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 La non-violence n'est pas une faