seul es sublime.
Sur la terre, qui est sublime? Toi! toi seul es sublime.
Toi! ta volonté est proclamé dans les cieux, et les Archanges célestes prosternent leur face. Toi! ta volonté est proclamée sur la terre, et les Archanges de la terre baisent le sol.
Toi! ton commandement retentit en haut comme un vent dans les ténèbres, et il fait germer
la terre.
Toi! ton commandement existe à peine sur la terre, et déjà la végétation est produite.
Toi! ton commandement s'étend sur les lieux habités et les sommets, et il multiplie les êtres vivants.
Toi! ton commandement donne l'existence à la vérité et à la justice; il affermit la vérité parmi les hommes.
Toi! ton commandement, ce sont les cieux reculés et la terre qu'ils couvrent, qui n'oublient personne.
Toi! ton commandement, qui peut l'apprendre? qui peut l'égaler?
Seigneur, dans les cieux est ta seigneurie, sur la terre ton principat; parmi les dieux, tes frères, tu n'as pas de rival.
Roi des rois, qui n'a aucun juge au-dessus de lui, dont aucun dieu n'égale la divinité ... Favorise la ville d'Ur, ô dieu! favorise-la!
que l'épouse ... heureuse, ô seigneur! puisse implorer de toi la paix! que l'époux ... ô seigneur, puisse implorer de toi la paix!
que les Archanges célestes ... ô seigneur, puissent implorer de toi la paix!
que les Archanges de la terre ... ô seigneur, puissent implorer de toi la paix!


Le caractère sidéral du dieu Sin qui ne cessa d'être honoré dans nombre de sanctuaires, en Mésopotamie et en Syrie, longtemps après la chute de Babylone, est particulièrement mis en relief dans ce passage de la grande épopée babylonienne où il est désigné sous le nom de Nannar « le brillant, le lumineux » Il fit briller Nannar (la lune), il l'attacha à la nuit, et il lui fixa le temps de ses phases nocturnes qui déterminent les jours, pour le mois entier sans interruption il établit quelle serait la forme de son disque.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:47

Inanna / Ishtar


Inanna (= Dame du Ciel, ou Dame de An (son père ou époux), en sumérien) / Ishtar (en akkadien), parfois appelée Bêlet (= la Souveraine) - Déesse composite de la guerre et de la discorde à Sumer, et de l'amour et de la volupté dans l'espace sémitique. Initialement célébrée à Uruk, sont culte se répand ensuite partout (grands temples à Ninive, Arbèles et Kalah). On l'associe couramment à la planète Vénus (et elle sera d'ailleurs plus tard assimilée par les Grecs à leur déesse Aphrodite (via sa version assyrienne Astarté), et par les Romains à leur Vénus).

Un récit mythologique décrit sa descente aux Enfers où elle est retenue prisonnière. Pour s'en évader, elle conclut un marché qui laisse son amant Dumuzi / Tammuz captif à sa place. On a vu dans ce mythe une évocation de la planète du cycle de la planète Vénus, qui d'étoile du soir devient étoile du matin après sa disparition. Le même type d'interprétation a été donné par A. Aveni au mythe aztèque de Quetzalcoatl.

L'élément passif et féminin dans le panthéon assyro-babylonien est, comme dans toutes les religions de l'Asie occidentale, représenté par une foule de divinités femelles qui dérivent les unes des autres et ne sont, au fond, que les manifestations diverses de la même déesse qui change de noms et d'attributs, suivant qu'on l'envisage comme divinité sidérale, terrestre ou infernale, ou comme épouse de tel ou tel dieu, car chaque dieu a une compagne.

En assyrien, on l'appelle généralement Ishtar, mot d'où est dérivé le nom d'Astarté; ses deux temples les plus célèbres sont ceux de Ninive et d'Arbèles où elle était représentée sous les deux principaux aspects de sa multiple nature; on invoque constamment, comme deux divinités parèdres, « Ishtar de Ninive » et « Ishtar d'Arbèles ».

En Basse-Mésopotamie, c'est à Uruk ou Erech qu'il faut chercher l'origine de son culte; on l'honore sous le nom de Nanâ. Nabuchodonosor appelle Nanâ ou Anna, « la mère d'Uruk, la dame d'Uruk, » et il restaure son vieux temple nommé en suméro-akkadien le E-Anna ou E-hili-Anna, « la demeure d'Anna » ou « la demeure de la splendeur d'Anna ». Le nom d'Anna ou Anat qu'on lui donne, est le féminin d'Ana, et il a formé le grec Anaïtis, comme Nana a formé pour les Grecs Nanaea. Pour désigner la même divinité on emploie encore les noms de Malkit, Anunit, Zarpanit, Belit, Allat, et d'autres moins usuels.

Elle est Belit quandon l'invoque comme reine des dieux et des hommes, maîtresse de l'univers organisé; Damkina, envisagée comme souveraine des ondes; épouse du dieu-poisson, dans lequel se personnifie Êa, l'intelligence divine; Ishtar, à la fois comme guerrière, « reine des batailles » et déesse des amours, épouse de Dumuzi ou Tammuz, le jeune dieu lumineux ravi à la fleur de l'âge, enfin comme présidant à la planète Vénus; Zirbanit ou Zarpanit, comme formatrice des germes,  déesse de la fécondité chez les êtres animés; génératrice, Muallidat (Mylitta), honorée par les prostitutions sacrées de Babylone; Anunit, comme « l'étoile du fleuve Tigre », comme la planète Vénus en tant qu'associée conjugalement au Soleil; Gula, comme lune, et par suite triforme,et se confondant avec Sin; enfin Allat comme déesse chthonienne et funèbre, reine des enfers On la représente comme l'épouse de Bel-Marduk, comme l'épouse de Shamash, comme l'épouse de Adar-Sandan. De même que Hécate chez les Grecs, elle change de nom avec les phases de la lune croissante, pleine et décroissante; aussi avait-elle à Borsippa trois sanctuaires a la fois, réunis dans une même, enceinte : « le grand temple, le temple de la vie et le temple de l'âme vivante. »

Tantôt, la déesse a un aspect guerrier et préside aux combats, tantôt elle est la déesse de l'amour et de la volupté et son symbole est la colombe, tantôt elle est la déesse mère et tient son enfant dans ses bras

Ishtar a son rôle et ses attributs dans le ciel, aussi bien qu'Allat, la reine des enfers, qui parfois lui est opposée, comme dans le poème de la descente d'Ishtar aux enfers, où elle est sa soeur et sa rivale.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:50

Assur


Assur (ou Ashur), nom de la première capitale de l’Assyrie et du dieu national assyrien, et, partant, le souverain de tous les dieux. Créateur du ciel d’Anu et de l’humanité, c’est un dieu guerrier.

Quand puissance de Babylone s'effaça devant celle de Ninive. Le dieu national des Assyriens, Assur, prit alors la première place. Pour faciliter la substitution, on identifia Assur avec l'antique Anshar babylonien. Assur devint donc :

« roi de la totalité des dieux, créateur de soi-même, père des dieux, créateur du ciel d'Anu et de l'enfer, auteur de la totalité des hommes, habitant les cieux brillants, Seigneur des dieux, qui fixe les destins... ».

Son nom signifiait le bienveillant néanmoins, Assur était surtout un dieu guerrier, qui partageait les instincts belliqueux de son peuple. Il accompagnait les armées dans les combats, luttait à leurs côtés, dirigeant les coups des soldats, et rendant leurs armes victorieuses. Aussi recevait-il les prémices du butin, et les peuples vaincus devenaient ses sujets.

Il ne dédaignait pas d'ailleurs d'apparaître à ses fidèles pour stimuler leur courage et accroître leur confiance, tel ce roi de Lydie auquel il se montra et dit expressément :  

« Embrasse les pieds du roi d'Assur, Assourbanipal, et, en son nom, tu triompheras de tes ennemis».

On figurait généralement Assur sous la forme d'un disque ailé, ou encore monté sur un taureau ou flottant dans les airs. C'étaient là des représentations guerrières.

Mais Ashour n'était pas seulement un dieu belliqueux. En sa qualité de divinité suprême, il était aussi le grand dieu de la fertilité. On le représentait alors environné de rameaux, et on lui donnait pour attribut une chèvre. Son épouse est Inanna / Ishtar

Assur (personnage de la Bible). - Deuxième fils de Sem, contemporain de Nemrod. Chassé par celui-ci des plaines de Sepnaar, il s'établit à l'Est du Tigre, y fonda le royaume d'Assyrie, et bâtit Ninive.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:52

Adad


Adad. - Nom sémitique du dieu mésopotamien qui présidait à la pluie, à l’orage, aux tempêtes et aux autres phénomènes atmosphériques. Il a progressivement absorbé la personnalité de son équivalent sumérien Ishkur.  

Adad, que l'on représente généralement debout sur un taureau et tenant à la main les foudres, est le dieu de l'éclair, de la tempête. C'est lui qui déchaîne les orages, fait gronder le tonnerre, et courbe les arbres sous la fureur des vents.

Enveloppé dans la nuée sombre, il rugit de sa voix puissante. Lorsque Bel a décrété le déluge, Adad est l'exécuteur des volontés du dieu son tumulte atteint jusqu'aux cieux.

Adad cependant n'a pas que cet aspect terrible. La pluie qui dévaste est aussi la pluie qui féconde. De même, Adad, dieu de la tempête, est également le dieu qui amène le bon vent, et, à sa suite, la pluie bienfaisante. Il est le dieu de l'inondation qui fertilise et c'est par sa faveur que chaque année, à l'époque des crues, la terre se couvre du limon nourricier.

Aussi lorsque Bêl voulut punir les hommes par une série de fléaux, il s adressa d'abord à Adad :

En haut, Adad épargna la pluie; - Elle fut obstinée, en bas, la crue, elle ne monta plus dans la source; - Le champ diminua ses profusions.

Enfin, Adad partageait avec Shamash le privilège de révéler l'avenir; il était, lui aussi, le « seigneur de la vision ».
Dans ses diverses attributions Adad avait pour associée sa compagne, la déesse Shala.


Adad, nom porté dans la Bible par plusieurs rois d'Idumée et de Syrie, qui furent en guerre avec les Juifs : l'un d'eux fut tué par David; un autre assiégea Achab dans Samarie puis défit ce prince; un troisième, plus connu sous le nom de Ben-Adad, combattit Joram
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:54

Enlil / Bêl


Enlil, Ellil (= seigneur de l’atmosphère, en sumérien) - Dans le panthéon mésopotamien, il est avec Ea et Anu l'un des trois dieux cosmiques, plus particulièrement associé à la Terre et l'instigateur du Déluge. Mais il est aussi une divinité bienfaisante, à qui on attribue l’invention de la charrue et de la pioche.  

Son culte est surtout concentré à Nippour, où il porte le titre de Bêl (Seigneur) et où se trouvait son temple principal, qui portait le nom de Temple (de la) Montagne, un de ses épithètes. Ce dieu perdra progressivement de l'importance et sera peu à peu remplacé par Anu, puis par Marduk.

Dans le pays de Sumer et particulièrement à Nippour, on adorait primitivement Enlil, seigneur de l'atmosphère. Enlil était le dieu de l'ouragan, et il avait pour arme l'amaru, c'est-à-dire le déluge. Comme le Zeus des Grecs, il symbolisait les forces de la nature, et, de même que Zeus, il ne tarda pas à être considéré comme le maître des destinées humaines.

Quand les gens de Babylone annexèrent les divinités de Sumer, ils n'eurent garde d'oublier Enlil, et en firent même le deuxième élément de la triade suprême. Ils se contentèrent de changer son nom et de substituer à celui d'Enlil le nom plus général de Bêl, qui veut dire « Seigneur Bêl » est donc le seigneur par excellence, dont la domination s'exerce sur tout le monde terrestre. On l'appelle « le roi des pays », ou encore « le seigneur des régions ».

Bien qu'il ait dans le ciel, ainsi qu'Anu, sa promenade réservée, « la route de Bêl », Bêl réside d'ordinaire sur la Grande Montagne de l'Est. Il y accueille chaque année les autres dieux pour fixer les destins du monde, et, dans cette assemblée auguste, c'est à lui qu'appartient la décision suprême.

Comme Anu, Bêl est le dépositaire des insignes de la royauté, et il les dispense à la créature de son choix. Les rois ne sont donc que les représentants ou vicaires, les patésis, de Bêl. Pour qu'ils s'élèvent au-dessus des autres hommes, il suffit que le dieu prononce leur nom, car la parole de Bêl est toute-puissante :

La parole de Bêl est un souffle, l'oeil ne la voit pas...  
Sa parole est un déluge qui s'avance, qui n'a pas de rival
,
Sa parole sur les cieux en repos fait reposer la Terre ;
...
Sa parole, lorsqu'elle marche humblement, elle détruit la contrée,
Sa parole, lorsqu'elle marche grandement, accable les maisons, elle fait pleurer le pays ! ...
A sa parole les cieux en haut se calment d'eux-mêmes...


Bêl est donc pour les hommes le dispensateur des biens et des maux. C'est lui notamment qui, dans un jour de colère, fit pleuvoir le déluge pour anéantir l'humanité. Mais il n'hésite pas aussi à intervenir pour délivrer la terre des monstres qui l'infestent. Témoin sa lutte avec le dragon.

En ce temps, les habitants des villes étaient dans la désolation, car un dragon, issu des flots de la mer, ravageait toute la contrée. Ils se lamentaient et allaient répétant :  

« Qui combattra le dragon et renverra le dragon dans la mer? »

Les dieux émus tinrent conseil. Bêl leur fit la description du monstre :  

« Il a, dit-il, cinquante doubles lieues de long, et sa bouche est large de six coudées. »

Tous les dieux tremblaient d'effroi, et nul n'osait affronter le monstre, bien qu'au vainqueur fût réservé le privilège de régner en maître sur la terre. Sur les exhortations de Sîn, le dieu Tichkhon cependant tenta l'entreprise, mais sans succès. Bêl à son tour essaya. En vain commença-t-il par soulever un nuage et déchaîner une affreuse tempête pour anéantir le dragon; il ne parvint à vaincre le monstre qu'en jetant sur lui le sceau de son âme. Abattu enfin, le dragon expira, après que son sang eût coulé pendant trois ans, trois mois et un jour. Et Bêl conquit de la sorte la suprématie sur la terre. Au temps où, sous le nom d'Enlil, Bêl régnait à Nippour, il avait pour compagne Ninlil. Par la suite son épouse fut adorée sous le nom de Ninahasag (« la dame de la montagne », parce qu'avec lui, elle résidait sur la Montagne de l'Est. On l'appelait aussi Bêlit, c'est-à-dire « la Dame ». Bien qu'elle porte quelquefois le titre de
mère des dieux
Ninharsag ou Bêlit n'exerce sur l'olympe babylonien aucune suprématie. Par contre, elle nourrit de son lait sacré ceux que Bêl a destinés à devenir rois parmi les humains. Ainsi, grâce à elle, les souverains de la terre peuvent-ils se glorifier d'une origine céleste.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 21:57

La religion assyro-baylonienne

La théogonie et la cosmogonie

L'origine du monde et des dieux en Mésopotamie

La religion de l'Assyrie et de Babylone était, dans ses principes essentiels et dans l'esprit général qui présidait à ses conceptions, une religion de même nature que celle de l'Égypte, et qu'en général toutes les religions du paganisme antique.

Elle était double, et il faut savoir distinguer, en l'étudiant, sa forme extérieure et vulgaire, des doctrines ésotériques exclusivement réservées aux adeptes de la science, c'est-à-dire à la caste sacerdotale.

Le divin y apparaît à la fois un et multiple : un parce que tout ce qui existe émane de lui et qu'il est le grand tout dans lequel toutes choses se confondent et s'absorbent; multiple, parce que tous ses attributs sont considérés comme  autant de divinités personnelles qui agissent individuellement chacune pour son compte.

Ces perfections du grand tout sont échelonnées dans un ordre d'émanation qui correspond à leur ordre d'importance, et forment tout un peuple de dieux secondaires, tirés de sa substance. C'est dans ces personnages divins et dans leur nature réciproque que se marquent surtout les différences entre les diverses religions polythéistes, dont le principe primordial est toujours le même.

L'imagination des Égyptiens avait été surtout frappée par les péripéties successives de la course journalière et annuelle du soleil; ils y avaient vu la manifestation la plus imposante de la divinité, celle qui révélait le mieux les lois de l'ordre du monde, et ils y avaient cherché leurs personnifications divines. Les Assyro-Babyloniens, au contraire, adonnés d'une manière toute spéciale à l'astronomie, lurent dans l'ensemble du système sidéral, et surtout planétaire, l'expression du divin. Ils considérèrent les astres comme ses vraies manifestations extérieures, et ils en firent, dans leur système religieux, l'apparence visible des hypostases divines. Aussi, la religion assyrobabylonienne est, avant tout, une religion sidérale.

Les Anciens eux-mêmes s'étaient bien rendu compte de ce caractère particulier de la religion assyro-babylonienne. Après avoir parlé de l'habileté des prêtres de Babylone à construire des thèmes généthliaques, le philosophe juif Philon, ajoute :  

« En rattachant ainsi les choses terrestres aux choses d'en haut, et le ciel au monde inférieur, ils ont montré dans cette sympathie mutuelle des parties de l'univers, séparées quant aux lieux mais non pas eu elles-mêmes, l'harmonie qui les unit par une sorte d'accord musical. »

Cherchant à résumer le firmament et la régularité éternelle des mouvements dont il est le théâtre, dans une conception philosophique, et une formule synthétique, les Chaldéens conclurent logiquement à l'existence d'une intelligence ordonnatrice du monde et des mouvements célestes, dune force suprême et unique qui réglait la marche invariable des planètes et des étoiles.  

« Ils attribuent, raconte Diodore de Sicile, l'ordre et la beauté qui règnent dans l'univers, à une providence divine, et ils prétendent que, pendant l'âge actuel, les phénomènes, quels qu'ils soient, qui se passent aux cieux, s'accomplissent, non pas au hasard ni spontanément, mais en vertu d'une décision des dieux, fixée d'avance et fermement arrêtée. »

Cette loi universelle, c'était ce que toute l'antiquité appelait la destinée, l'inéluctable fatalité, gouvernant les dieux eux-mêmes, impuissants comme les hommes, à se soustraire à sa dévorante action.

Tel fut donc le résultat général de la science astronomique des Assyro-Babyloniens : elle les conduisit à croire qu'il y avait un dieu supérieur à tous les dieux de leur panthéon. Aussi, la donnée essentielle des spéculations théogoniques des savants chaldéens peut-elle se résumer de la manière suivante  :

un premier principe immatériel, encore confus, d'où dérivent tous les autres dieux; c'est Ilu, dont le nom signifie « le dieu » par excellence, « ce qui est divin » . Sa conception étai[ trop compréhensive, trop vaste, pour recevoir une forme extérieure bien déterminée et, par conséquent; les adorations habituelles du peuple; à ce point de vue les Grecs lui trouvaient une certaine analogie avec leur Cronos.

A une époque assez tardive, on le confondît avec ses principales émanations : à Ninive, on finit par l'identifier avec le dieu Assur, et à Babylone avec Bel-Marduk. Alors et à ce titre seulement, on l'invoque et on sculpte son symbole formé d'un disque ailé, ou son image composée ordinairement d'un buste humain coiffé de la tiare royale, émergeant d'un cercle porté sur deux grandes ailes d'aigle et la queue du même oiseau. C'est le El sémitique, assimilé au dieu protecteur national de Ninive ou de Babylone.

De ce premier principe dont l'essence est indéterminée et dont les théologiens n'osant sonder la nature, ne parlent presque pas, émanent un principe mâle, l'Abîme (Apsu) et un principe femelle qui en est la forme passive et le reflet, c'est la mer chaotique (Mummu Tiamat). Ce couple engendre une autre dualité de mâle et de femelle, La'hamu et Lu'hmu, les deux formes active et passive de la substance, qui elles-mêmes produisent Sar ou Assur et Kisar ou Seruya. Enfin, au moment où l'univers se détermine sous sa forme ordonnée, sort [size=150]une triade de Dieux cosmiques, Anu, Bel et Êa, c'est-à-dire le père, la mère et le fils, comme dans les familles humaines. [/size]

Voici, à l'appui de cette théorie, le début de la narration cosmogonique trouvée dans les ruines du palais d'Assurbanipal :

Du temps où, en haut, le ciel n'était pas encore nommé et, en bas, la terre restait sans nom, l'Abîme (Apsu) sans limites fut leur générateur et la mer chaotique (Mummu Tiamat) celle qui enfanta leur ensemble. Leurs eaux confluaient en un, aucune troupe d'animaux n'était encore rassemblée, aucune plante n'avait poussé. Du temps où aucun des dieux n'avait encore été produit, où ils n'étaient pas désignés par un nom, où aucun destin n'était encore fixé, les grands dieux furent ensuite formés. Lu'hmu et La'hamu furent produits les premiers, et ils grandirent dans la solitude. Sar (Assur) et Kîsar (Seruya) furent produits ensuite. Puis il s'écoula une longue suite de jours et Anu, Bel et Êa naquirent d'Assur et de Seruya.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:02

La religion assyro-baylonienne


La mort et l'au-delà en Mésopotamie


 « Les Babyloniens, dit Hérodote, embaument leurs morts dans du miel; leurs lamentations funèbres sont à peu près les mêmes que celles des Égyptiens. » Malgré ce que ce témoignage a de vague et d'invraisemblable, c'est à peu près tout ce que nous savons des usages funéraires des Assyriens et des Chaldéens. Les sculpteurs de Ninive et de Babylone ont évité de reproduire des cérémonies funèbres sur les bas-reliefs des palais, de même que jamais, dans leurs batailles, ils n'ont fait figurer un Assyrien tombant sous les coups de l'ennemi; ne dirait-on pas qu'ils aient voulu faire croire aux générations futures que la mort était impuissante à moissonner les rangs des fils d'Assur et que la protection de leurs dieux, les avait, comme Achille, rendus invulnérables. Aussi, tandis que la vallée du Nil est pleine de tombeaux, que nous retrouvons les cadavres embaumés des anciens Égyptiens, leurs hypogées richement décorés de peintures et de bas-reliefs, les ruines de la Mésopotamie et de l'Assyrie n'offrent-elles rien d'analogue? Il y a bien ici aussi de grandes nécropoles, souvent placées à la périphéries des villes, mais les sépultures n'ont pas le caractère spectaculaire de celles que l'on rencontre en Egypte. Parfois il s'agissait de simples fosses, d'autres fois on a affaire à de vrais tombeaux maçonnés, dotés même à l'aoccasion de plusieurs chambres funéraires. Le statut social des défunts expliquait ces différences, que l'on note aussi dans le mobilier funéraire qui les accompagnait. Les rois se faisaient inhumer dans leur palais.  
On a la preuve que l'embaumement était pratiqué en Chaldée comme en Égypte; le corps était étendu sur une natte, la tête reposant sur un coussin, les membres et le buste enveloppés de bandelettes enduites de bitume. On déposait à côté du défunt les objets qui lui avaient été chers pendant la vie : le cylindre qui lui avait servi de cachet, ses armes si c'était un guerrier; des bijoux, des boîtes à fard et à parfums quand c'étaient des femmes. De grandes jares d'argile remplies de liqueurs fermentées, des écuelles dans lesquelles on a recueilli des noyaux de dattes, des os de sangliers et de poulet, des arêtes de poisson, étaient l'image symbolique de la nourriture de la substance invisible et surnaturelle qui survivait à la tombe; on déposait enfin, dès l'antiquité la plus reculée, des statuetles funéraires, comme en Égypte, à côté du cadavre : c'était des images d'Allat en terre cuite, généralement de fabrique fort grossière.

Quant à la forme de la tombe, si elle n'a rien de monumental comme on l'a dit, c'est sans doute que les doctrines sur la morts sont ici très différentes de celles que l'on a en Egypte, et aussi, simplement, parce que la pierre faisait défaut à l'architecte; elle varie entre deux ou trois types qui paraissent correspondre à la fortune plus ou moins grande des familles : tantôt c'est un petit caveau bâti en briques et bien voûté, tantôt ce sont de grandes jarres de terre cuite ou de simples couvercles posés sur les cadavres. Les caveaux ont, en général 2 mètres à 2 mètres 20 de longueur sur 1 mètre 80 de hauteur; une fois murés, ils étaient inaccessibles; on a trouvé parfois jusqu'à une douzaine de cadavres entassés dans un seul de ces étroits réduits. A une époque qui se rapproche de la conquête perse, ainsi que dans la suite, on plaçait généralement les morts dans des cercueils en terre cuite émaillée dont la forme ne peut mieux se comparer qu'à une pantoufle.

Le caveau funéraire était inviolable et sacré; c'était un crime de laisser un cadavre sans sépulture et de profaner un cercueil. La plus grande calamité qui pût accabler un mortel, c'était que son corps demeurât abandonné et exposé à devenir la pâture des chiens et des chacals. Aussi avait-on pris des précautions inouïes pour empêcher qu'une cause, même toute naturelle, vint troubler dans son éternel sommeil la dépouille sans vie déposée dans la tombe : les ingénieux artifices auxquels se livrèrent dans ce but les architectes chaldéens contrastent avec la pauvreté monumentale du tombeau, et méritent, à cause de cela, de fixer un instant notre attention. Le voyageur avalais Taylor a décrit minutieu sement la grande nécropole d'Ur, et voici comment Perrot et Chipiez ont résumé les observations de cet explorateur :

Tels étaient les soins qu'on donnait à la sépulture. Les Assyro-Babyloniens croyaient que le monument funéraire était hanté par l'âme immatérielle (ekimu) qui s'était dégagée du corps au moment de la mort

Si la tombe était respectée, l'ekim devenait pour les parents, amis ou voisins du défunt, un démon protecteur qui veillait sur eut et les protégeait, en reconnaissance de leur piété; si la tombe était violée par la faute des parents ou des amis, ceux-ci étaient accablés de maux par l'ekim errant et malheureux.

Le plus grand malheur qui pût arriver à l'homme, c'était d'être privé de sépulture; son âme repoussée par les autres âmes, privée de libations et de sacrifices, se trouvait accablée de maux et en proie à l'action pernicieuse des mauvais esprits. Aussi, quand les monarques assyriens veulent se venger de leurs ennemis, ils vont violer les tombeaux de leurs familles et jeter au vent les cendres de leurs pères. Dans sa
campagne contre Suse, Assurbanipal raconte ainsi qu'il saccagea la nécropole royale :


« Les tombeaux de leurs rois anciens et récents, de ces rois qui n'avaient, pas redouté Assur et Ishtar, mes seigneurs, et qui avaient fait la guerre aux rois, mes pères, je les renversai, je les démolis et je les exposai à la lumière du soleil;puis, j'emportai leurs cadavres en Assyrie. Je laissai leurs ombres sans sépulture, je les privai des offrandes de ceux qui leur devaient des libations. »

les Mésopotamiens honoraient les mânes de leurs ancêtres, quelle était la nature de cet ekim qui se dégage du corps après la mort, quelles étaient, en un mot, la doctrine des Assyro-Babyloniens sur l'autre vie.

D'après ce fragment de poème épique et quelques passages des textes magiques, on voit que les Mésopotamiens se représentaient les Enfers comme une sorte d'immense forteresse, placée sous l'écorce terrestre et limitée de toutes parts par les eaux fangeuses de l'Océan qui recèlent les fondements de la terre. Ce lieu de retraite des morts porte le nom d'Aral on de « pays où l'on ne voit rien » (mat la namari), ce qui coïncide avec le sens du terme grec d'hadès; on l'appelle aussi « le pays sans retour, d'où l'on ne revient jamais, » (mat la tayarti). Le gouvernement de ce monde des ténèbres éternelles est entre les mains d'un couple divin composé de Nergal, le dieu de la force et de la guerre, et son épouse Allat, qui n'est que la manifestation infernale d'Ishtar ou Astarté, mais qui est parfois donnée comme la soeur de cette déesse.

Comme l'enfer de Dante, la forteresse est environnée de sept puissantes murailles, sur le modèle des sept sphères planétaires :

c'est le résultat de l'influence des doctrines astrologiques sur cet aspect de la religion. Dans chacune de ces murailles est pratiquée une porte unique qu'un portier incorruptible ferme au verrou dès qu'une nouvelle ombre en a franchi le seuil. L'entrée principale de l'Aral, celle à laquelle est préposé le dieu Negab, « le grand portier du monde », est située à l'Occident, au pied de la grande montagne qui, de ce côté, fait pendant à la « montagne de l'Orient » où la mythologie babylonienne place le lieu de l'assemblée des dieux, ou l'Olympe.

Dans un curieux fragment de texte, il est parlé de cette montagne infernale qu'on représente même comme la mère de Mul-ge, le dieu de l'abîme. Sept dieux président aux sept enceintes concentriques de l'enfer et sont appelés « fils du seigneur infernal »; il y a en outre « douze dieux de bronze placés à l'intérieur de la clôture de bronze, » et de chaque côté des portés de ce rempart de métal, le dernier de tous, veillent des taureaux de bronze à face humaine, comme ceux des portes des palais. »

Dans la conception de l'enfer assyrien, telle qu'elle ressort de ce morceau poétique, on ne rencontre aucune idée morale de rémunération, aucune distribution de récompenses ni de peines; les tristesses de l'Aral paraissent être les mêmes pour tous les humains, quelle qu'ait été leur conduite pendant leur vie.

D'autres passages des textes religieux paraissent pourtant nous autoriser à croire que les justes ne menaient pas éternellement cette vie de privations et de souffrances qui caractérise l'Aral. On parle de bienheureux qui reposent sur des lits, buvant, un breuvage sacré, probablement ce qu'on appelle, dans d'autres textes et dans les livres des Mendaïtes : « les eaux de la vie ; » ils sont, eux, installés dans « la demeure de la félicité et de la vie. »
Il semble aussi que la vie des bienheureux qui habitent sur la montagne d'argent, opposée à la montagne de l'Aral, soit la continuation de celle qu'ils ont menée sur la terre; le guerrier, par exemple, environné des trophées et du butin qu'il a pris au combat, donne de grands festins à ses amis; le sang qu'il a versé sur le champ de bataille équivaut à la vie la plus sainte et rachète toutes les fautes qu'il a pu commettre.

Ainsi, il se rafraîchit à la source des eaux de la vie, eaux vivifiantes, si souvent célébrées encore dans les livres sacrés des Mendaïtes; il est l'objet de la sollicitude de tous les siens qui lui prodiguent les marques de tendresse. Dans le poème d'lsdubar, on voit ce héros qui prend, comme Ishtar, la résolution de descendre au pays des ombres pour revoir son ami Eabani, mis à mort-par Ishtar; il s'encourage lui-même à faire cette tentative imprudente et cherche à se rendre compte par avance des choses étranges qui vont s'offrir à sa vue.

« Couché sur le lit funèbre Et buvant l'eau pure, le guerrier tué dans la bataille, je le verrai. Son père et sa mère soutenant sa tête, et sa femme se penchant au-dessus de lui, le guerrier dont le corps repose sur le champ de bataille, je le verrai. L'homme dont l'âme (ekimmu) n'est pas couchée dans la terre,  L'homme dont l'âme est privée de demeure, Je le verrai. »

La félicité du juste, réclamée par la conscience humaine, est encore plus nettement exprimée dans ces deux fragments d'un hymne religieux :

Lave tes mains, purifie tes mains ; les dieux, tes aînés, se laveront les mains, se purifieront les mains;  mange la nourriture pure dans des bassins purs, bois l'eau pure dans des vases purs;  Prépare-toi à jouir de la paix du juste ! ... On a apporté l'eau pure. Anat, la grande épouse d'Anu,  Êa t'a tenu dans ses bras sacrés; Ea t'a transféré dans un lieu de sainteté; Il t'a transféré de ses mains sacrées; il t'a transféré au milieude miel et de graisse, il a versé dans ta bouche l'eau magique, et la vertu de l'eau t'a ouvert la bouche ...

Marduk, avec son épouse Zarpanit, sont souvent appelés « celui » ou  « celle qui fait revivre les morts. » Dans le poème même de la descente d'lshtar aux enfers, bien que l'Aral soit le lieu d'où l'on ne revient pas, la mort n'est pas absolument irrévocable, et le mythe admet le cas exceptionnel d'une résurrection. Les grands dieux du ciel peuvent agir directement sur les puissances infernales et les forcer à délivrer une ombre, quand le retour de celle-ci sur la terre est jugé nécessaire. Le monde dépérissait par suite de l'absence d'Ishtar partie pour rejoindre son fils et son amant Tammuz ; les dieux enjoignent à Allat de la délivrer; on l'asperge avec les eaux de la vie, on lui en fait boire et elle renaît. Cette renaissance était-elle admise quand il s'agissait de simples mortels, et en quoi consistait-elle pour ces ombres encore à demi-matérielles, qu'on nous représente voltigeant comme des oiseaux et se nourrissant de poussière?  

Une plaque de bronze retrace en un tableau d'ensemble la vie des enfers, et il est nécessaire que nous en donnions ici une description sommaire. L'une des faces est occupée tout entière par un quadrupède à quatre ailes et à griffes d'aigle qui, dressé sur ses pattes de derrière, semble vouloir s'élancer par-dessus la plaque contre laquelle il s'appuie, Sa tête passe par-dessus le bord comme par-dessus la crête d'un mur. La face de ce monstre rugissant et féroce, aux yeux flamboyants, domine la scène suivante qui se déroule en quatre bandes horizontales sur la seconde face. Ces quatre registres superposés ne sont autre chose que les cieux, la terre et les enfers. En haut, on voit les représentations symboliques des astres. Plus bas, une file de sept personnages vêtus de longues robes, et ayant des têtes d'animaux parmi lesquelles on peut distinguer un lion, un dogue, un ours, un bélier, un cheval, un aigle, un serpent : ce sont les génies célestes appelés Igighs. Au-dessous, une scène funéraire qui se passe sans doute sur la terre. Deux personnages à tête humaine, coiffés d'une peau de poisson, comme le dieu Anu, sont debout au chevet du lit d'un mort étendu et comme emmailloté dans une gaine à momie. Plus loin, deux génies à tête de lion et de chacal paraissent se menacer de leurs poignards, tandis qu'un homme semble s'éloigner de cette scène d'horreur. Le tableau représenté au quatrième registre, baigne dans les flots de l'Océan qui, d'après la donnée mythologique des Babyloniens, recèle les fondements de la terre. Un monstre hideux, à figure bestiale et humaine à la fois, avec des ailes et des griffes d'aigle, une queue en tête de serpent, est debout sur la rive de l'Océan sur lequel vogue une barque : c'est la barque d'une divinité (elippu), expression souvent employée dans les textes religieux, qui rappelle la barque du nautonier Charon, dans la mythologie grecque. Dans la barque, est un cheval qui porte sur son dos une divinité gigantesque, à tête de lion, rugissante et tenant dans ses mains deux serpents, tandis que des lionceaux bondissent coutre sa poitrine pour sucer le lait de ses mamelles. Enfin, devant cet horrible monstre, sont des débris de toutes sortes, des membres coupés, des vases, et comme les restes d'un festin.

Voilà bien, sur cette petite plaque de bronze, la figure du monde tel que se le représentait l'imagination mésopotamienne :

les dieux et les puissances sidérales, les anges et les démons, Ighigs et Annunaks; la terre et les humains avec les êtres surnaturels qui ont une action directe sur eux : les morts, protégés par certains démons, attaqués par d'autres, d'après la conception philosophique du bien et du mal et cet antagonisme des deux principes qui fait le fond de la religion assyro-babylonienne. Anui protège les morts comme l'Osiris égyptien; le fleuve sou terrain, qui fait penser au Styx et à l'Achéron, nous reporte aussi vers le Nil souterrain de l'Ament.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:06

La religion assyro-baylonienne


La magie en Mésopotamie
 


La Mésopotamie est la patrie de la magie et de l'occultisme, aussi bien que celle de l'astrologie et des sciences exactes. C'est des bords du Tigre et de l'Euphrate, plus encore que de ceux du Nil, que la magie s'est répandue dans le monde occidental où elle a exercé une influence si funeste jusqu'à ces derniers siècles.


Les origines de la magie mésopotamienne sont fort obscures, malgré le témoignage des écrivains juifs et grecs, malgré même les nombreux documents originaux que l'assyriologie a livrés. Ces sources ont toutefois singulièrement agrandi le domaine de nos connaissances, sinon en nous faisant pénérer dans l'organisation intérieure des corporations de devins et de magiciens, du moins en nous fournissant le texte de leurs pratiques occultes, de leurs incantations et de leurs procédés théurgiques. Il y avait deux espèces de magie :

celle qui n'était qu'une partie du culte régulier, et qu'on voit en usage chez tous les peuples qui, adorant les phénomènes de la nature, ont peuplé d'esprits les forêts, les nuages, les rivières, la nuit, les vents; c'est la magie blanche, essentiellement bienfaisante, et constituant un commerce légitime, établi par les rites sacrés, entre les esprits supérieurs et les prêtres qui les invoquent.

Mais à côté du prêtre thaumaturge, exorcisant pour chasser le malin esprit, consacrant des amulettes, il y avait le sorcier qui se faisait l'interprète des puissances infernales et diaboliques, entretenant commerce avec elles et se servant de leur concours pour faire le mal; son art, réprouvé par la religion, constituait la magie noire; le sorcier est un homme pervers qui s'est voué au malin esprit par des pactes, des serments et des enchantements. C'est généralement pour servir les passions mauvaises des humains et dans un but lucratif qu'il exerce sa sinistre besogne.

C'est l'état de superstieuse terreur dans laquelle vivait constamment le Mésopotamien, qui entretenait la foi aux procédés de la magie blanche et de la magie noire. Tout l'Orient, il faut bien le reconnaître, a vécu, dès les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, sous l'empire de ces aberrations singulières, et il est curieux, par exemple, de rapprocher l'état d'esprit dans lequel se trouvaient les Assyro-Babyloniens, des idées qui ont encore cours à l'époque moderne chez les populations de l'Inde :

« Le peuple hindou, dit le voyageur anglais J. Roberts du début du XXe siècle, a affaire à tant de démons, de dieux et de demi-dieux, qu'il vit dans une crainte perpétuelle de leur pouvoir. Il n'y a pas un hameau qui n'ait un arbre ou quelque place secrète regardée comme la demeure des mauvais esprits. La nuit, la terreur de l'Hindou redouble, et ce n'est que par la plus pressante nécessité qu'il peut se résoudre, après le coucher du soleil, à sortir de sa demeure. A-t-il été contraint de le Faire, il ne s'avance qu'avec la plus extrême circonspection et l'oreille au guet. ll répète des incantations, il touche des amulettes, il marmone à tout instant des prières et porte à la main un tison pour écarter ses invisibles ennemis. A-t-il entendu le moindre bruit, l'agitation d'une feuille, le grognement de quelque animal, il se croit perdu; il s'imagine qu'un démon le poursuit, et, dans le but de surmonter son effroi, il se met à chanter, à parler à haute voix; il se hâte et ne respire librement qu'après qu'il a gagné quelque lieu de sûreté. »

Cette description pourrait s'appliquer trait pour trait aux Assyro-Babyloniens. Leur magie repose sur la croyance à d'innombrables esprits répandus en tous lieux dans la nature, dirigeant et animant tous les êtres de la création.

Ce sont eux qui causent le bien et le mal, conduisent les mouvements célestes, ramènent alternativement le jour et la nuit, veillent au retour des saisons, font souffler les vents, tomber les pluies, la neige, la grêle, la foudre, en un mot produisent les phénomènes atmosphériques, bienfaisants ou destructeurs; ce sont eux aussi qui donnent à la terre sa fécondité, font germer et fructifier les plantes, président à la naissance et à la conservation de la vie chez les êtres animés, et qui, par contre, envoient la mort et les maladies. Il y a des esprits de ce genre partout, dans le ciel des étoiles, dans les entrailles de la terre et dans les régions intermédiaires de l'atmosphère. Tous les éléments en sont remplis, l'air, le feu, la terre et l'eau; rien n'existe sans eux.

Comme le mal est partout, dans la nature, à côté du bien, une idée de dualisme, presque aussi prononcée que dans la religion de Zoroastre,préside à la manière dont les prêtres mésopotamiens conçoivent le monde surnaturel dont ils redoutent encore plus les actions malfaisantes qu'ils n'en attendent de bienfaits.

Il y a des esprits bons par essence, et d'autres mauvais également par nature. Leurs choeurs opposés constituent un vaste dualisme qui embrasse l'univers entier, et poursuit, dans toutes les parties de la création, une lutte incessante et éternelle. De même qu'à chaque corps céleste, à chaque élément, à chaque phénomène, à chaque être et à chaque objet, est fixé un bon esprit, un mauvais esprit s'y attache également et cherche à l'y supplanter.

La discorde est partout dans l'univers. Emporté. fatalement lui-même au milieu de cette bataille perpétuelle entre les bons et les mauvais esprits, l'humain en sent à chaque instant les atteintes, et son propre sort en dépend. Tout ce qui lui arrive d'heureux est le fait des uns; tout ce qui lui survient de malheureux, celui des autres.

Il lui faut donc un secours contre les attaques des mauvais esprits, contre les fléaux et les maladies qu'ils déchaînent sur lui. Ce secours, c'est dans les incantations, dans les paroles mystérieuses et toutes-puissantes dont les prêtres magiciens ont le secret, c'est dans leurs rites et leurs talismans qu'il le trouve; par là seulement, les démons funestes sont écartés, les esprits favorables rendus propices et appelés au secours de l'humain.

Dans l'armée du bien comme dans celle du mal, on distingue des catégories de démons hiérarchisés et plus ou moins puissants suivant leur grade. Dans les textes, on mentionne le ekim, le tetal «guerrier », le maskin ou « tendeur d'embûches » le alal « destructeur », le labartu, le labassu, le ahharu, sortes de spectres, de fantômes et de vampires; on cite souvent les mas, les lamma et les utuq; on oppose le mas favorable au mas mauvais, le tamma favorable au lamma mauvais, le bon utuq au méchant utuq. Il y a aussi les alapi ou taureaux ailés, les nirgalli ou lions ailés, et de nombreuses catégories d'archanges qu'on appelle les Anunnaks et les Ighigs, les uns terrestres et les autres célestes.

Ce sont les dieux Anu et Ea, appelés « Esprit du ciel » (zi an na) et « Esprit de la terre » (zi ki a), qu'on invoque généralement dans les incantations, comme les dieux de toute science, seuls capables de préserver l'humanité des atteintes des mauvais anges. Les documents attestent ainsi, chez les Assyro-Babyloniens, une démonologie extrêmement riche, à la savante hiérarchie.

Entre l'humanité et le dieu Ea, il existe un dieu médiateur qu'on n'invoque que dans les textes magiques et qui n'a jamais d'autre rôle que cette médiation :

c'est Marduk, dont le nom magique et suméro-accadien est Silih-mulu-hi, « celui qui dispose le bien pour les hommes. » - « Je suis celui qui marche devant Ea, lui fait dire un hymne, je suis le guerrier, le fils aîné de Ea, son messager. »

Silik-mulu-hi révèle aux humains les volontés et la science de Ea, et, en retour, il porte à Ea l'appel des humains tourmentés par les esprits malins et par les maladies. C'est à lui que s'adresse ce beau fragment dont les expressions ont tant d'analogie avec celles du psaume CXLVII de la Bible :

« Devant ta grêle qui se soustrait? - Ta volonté est un décret sublime que tu établis dans le ciel et sur la terre. Vers la mer je me suis, tourné, et la mer s'est aplanie ; - vers la plante je me suis tourné, et la plante s'est flétrie; vers la ceinture de l'Euphrate je me suis tourné, et - la volonté de Silik-mulu-hi a bouleversé son lit. - Seigneur, tu es sublime; qui t'égale? »
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:07

La religion assyro-baylonienne

Les incantations se récitaient sur les personnes qui en étaient l'objet, à seule fin de les délivrer de la possession diabolique ou de certaines maladies, comme celles que l'on appelle « la maladie de la tête » et la peste.

Les possédés étaient, paraît-il, nombreux à Babylone et en Assyrie. Quand il s'agit de chasser les démons, la formule d'exorcisme prend parfois un caractère dramatique. Après avoir décrit les ravages causés par le malin esprit, elle suppose que, la plainte a été entendue par Silik-mulu-hi. Mais son pouvoir et sa science ne vont pas jusqu'à vaincre les démons trop puissants dont il faut conjurer l'action. Alors, Silik-mulu-hi s'adresse à son père Ea, l'intelligence divine qui pénètre l'univers, le maître des secrets éternels, le dieu qui préside à l'action théurgique, et celui-ci lui révèle le rite mystérieux, la formule ou le nom tout-puissant et caché qui brisera l'effort des plus formidables puissances de l'abîme.

Les formules de conjuration contre les esprits malfaisants sont très monotones, comme, du reste, toute la littérature sacrée des Chaldéens. On commence par énumérer les démons que doit vaincre le charme, par qualifier leur pouvoir et en décrire les effets. Vient ensuite le voeu de les voir repoussés ou d'en être préservé, lequel est souvent présenté sous une forme affirmative. Enfin, la formule se termine par

l'invocation mystérieuse qui lui donnera son efficacité :

« Rappelle-toi le serment du ciel! Rappelle-foi le serment de la terre! »

«  Le tyran redoutable qui fauche la totalité des êtres, c'est l'Utuq méchant, le perturbateur du ciel,
c'est Namtar, fils du majestueux Bel, enfanté par Belit. En haut, ils détruisent; en bas, ils renversent les murs; ils sont l'oeuvre de l'enfer;
en haut, ils vocifèrent; en bas, ils poussent des hurlements;
ils sont le venin même de la bile des dieux;
ce sont eux qui, lors du grand jour, se sont élancés du ciel; ils sont les hiboux qui crient dans la ville. Eux qui bouleversent les cieux, sont les fils de la Terre;
ils ébranlent comme des roseaux les poutres les plus larges; ils passent de maison en maison;  
la porte ne les arrête pas, le verrou ne les empêche pas d'avancer, ils se glissent sous la porte comme des serpents;
ils sifflent comme le vent contre les gonds;
ils arrachent l'épouse du sein de son mari; ils enlèvent l'enfant des genoux de son père;
ils chassent l'homme libre de sa chambre nuptiale;
ce sont eux qui attachent aux pas de l'homme une voix sinistre.
...
Dieu de l'humanité, Seigneur, sois l'appui et le soutien de i'homrne que son dieu a saisi par le vêtement ;
Que la cause de sa maladie soit le roi des Lamassi (démons colosses), que ce soit le roi des Labassi (feuxfollets);
que ce soit le roi des Aharri (démons ronfleurs);...
que ce soit un Utuq méchant;
que ce soient les quatre régions du monde  
que ce soit le jour obscurci par un nuage du sud:
que ce soit le jour obscurci par un nuage du nord
que ce soit le jour obscurci par un nuage de l'orient ;
que ce soit le jour obscurci par un nuage de l'occident;
...
O Asak (démon des maladies), je  t'adjure par le serment des Anouns (génies de l'abîme);
O Asak malfaisant, je t'adjure par le serment des Anouns!
O Asak, toi qui presses fortement, qui oppresses le malade,
O Asak, rappelle-toi le serment du ciel, rappelle-toi le serment de la terre!
Rappelle-toi le serment du seigneur des terres! rappelle-toi le serment de la dame des terres! Rappelle-toi le serment du seigneur des étoiles Rappelle-toi le serment de la dame ries étoiles!.... Rappelle-toi le serment du seigneur de la colline sacrée! Rappelle-toi le serment de la dame de la colline sacrée! Rappelle-toi le serment du seigneur du jour de la vie! Rappelle-toi le serment de la dame du jour de la vie!...  
Rappelle-toi le serment de Sin (la lune) dont le fleuve est parcouru par la barque du soleil
couchant !
Rappelle-toi le serment de Shamash (le Soleil) souverain arbitre des dieux! Rappelle-toi le serment d'lshtar, à la parole de qui les Anouns ne résistent jamais!
...
L'homme, fils de son dieu, alors, reviendra à lui; à l'instant il revivra; On lui donnera du pain à manger, on lui donnera de l'eau à boire; on lui mettra dans la main un vase d'eau... de Bel; avec de l'eau de mer, l'eau de Sin, l'eau du Tigre, l'eau de l'Euphrate, l'eau de puits, l'eau de rivière on le lavera.
il se tiendra debout et il n'aura aucune crainte;
il s'assoira par terre et il ne sera pas molesté;
l'homme fils de son dieu s'approchera ou s'éloignera à son gré. Tel est l'exorcisme contre l'Utuq méchant. »


Souvent, il s'agissait non seulement de délivrer un possédé de l'obsession diabolique,  mais en outre, de faire pénétrer dans son corps un esprit bon et favorable :

c'était la meilleure garantie contre le retour des mauvais démons :  

« Que les démons mauvais sortent! dit un texte qu'ils se saisissent entre eux! Le démon favorable et le colosse favorable, qu'ils pénètrent clans son corps! »

Cette possession inverse était souhaitée comme le plus grand des bonheurs, et comme l'un des plus heureux effets surnaturels de la magie; c'était, s'il nous est permis de recourir à une pareille comparaison, comme la grâce divine ou comme une odeur de sainteté remplaçant l'état de péché et de consécration au diable. Aussi, dans une prière pour le roi, demande-t-on qu'il devienne l'habitation des bons esprits, et qu'un démon de bonheur et de sainteté pénètre dans son corps, pour lui assurer par sa présence toutes sortes de prospérités et le préserver de maladie.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:09

La religion assyro-baylonienne

Dans la croyance mésopotamienne, toutes les maladies sont l'oeuvre des mauvais démons. De là ce fait que nous avons déjà signalé, qu'il n'y eut jamais à Ninive et à Babylone de médecins proprement dits ce sont les devins et les enchanteurs qui opèrent et guérissent en chassant le démon du mal.

Parmi les incantations contre les maladies, les plus multipliées sont celles qui ont pour objet la guérison de la peste, de la fièvre et de la maladie de la tête. Celle-ci, d'après les indications que l'on donne sur ses symptômes et ses effets, parait avoir été une sorte d'érysipèle ou de maladie cutanée. Il s'agit évidemment de cette affection de la peau, affection analogue au bouton d'Alep et à l'éléphantiasis de Damiette. On croyait s'en guérir par les conjurations, parce qu'elle était censée l'oeuvre des génies infernaux.

«  La maladie de la tête réside dans l'homme; la folie, l'ulcération. douloureuse du front, réside dans l'homme; la maladie de la tête enserre tout autour comme une couronne, la maladie de la tête, du lever au coucher du soleil ... Ouvre largement tes oreilles, ô fils d'Eridu (Marduk); La maladie de la tête tourne tout autour comme un taureau; la maladie de la tête resserre tout autour, comme le spasme du coeur. La maladie de la tête, comme des colombes vers leur nid, comme des corbeaux vers le haut du ciel, comme des oiseaux vers le vaste espace, qu'elle s'enlève! Aux mains propices de son dieu, que le malade soit confié. »

Cette description poétique de la maladie convient bien à l'affection endémique produite, même de nos jours par les marais des bords de l'Euphrate. Voici comment un autre texte magique la conjure :

« La maladie de la tête circule dans le désert; comme un vent elle souffle violemment;  elle a éclaté comme l'éclair; en haut et en bas elle s'est précipitée. Celui qui n'honore pas son dieu est déchiré comme un roseau; son ulcère l'opprime comme une entrave; celui qui n'a pas sa déesse pour gardienne, ses chairs sont meurtries; comme une étoile du ciel il disparaît, comme la rosée nocturne il s'évanouit. Envers l'homme passager sur la terre, la maladie agit hostilement; elle le dessèche comme la chaleur du jour; cet homme, elle l'a frappé mortellement; il est oppressé comme par le spasme du coeur; il est mis hors de lui comme si elle arrachait son coeur, il s'agite comme un objet présenté devant le feu; comme ceux d'un onagre du désert en rut, ses deux yeux sont remplis de nuages; il se dévore dans sa propre vie, il est attaché à la mort. La folie est comme un orage violent : personne ne connaît sa venue; son destin complet, ce à quoi il est attaché, personne ne le connaît.  »

Quelques-uns des rites pratiqués pour les incantations nous sont révélés par le document qu'on va lire; il se divise en deux parties bien distinctes: la première où le malade est désigné à la troisième personne, que devait par conséquent réciter sûr lui le prêtre magicien, la seconde où il parle à la première personne et qu'il devait, par suite, prononcer lui-même en accomplissant un certain nombre d'actes rituels, auxquels se rapportent les différentes strophes de celte seconde partie. Les deux ne sont pas rédigées dans le même idiome, circonstance fort instructive et digne de remarque; le magicien se sert de la langue liturgique, le suméro-akkadien, qui dès lors avait cessé d'être un idiome parlé, était devenu inintelligible pour le vulgaire et dont la connaissance était un des principaux objets de l'enseignement dans les écoles sacerdotales; le malade emploie l'assyrien, sa langue usuelle, à laquelle on n'attachait aucune idée sacrée et aucune, vertu mystérieuse.

I. - Formule de l'enchanteur

L'imprécation de malice agit sur l'homme, comme un méchant démon;
la voix qui maudit existe sur lui;
la voix mauvaise existe sur lui;
l'imprécation de malice est le moyen de maléfice qui produit la folie,
Cet homme, l'imprécation de malice l'égorge comme un agneau;
son dieu sort de son corps;
sa déesse avec satisfaction se fixe ailleurs :
la voix qui maudit, l'enveloppe comme un voile et le charge de son poids.
Marduk (Silik-mulu-hi) l'a pris en grâce, et
auprès de son père Êa, dans la demeure il est entré et il a dit :
« Mon père, l'imprécation de malice existe sur l'homme comme un méchant démon. »
Pour la seconde fois, il lui a dit encore :
« Comment il a fait, cet homme ne le sait pas, ni à quoi il est soumis. »
Ea a répondu à son fils Marduk :
« Mon fils, comment ne sais-tu pas? comment faut-il que je t'instruise?
Marduk, comment ne sais-tu pas? comment faut-il que je t'instruise  
Ce que je sais, toi, tu le sais aussi,  
Viens, mon fils Marduk.  
Du haut de ta demeure étincelante, accueille-le,
dissipe son mauvais sort, délivre-le de son mauvais sort que le mal qui bouleverse son corps soit une malédiction de son père, une malédiction de sa mère, une malédiction de son frère aîné ou l'imprécation de colère d'un homme inconnu. » Le sort hostile, par l'enchantement d'Ea, qu'il soit dépouillé comme un oignon! qu'il soit mis en pièces comme une datte! qu'il soit dénoué comme un noeud! le sort hostile, esprit des cieux, conjure-le! esprit de la terre, conjure-le
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:12

La religion assyro-baylonienne

Les livres sacrés des Mésopotamiens parlent fréquemment des sorciers et de leurs pratiques de magie noire. Tantôt les sortilèges sont mentionnés avec les démons et les maladies dans les énumérations de fléaux conjurés, tantôt des incantations spéciales les combattent. Telle est celle qui maudit le sorcier en l'appelant « le méchant malfaisant, cet homme malfaisant, cet homme entre les hommes malfaisants, cet homme mauvais, » et qui parle de « la terreur qu'il répand », du « lieu de ses agressions violentes et de sa méchanceté, » de « ses sortilèges qui sont repoussés loin des hommes ». Le sorcier déchaîne les démons contre celui à qui il veut nuire; il jette des mauvais sorts contre les individus ou les pays, provoque la possession, envoie la maladie. Il peut même donner la mort par ses sortilèges et ses imprécations, ou bien par les poisons qu'il a appris à connaître et qu'il mêle à ses breuvages.

Une incantation énumère les diverses opérations employés par les sorciers de la Babylonie :

« Le charmeur m'a charmé par le charme, m'a charmé par son charme; la charmeuse m'a charmé par le charme, m'a charmé par son charme; le sorcier m'a ensorcelé par le sortilège; m'a ensorcelé par son sortilège; la sorcière m'a ensorcelé par le sortilège, m'a ensorcelé par son sortilège; le jeteur de sorts a tiré et a imposé son fardeau de peine; le faiseur de philtres a percé, s'est avancé et s'est mis en embuscade en cueillant son herbe; que le dieu Feu, le héros, dissipe leurs enchantements. »

Une autre formule détourne l'effet de « l'image qui dresse sa tête » et que l'on combat par des eaux purifiées et enchantées, de « celui qui par la puissance de ses desseins fait venir la maladie », du philtre qui se répand dans le corps, de « l'enchantement incorporé dans le philtre », enfin de « la lèvre qui prononce l'enchantement. » Nous avons donc ici l'enchantement par des paroles que récite le sorcier, carmen (d'où est venu notre mot charme), l'emploi d'« oeuvres », de pratiques mystérieuses et d'objets ensorcelés qui produisent un effet irrésistible, pratiques dont une des principales est l'envoûtement ou l'ensorcellement.

Si nous manquons de renseignements directs et originaux sur les pratiques d'envoûtement chez les anciens Babyloniens, un auteur arabe du XIVe siècle, lbn Khaldoun, nous permet de suppléer à cette lacune par la description qu'il fait d'une scène d'euvoûtement pratiquée sous ses yeux par les sorciers nabatéens du bas Euphrate :

« Nous avons vu, dit-il, de nos propres yeux, un  de ces individus fabriquer l'image d'une personne qu'il voulait ensorceler. Ces images se composent' de choses dont les qualités ont un certain rapport avec les intentions et les projets de l'opérateur et qui représentent symboliquement, et dans le but d'unir et de désunir, les noms et les qualités de celui qui doit être sa victime. Le magicien prononce ensuite quelques paroles sur l'image qu'il vient de poser devant lui et qui offre la représentation réelle ou symbolique de la personne qu'il veut ensorceler; puis il souffle et lance hors de sa bouche une portion de salive qui s'y était ramassée et fait vibrer en même temps les organes qui servent à énoncer les lettres de celte formule malfaisante ; alors il tend au-dessus de cette image symbolique une corde qu'il a apprêtée pour cet objet, et y met un noeud; pour signifier qu'il agit avec résolution et persistance, qu'il fait un pacte avec le démon qui était son associé dans l'opération, au moment où il crachait, et pour montrer qu'il agit avec l'intention bien arrêtée de consolider le charme. A ces procédés et à ces paroles malfaisantes est attaché un mauvais esprit qui, enveloppé de salive, sort ce la bouche de l'opérateur. Plusieurs mauvais esprits en descendent alors, et le résultat en est que le magicien fait tomber sur sa victime le mal qu'il lui souhaite. » (Prolégomènes, Ibn Khaldoun).

Pour détourner l'effet des incantations des sorciers et échapper à l'action des mauvais esprits, on avait souvent recours aux talismans et aux amulettes sacrées. Il y en avait de diverses espèces. C'étaient des bandes d'étoffe portant des formules écrites, que l'on fixait sur les vêtements ou même sur les meublés, comme les phylactères des Juifs; des statuettes de divinités qu'on portait suspendues au cou; des cylindres de pierre dure. La plupart des cylindres-cachets qui servaient à sceller les actes étaient en même temps des amulettes. Quelquefois aussi, c'étaient des pierres consacrées ou des gâteaux de terre cuite avec des formules conjuratoires, qu'on déposait dans les fondations des maisons, qu'on cachait dans les champs, on qu'on mettait de quelque manière en contact avec les objets qu'on voulait protéger.

Une formule raconte le cérémonial usité pour déposer un talisman préservateur dans la maison d'un malade, afin d'en expulser le démon de la fièvre :

« Pour la cérémonie de l'élévation de vos mains je me suis couvert d'un voile bleu sombre, J'ai remis dans vos mains un vêtement d'étoffe bariolée, j'ai disposé un barreau de bois pris dans le coeur du tronc de l'arbre, J'ai complété la barrière, je l'ai lavée, je vous ai remis à vous... (Lacune de quatre versets). Deux images du héros des décisions, à la figure complètement formée, qui empale les gallu mauvais placez-les à droite et à gauche, à la tête du malade. L'image du roi de puissance (Nergal), qui n'a pas de rival, placez-la fixée à la clôture de la maison. L'image du dieu se manifestant dans la vaillance, qui n'a pas de rival, Et l'image du dieu Narudi, seigneur des grands dieux, Placez-les en bas du lit, Afin que rien de mauvais n'approche, placez les dieux Mulu-lal et Latarak à la porte; Afin de repousser tout mal, placez-les en épouvantail, en face de la porte; Le héros combattant, placez-le,... à l'intérieur de la porte; Le héros combattant, qui oppose sa main aux mauvaises influences, placez-le au seuil de la porte, Placez-le à droite et à gauche. L'image gardienne du seigneur de la terre (Ea) et de Silik-muleuhi (Marduk) placez-la à droite et à gauche...  O vous, issus de l'Océan, brillants enfants du seigneur de la terre (Ea), Mangez le bon aliment, buvez le breuvage miellé ! Que garce à votre garde, rien de mauvais ne puisse entrer! » L'effet miraculeux du talisman est encore consigné dans le document qui-suit : « Talisman, talisman, borne qu'on n'enlève pas, borne posée par les dieux, que l'on ne franchit pas. borne immuable du ciel et de la terre, qu'on ne déplace pas, seul dieu qui n'est jamais abaissé; ni dieu ni homme ne peuvent dissiper ta puissance; piège qu'on n'enlève pas, disposé contre le maléfice, cimeterre qui ne s'en va pas, opposé au maléfice! - Que ce soit un utuk mauvais, un alu mauvais, un ekim mauvais, un rabiç mauvais, Un fantôme, un spectre, un vampire, Un incube, un succube, un servant femelle nocturne, Ou bien la peste malfaisante, la consomption douloureuse on une maladie mauvaise - qui résiste aux eaux d'Ea, répandues par aspersion, Que le piège d'Êa le prenne! - Qui s'attaque aux greniers de Nirba, Que le cimeterre de Nirba le taille en pièces! - Qui franchisse la borne de la maison, Que la borne des dieux, borne du ciel et de la terre, ne le laisse plus échapper! ... - qui revienne sur la maison, Qu'ils le fassent tomber dans les rets, dans la maison! - qui circule ailleurs, qu'ils le rejettent ailleurs, dans les lieux stériles!
- qui soit arrêté dehors, par la porte de la maison, qu'ils l'enferment dans la maison, dans un lieu d'où l'on ne sort pas - qui s'applique à la porte et au verrou, que la porte et le verrou l'enferment dans un lieu qui ne s'ouvre plus! - qui souffle dans les chéneaux et sur le toit, qui pousse avec effort sur le sceau de la porte et les gonds, qu'ils le fassent écouler comme des eaux! qu'ils le brisent comme une cruche de terre! qu'ils le broient comme du fard d'antimoine! - oui franchisse la charpente,  qu'ils lui coupent les ailes ! - qui présente son cou par la fenêtre, qu'ils lui coupent la gorge! »


Sous le pavé du seuil des portes du palais de Sargon, à Khorsabad, on a découvert une quantité d'objets talismaniques :

ce sont des images assez grossières de divinités : Bel, à la tiare garnie de plusieurs rangées de cornes de taureau; Nergal, à la tête de lion, Nabu, portant le sceptre. Le roi chaldéen Nergal-sar-ussur (Neriglissor) raconte qu'il fit placer dans les fondations de la grande pyramide, « huit figures talismaniques de bronze, pour éloigner les méchants et les ennemis par la terreur de la mort. »

Quelques-fines de ces figures talismaniques, sont inspirées par une idée singulièrement originale. Les Babyloniens se représentaient les démons sous des traits tellement hideux qu'ils croyaient qu'il suffisait de leur montrer leur propre image pour les faire fuir épouvantés. C'est l'application de ce principe que nous trouvons dans une incantation contre la peste.

« Le Namtar (la peste) douloureux brûle le pays comme le feu; comme la fièvre il se rue sur lhomme; comme une inondation, il s'étend sur la plaine; comme un ennemi il tend à l'homme ses pièges; comme une flamme il embrase l'homme. Il n'a pas de main; il n'a pas de pied : il vient comme la rosée de la nuit; comme une planche il dessèche l'homme;... Le docteur dit : Assieds-toi, et pétris une pâte d'aromates, et fais-en l'image de sa ressemblance (du Namtar). Applique-la sur la chair de son ventre (du malade); tourne la face (de cette image) vers le coucher du soleil. Alors, la force du mal s'échappera en même temps. »

Le musée du Louvre possède l'image d'un horrible démon debout, au corps de chien, aux pieds d'aigle, aux bras armés de griffes de lion, avec une queue de scorpion, la tête d'un squelette à demi décharné, gardant encore ses yeux et munie de cornes de chèvre, enfin quatre grandes ailes ouvertes. Un anneau placé derrière la tête servait à suspendre cette figure. Dans le dos est tracée une inscription en langue suméro-akkadienne qui apprend que ce personnage est le démon du vent du Sud-Ouest, et que l'image devait être placée à la porte ou à la fenêtre pour éloigner son action funeste. En effet, en Basse-Mésopotamie, le vent du Sud-Ouest est celui qui vient des déserts de l'Arabie et dont l'haleine brûlante, desséchant tout, produit. les mêmes ravages que le hamsin en Syrie et le simoun en Afrique du Nord.

Les collections des musées renferment beaucoup d'autres de ces figures de démons. L'un a une tête de bélier portée sur un cou d'une longueur démesurée; un autre présente une tête de hyène, à la gueule énorme et ouverte, portée sur un corps d'ours avec des pattes de lion.

Les taureaux ailés a tête humaine, qui flanquent les portes d'entrée des palais, sont, au contraire, des génies bienfaisants qui exercent une garde réelle et qu'on enchaîne pour toujours à ce poste d'honneur. Auprès d'une des entrées du palais de Nimrud était un bas-relief colossal, aujourd'hui à Londres; on y voit Raman, le dieu de l'atmosphère et des tempêtes, la tête surmontée de la tiare royale armée de cornes de taureau, les épaules munies de quatre grandes ailes, chassant devant lui et poursuivant de sa foudre un esprit malin qui a le corps, la tête et les pattes de devant d'un lion, les ailes, la queue et les pattes de derrière d'un aigle, avec l'encolure garnie de plumes au lieu de crinière. Sculpter ce groupe sur la muraille était assurer, aussi bien que par une conjuration, que le dieu chasserait toujours de même le démon s'il essayait de pénétrer dans le palais.

A Koyoundjik, au palais d'Assurbanipal, on voit en plusieurs endroits, des séries de figures monstrueuses, au corps d'homme surmonté d'une tête de lion, avec des pieds d'aigle. Il sont groupés deux à deux, se combattant à coups de poignard et de masse d'armes. Ce sont encore des démons, et la représentation sculpturale n'est qu'une traduction plastique de la formule que nous avons rencontrée dans plusieurs incantations :  

« Que les démons mauvais sortent! Qu'ils se saisissent réciproquement. »
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Arlitto
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:14

La divination

La divination en Mésopotamie

La divination fut mésopotamienne avant d'être adoptée par les Grecs, et jusqu'au bout les Chaldéens (entendons par ce terme les savants de toute la Mésopotamie et pas seulement de la Chaldée) conservèrent leur réputation dans ce domaine. Les sciences divinatoires sont d'origine chaldéenne, et c'est dans le milieu babylonien, où s'élaborèrent les plus hautes théories scientifiques, que furent conçues les principales méthodes pour l'investigation de l'avenir. La distinction que nous avons établie, à l'exemple des Grecs, entre le surnaturel et les conséquences rationnelles des lois physiques, n'est pas primordiale. La notion même de loi est très abstraite, et ces prêtres chaldéens, qui fondèrent les sciences mathématiques, s'occupèrent avec autant de passion de magie et de divination. Dans l'astrologie, ils restèrent sans rivaux, mais ils employèrent bien d'autres moyens pour sonder l'avenir, et la distinction peut dire artificielle que nous établissons entre l'étude des lois permanentes qui règlent les conditions générales de tout avenir et l'étude du devenir de tel être particulier, cette distinction entre la science et la divination, les Chaldéens ne la comprirent pas comme nous. Leur curiosité scientifique s'exerça de préférence dans la divination, dont les applications pratiques étaient immédiates.

La divination ou mantique repose sur la croyance à une révélation permanente que les dieux font aux humains au sujet des événements passés ou à venir. Elle régularise ces révélations en précisant les méthodes selon lesquelles on peut interpréter la volonté des dieux ou les interroger, les personnes et les lieux avec qui ils entrent le plus volontiers en communication. La foi à la divination est un élément essentiel des anciennes religions. Nul État, nul humain presque n'aurait osé entreprendre quelque chose d'important sans consulter les dieux. Cette croyance a fait la force principale des religions de l'antiquité classique.

« Sans la divination, les religions gréco-italiques, soutenues par le seul effort de l'imagination qui les avait enfantées, se seraient de bonne heure affaissées dans le vide de leurs doctrines; elles auraient subi le sort des théories qui éveillent ses besoins sans les satisfaire, et qui succombent sous le poids de leur inutilité pratique. La divination constituait le bénéfice le plus net que pussent tirer de leur religion des peuples énergiques et fiers comme les Grecs et les Romains. Ceux-là ne plaçaient point en dehors de l'existence terrestre le but de la vie humaine et n'entendaient point s'endormir dans la résignation paresseuse des races amollies qui demandent à leurs dieux d'agir à leur place. Rien, par conséquent, ne répondait mieux à leurs désirs qu'une source toujours ouverte de renseignements applicables à la conduite de la vie, de conseils qui ne dégénéraient point en ordres et ne supprimaient point l'initiative personnelle.

La divination repose sur les mêmes principes que la prière; elle est comme celle-ci une demande d'assistance adressée à la divinité, mais elle laisse une plus grande place à l'activité humaine, car elle ne demande qu'un conseil, un renseignement que l'humain voudra ensuite utiliser.

Les Hébreux.

Il est parlé dans la Bible de neuf espèces de divinations. La première avait lieu par l'inspection des étoiles, des planètes et des nuées; c'est l'astrologie judiciaire ou apotélesmatique, ce que Moïse nomme Meonen. La seconde est désignée sous le nom de Menakhesch, que la Vulgate et la plupart des interprètes ont rendue par augures. La troisième y est appelée Mekascheph, que les Septante et la Vulgate traduisent par maléfices, ou pratiques occultes et superstitieuses. La quatrième est appelée Khabarim, enchantements. La cinquième consistait à interroger les esprits pythons. La sixième, que Moïse appelle Iddeoni, était proprement le sortilège et la magie. La septième s'exécutait par l'évocation et l'interrogation des morts; c'était par conséquent la nécromancie. La huitième était la rhabdomancie, ou sort par la baguette ou les bâtons, dont il est question dans Osée; à cette huitième espèce on peut rapporter la bélomancie qu'Ezéchiel a connue. La neuvième et dernière était l'hépatoscopie ou inspection du foie.Le même livre fait encore mention des diseurs de bonne aventure, des interprètes des songes, des divinations par l'eau, par le feu, par l'air, par le vol des oiseaux, par leur chant, par les foudres, par les éclairs, et en général par les météores, par la terre, par des points, par des lignes, par des serpents, etc.


Les Grecs et les Romains.

La divination était une partie considérable de la théologie grecque et romaine; elle était même autorisée par les lois, particulièrement chez les Romains. Cicéron, dans son Traité sur la Divination, examine d'abord s'il est vrai qu'il puisse y en avoir, et dit que les philosophes avaient à ce sujet trois opinions. Les uns soutenaient que, dès qu'on admettait des dieux, il fallait nécessairement admettre la divination; les autres prétendaient qu'il pouvait y avoir des dieux sans qu'il y eût de divination; d'autres, enfin , étaient persuadés que, quand même il n'y aurait point de dieux, la divination pouvait exister.

Les Romains distinguaient la divination en artificielle et en naturelle. Ils appelaient divination artificielle, un pronostic ou une induction fondée sur des signes extérieurs, liés avec des événements à venir; et divination naturelle, celle, qui présageait les choses par un mouvement purement intérieur et une impulsion de l'esprit, indépendamment d'aucun signe extérieur. Ils subdivisaient celle-ci en deux espèces, l'innée et l'infuse. L'innée avait pour base la supposition que l'âme, circonscrite en elle-même, et commandant aux différents organes du corps, sans y être présente par son étendue, avait essentiellement des notions confuses de l'avenir, comme on s'en convainc, disaient-ils, par les songes, les extases, et ce qui arrive à quelques malades aux approches de la mort, et à la plupart des autres humains, lorsqu'ils sont menacés d'un péril imminent. L'infuse était appuyée sur l'hypothèse que l'âme, semblable à un miroir, était éclairée sur les événements qui l'intéressaient par une lumière réfléchie de Dieu, ou des esprits.

Ils divisaient aussi la divination artificielle en deux espèces : l'une expérimentale, tirée des causes naturelles, telles que les prédictions que les astronomes font des éclipses, etc., ou les jugements que portent les médecins sur la terminaison des maladies, ou les conjectures que forment les politiques sur les révolutions des Etats; l'autre consistant en pratiques capricieuses, fondées sur des jugements accréditées par la superstition. Cette dernière branche mettait en oeuvre la terre, l'eau, l'air, le feu, les oiseaux, les entrailles des animaux, les songes, la physionomie, les lignes de la main, les points amenés au hasard, les noms, les mouvements d'un anneau, d'un sas, et les ouvrages de quelques auteurs; d'où vinrent les sorts appelés Prénestins, Virgiliens , Homériques.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:16

La divination

Nous possédons sur la divination chaldéenne des renseignements étendus; les auteurs grecs nous en donnent beaucoup, et on a retrouvé des tablettes cunéiformes formant de véritables ouvrages sur cette matière. Diodore de Sicile constate quatre méthodes principales de divination mésopotamiennes : l'ornithomancie ou divination basée sur l'observation du vol des oiseaux; l'haruspicine, qui étudie les entrailles des victimes immolées aux dieux; la tératoscopie, étude des prodiges et des monstres; l'oniromancie, interprétation des songes. La littérature divinatoire était évidemment une partie considérable de la littérature mésopotamienne nous en avons retrouvé quelques écrits sur les briques déterrées dans les ruines de Ninive et de Babylone. Lenormant a cité, dans son ouvrage sur la Divination et la Science des présages chez les Chaldéens, une série de vingt-cinq tablettes représentant la table des matières d'un traité de la divination; quatorze chapitres sont consacrés aux présages terrestres, bons ou mauvais, et onze aux présages célestes; on étudie les signes formés par la pluie, l'orage, le vent, les oiseaux, les murmures de l'eau courante, du vent dans les arbres. Il est très regrettable que le texte de ce traité ne nous soit pas parvenu. L'ornithoscopie était très développée en Assyrie et en Chaldée. Le point de départ était venu de l'observation réelle; on savait que les oiseaux émigrent à certaines saisons, qu'ils annoncent des changements atmosphériques par leurs cris et la nature de leur vol; on leur avait donc prêté une valeur prophétique et on avait fondé sur ces observations réelles toute une science en partie chimérique. De même, le bruissement des feuilles et des rameaux des arbres était interprété.


Babylone


Babylone. - Ancienne ville de Mésopotamie (Irak), sur l'Euphrate à 93 kilomètres au Sud de la ville actuelle de Bagdad et dans le voisinage d'Hillah, capitale de ce que les historiens modernes ont appelé la Babylonie. A l'époque de sa splendeur, elle avait, nous disent les anciens auteurs, plus de 40 kilomètres de circonférence; on y admirait de superbes quais, 100 portes de bronze, des murailles très hautes, d'une largeur extraordinaire, et flanquées de 250 tours; on vantait ses jardins suspendus, que l'on comptait parmi les merveilles du monde, un temple de Marduk , l'Esagil, la grande ziggurat, l'Etemenanki; beaucoup de palais, etc.

Il ne reste de cette ville immense que des ruines, parmi lesquelles on remarque le Kasr ou palais et le Birs Nemrod ou tour de Nemrod.

D'occupation très ancienne (présences d'outils en pierre taillée), le site de Babylone n'était encore occupé que par une modeste bourgade, à l'époque où Sargon fondait Akkad, au XXIVe siècle avant notre ère. Et, au XXIe siècle, au temps de la troisième dynastie d'Ur, la cité n'était tout au plus qu'une capitale provinciale. Tout a changé à partir de l'établissement de la première dynastie amorrite (amorhéenne).

Hammourabi (XVIIIe siècle) lui donne toute son importance. La puissance politique de Babylone qui s'étend alors sur toute la partie méridionale de la Mésopotamie (Babylonie), ne durera sans doute pas. Mais la prospérité acquise pendant cette période se maintient, ainsi que le rôle de capitale religieuse que devait endosser durablement la ville, grâce à la promotion qu'elle sut imposer au sommet du panthéon mésopotamien de son dieu local, Marduk

Babylone. - Ancienne ville de Mésopotamie (Irak), sur l'Euphrate à 93 kilomètres au Sud de la ville actuelle de Bagdad et dans le voisinage d'Hillah, capitale de ce que les historiens modernes ont appelé la Babylonie. A l'époque de sa splendeur, elle avait, nous disent les anciens auteurs, plus de 40 kilomètres de circonférence; on y admirait de superbes quais, 100 portes de bronze, des murailles très hautes, d'une largeur extraordinaire, et flanquées de 250 tours; on vantait ses jardins suspendus, que l'on comptait parmi les merveilles du monde, un temple de Marduk , l'Esagil, la grande ziggurat, l'Etemenanki; beaucoup de palais, etc. Il ne reste de cette ville immense que des ruines, parmi lesquelles on remarque le Kasr ou palais et le Birs Nemrod ou tour de Nemrod.
D'occupation très ancienne (présences d'outils en pierre taillée), le site de Babylone n'était encore occupé que par une modeste bourgade, à l'époque où Sargon fondait Akkad, au XXIVe siècle avant notre ère. Et, au XXIe siècle, au temps de la troisième dynastie d'Ur, la cité n'était tout au plus qu'une capitale provinciale. Tout a changé à partir de l'établissement de la première dynastie amorrite (amorhéenne). Hammourabi (XVIIIe siècle) lui donne toute son importance. La puissance politique de Babylone qui s'étend alors sur toute la partie méridionale de la Mésopotamie (Babylonie), ne durera sans doute pas. Mais la prospérité acquise pendant cette période se maintient, ainsi que le rôle de capitale religieuse que devait endosser durablement la ville, grâce à la promotion qu'elle sut imposer au sommet du panthéon mésopotamien de son dieu local, Marduk.

Babylone a eu a subir plusieurs sièges, et a été plusieurs fois dévastée, notamment par les Hittites (1595), par Sennachérib (689). Elle se releva chaque fois, et s'agrandit même à l'époque d'Assurbanipal et de ses prédécesseurs immédiats (668-648). La chute de l'empire assyrien lui offre une nouvelle opportunité à partir de 625.

Babylone devient ainsi la capitale pendant presque un siècle, de ce que l'on a appelé l'empire Néo-Babylonien. Quand, elle se donna à Cyrus, en 539, cette ville, où les Juifs avaient été 70 ans captifs (605-536?), était encore, au temps d'Hérodote, la première ville du monde. Babylone déclina ensuite jusqu'au temps d'Alexandre (331). Ce conquérant l'avait choisie pour en faire la capitale de son empire en Asie, et il voulait la rendre plus magnifique qu'elle n'avait jamais été; mais sa prompte mort et la fondation de Séleucie en précipitèrent la décadence. Babylone existait encore, mais petite et presque vide, lors de la conquête du 2e empire perse par les Arabes.  

Les ruines de Babylone ont été explorées et décrites en 1851 et au cours des années suivantes par Fresnel, Thomas et Oppert, qui les ont examinées de manière à mettre de l'ordre dans les données jusqu'alors très confuses. De 1899 à 1917, une nouvelle campagne de fouilles, menée, cette fois de façon très approfondie, a été conduite par R. Koldewey. Par la suite plusieurs opérations de restauration de Babylone ont été engagées à l'initiative des autorités irakiennes, d'abord à la fin des années 1930, plus régulièrement après 1958, et surtout après 1978. Il y a encore eu une dernière campagne de fouilles en 1986, mais celle-ci s'est heurtée à la volonté du régime irakien de reconstruire sur les anciennes ruines une nouvelle Babylone à la gloire du président Saddam Hussein. Un nouveau palais a même été construit après la Première Guerre du Golfe (1991). Après l'invasion américaine de l'Irak (2003), le site a encore subi de nouveaux outrages : construction d'un héliport, dommages importants causés à la Porte d'Ishtar, vandalisme, etc.



L'Égypte avait aussi une Babylone, bâtie sur la rive droite du Nil, au point où ce fleuve reçoit le canal de Trajan. On croit que c'est aujourd'hui le Vieux Caire ou Baboul.

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:19

La chute de Babylone dans la Bible

Apocalypse 17

1 Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint me parler et dit: «Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux.
2 C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'immoralité, et c'est du vin de sa prostitution que les habitants de la terre se sont enivrés.»
3 Alors il me transporta en esprit dans un désert et je vis une femme assise sur une bête écarlate, couverte de noms blasphématoires et qui avait sept têtes et dix cornes.
4 Cette femme était habillée de pourpre et d'écarlate et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution.
5 Sur son front était écrit un nom, un mystère: «Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre.»
6 Je vis cette femme ivre du sang des saints, du sang des témoins de Jésus. En la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement.
7 L'ange me dit: «Pourquoi t'étonnes-tu? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes.
8 La bête que tu as vue existait et elle n'existe plus. Elle va monter de l'abîme et s'en aller à la perdition. Les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été inscrit dès la création du monde dans le livre de vie, s'étonneront en voyant que la bête existait, qu'elle n'existe plus et qu'elle reparaîtra.
9 C'est ici qu'il faut une intelligence éclairée par la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise.
10 Ce sont aussi sept rois: cinq sont tombés, l'un règne, l'autre n'est pas encore venu. Et quand il sera venu, il ne doit rester que peu de temps.
11 Quant à la bête qui existait et qui n'existe plus, elle est elle-même un huitième roi; elle fait partie des sept et s'en va à la perdition.
12 Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais ils reçoivent le pouvoir de régner pendant une heure avec la bête.
13 Ils ont une même pensée et ils donnent leur puissance et leur pouvoir à la bête.
14 Ils combattront contre l'Agneau et l'Agneau les vaincra parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles et sont avec lui les vaincront aussi.»
15 Puis il me dit: «Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues. 16 Les dix cornes que tu as vues et la bête détesteront la prostituée; elles la dépouilleront et la mettront à nu, elles mangeront sa chair et la détruiront par le feu.
17 En effet, Dieu leur a mis à coeur de réaliser son propre projet en ayant la même pensée et en donnant leur royauté à la bête jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies.

18
1 Après cela, je vis un autre ange descendre du ciel. Il avait un grand pouvoir et la terre fut illuminée de sa gloire.
2 Il cria d'une voix forte: «Elle est tombée, [elle est tombée,] Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire pour tout esprit impur, un repaire pour tout oiseau impur et détestable.
3 En effet, toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution, les rois de la terre se sont livrés avec elle à l'immoralité et les marchands de la terre se sont enrichis grâce à la démesure de son luxe.»
4 Puis j'entendis une autre voix venant du ciel qui disait:«Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin de ne pas vous associer à ses péchés et de ne pas être victimes de ses fléaux.
5 En effet, ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel et Dieu s'est souvenu de ses crimes.
6 Payez-la comme elle a payé et donnez-lui le double salaire de ses actes. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui le double.
7 Donnez-lui autant de tourment et de deuil qu'elle a fait la fière et s'est plongée dans le luxe. Parce qu'elle dit dans son coeur: 'Je siège en reine, je ne suis pas veuve et jamais je ne verrai le deuil',
8 à cause de cela, en un seul jour, les fléaux qui lui sont réservés s'abattront sur elle: la mort, le deuil, la famine, et elle sera réduite en cendres. En effet, il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée.»
9 Tous les rois de la terre qui se sont livrés avec elle à la prostitution et au luxe pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de la ville incendiée.
10 Ils se tiendront à distance, par crainte de son tourment, et ils diront: «Malheur! Malheur! La grande ville, Babylone, la ville puissante! En une seule heure ton jugement est venu!»
11 Les marchands de la terre pleurent aussi et sont dans le deuil à cause d'elle, parce que plus personne n'achète leur cargaison,
12 cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de toutes sortes de bois de senteur, de toutes sortes d'objets en ivoire, en bois très précieux, en bronze, en fer et en marbre,
13 de cannelle, [d'aromates,] de parfums, de myrrhe, d'encens, de vin, d'huile, de fine farine, de blé, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d'âmes humaines.
14 «Les fruits que tu désirais profondément sont partis loin de toi; toutes ces richesses et ces splendeurs sont perdues pour toi et tu ne les retrouveras plus.»
15 Les marchands de ces produits, qui se sont enrichis en commerçant avec elle, se tiendront à distance, par crainte de son tourment. Ils pleureront et seront dans le deuil;
16 ils diront: «Malheur! Malheur! La grande ville qui était habillée de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites!»
17 Tous les capitaines, tous ceux qui naviguent, les marins et tous ceux qui vivent de la mer se tenaient à distance
18 et ils s'écriaient, en voyant la fumée de l'incendie: «Quelle ville pouvait se comparer à la grande ville?»
19 Ils se jetaient de la poussière sur la tête et ils criaient, dans les pleurs et le deuil: «Malheur! Malheur! La grande ville dont la prospérité a enrichi tous ceux qui possèdent des bateaux sur la mer, en une seule heure elle a été dévastée!»
20 Ciel, réjouis-toi à cause d'elle! Et vous, les saints, les apôtres et les prophètes, réjouissez-vous aussi, car Dieu vous a fait justice en la jugeant.
21 Alors, un ange puissant prit une pierre qui ressemblait à une grande meule et il la jeta dans la mer en disant: «C'est avec la même violence que Babylone, la grande ville, sera jetée à bas, et on ne la retrouvera plus.
22 On n'entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette. On ne trouvera chez toi plus aucun artisan d'un quelconque métier et l'on n'y entendra plus le bruit de la meule.
23 La lumière de la lampe ne brillera plus chez toi et l'on n'y entendra plus la voix des jeunes mariés. Cela arrivera parce que tes marchands étaient les grands de la terre et que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie,
24 parce que l'on a trouvé chez toi le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre.»

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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:20

L'idolâtrie dans les religions







Allah est le Dieu Lune Sîn/Nanna de Babylone



Nanna ou Sîn sont les noms les plus courants du dieu mésopotamien de la Lune. Il s'agit d'une des plus importantes divinités des panthéons du Proche-orient ancien. Les Sumériens le nommaient entre autres Nanna ou Zu-en, les Akkadiens, les Babyloniens et les Assyriens plus volontiers Sîn. Son culte est réputé très ancien dans la ville d'Ur (De là ou vient Abraham). Sous ses différents noms, il fut très tôt adoré dans la plupart des grands centres urbains mésopotamiens.
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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:22

Jérémie 19:5

Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, Pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal: Ce que je n'avais ni ordonné ni prescrit, Ce qui ne m'était point venu à la pensée.


Moloch est dans la tradition biblique le nom du dieu auquel les Ammonites, une ethnie cananéenne, sacrifiaient leurs premiers-nés en les jetant dans un brasier.


Actes 7:43
Vous avez porté la tente de Moloch Et l'étoile du dieu Remphan, Ces images que vous avez faites pour les adorer! Aussi vous transporterai-je au delà de Babylone.


Deutéronome 18:10
[size=150]Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu,[/size] personne qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure, de magicien,


Rois 16:3
Il marcha dans la voie des rois d'Israël; et même il fit passer son fils par le feu, suivant les abominations des nations que "YHWH Dieu" avait chassées devant les enfants d'Israël.

2 Rois 21:6
Il fit passer son fils par le feu; il observait les nuages et les serpents pour en tirer des pronostics, et il établit des gens qui évoquaient les esprits et qui prédisaient l'avenir. Il fit de plus en plus ce qui est mal aux yeux de "YHWH Dieu", afin de l'irriter.

2 Rois 23:10
Le roi souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l'honneur de Moloc.


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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:24

L'idolâtrie dans les religions

La Croix: Culte Paienne et Phallique


The Two Babylons
Par Alexander Hislop page 199

TRADUCTION:
La croix ainsi largement vénérée, ou considéré comme un emblème sacré,était le symbole indubitable de Bacchus, le Messie Babylonien, car il a été représenté avec u[i]n bandeau couvert de croix.

la fléche Jaune= Croix
la fléche Rouge=Soleil
la fléche Vert=La lune


notez pour les premirs chrétiens jésus a été crucifié sur un "Stauros"(arbre)


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MessageSujet: Re: Les "religions" de Babylone la Grande.   Mer 4 Fév 2015 - 22:28

Les prêtresses d’Allât

Elle fut célébrée par sept prêtresses nues qui gravitaient sept fois autour de cette pierre, une fois pour chaque planète (soleil / lune / mars / mercure/ vénus/ Jupiter / saturne).

A ce jour, les hommes qui gardent la Kaaba sont encore appelés "fils de l’Ancienne Femme","fils de Saba", en arabe "Beni Shaybah".

La déesse Allat avait un surnom, ou un titre supplémentaire, Saba prononcé Shaybah, signifiant sage-femme, ou, "Celle de l’ancienne sagesse". Avant l’Islam, les gardiens du Sanctuaire étaient des prêtresses appelées "Bathi-Sheba","filles de l’Ancienne Sage Femme". Bethsabée, "fille de Saba" signifie, ‘‘prêtresse de la maison de Saba". Les musulmans ont gardé ce sanctuaire cubique, et marchent encore autour, tout comme on le faisait à l’époque où on vénérait la Déesse.



Le culte des pierres



Vénérer une pierre est typiquement païen. On appelle ces pierres divines béthyle (de l’hébreu béthel "pierre sacrée"), et est une pratique polythéiste classique de l’antiquité.

La pierre de la Kaaba n’échappe pas à cette règle.

Cette pierre faisait en effet l’objet de vénération pré-islamique. Le culte pré-islamique des pierres peut être rapproché à des cultes lithiques des bétyles qui furent répandus dans tout le Proche Orient dès la plus haute antiquité.

En effet ce culte rendu à une pierre n’est pas isolé dans l’Antiquité : on peut citer la pierre noire d’Émèse dont Héliogabale fut le grand-prêtre avant de devenir empereur romain, la pierre noire de Dusares à Petra, et c’est sous la forme d’un bétyle qu’en 204 avant J-C que Cybèle, la déesse-mère phrygienne de Pessinonte, fait son entrée à Rome.

Dans de nombreuses cités orientales, des pierres sacrées sont l’objet de la vénération des fidèles, telles l’Artémis de Sardes ou l’Astarté de Paphos. En Arabie ce n’était pas une exception car le culte des pierres était omniprésent dans la société pré-islamiques. Par exemple la "pierre rouge" était la divinité de la ville arabe au sud de Ghaiman, ou la "pierre blanche" dans la Kaaba d’al-Abalat (près de la ville de Tabala, au sud de La Mecque).




La pierre noire, vulve d’Allat ?



Beaucoup d’occidentaux, surtout des sages-femmes, ont observé que l’écrin de la pierre noire, à l’angle de la Kaaba, a une forme de vulve, avec une tête de bébé qui en sort.

Le mot Hajj (pèlerinage islamique à La Mecque) est dérivé de «Hack» qui veut dire friction en langue Arabe car il y avait un rituel païen dans lequel les femmes frictionnaient leur partie génitale sur la pierre noire espérant ainsi augmenter leur fertilité.(Dr.Jawad Ali dans son livre «L’histoire des arabes avant l’Islam» partie 5,page 223). Elle enduisaient la pierre avec le sang des menstrues et tournaient nues tout autour.




Une survivance de culte phallique à La Mecque ?



La Lapidation de Satan (arabe : رمي الجمرات, Ramy al-Jamarat signifiant « lancer [de pierre] sur les cibles [piliers] ») est une cérémonie pratiquée par les musulmans lors de leur pèlerinage ( Hajj ), au cours de laquelle ils jettent des pierres, qu’ils auront collectées durant une phase antérieure du pèlerinage, sur trois rochers qui symbolisent le diable. Ce rite s’effectue le 3e jour du pèlerinage à Mina en Arabie saoudite, à 5 km à l’est de La Mecque. Les trois piliers de pierre (un petit, un moyen et un grand) furent remplacés par les autorités saoudiennes en 2006 par trois murs de pierre, pour prévenir les accidents. Si l’écrin de la Pierre Noire de la Kaaba fait irrémédiablement penser à un vagin, les 3 piliers semblent représenter des phallus, ce qui confirmerait que La Mecque ait été un sanctuaire païen dédié à des cultes de fertilité.

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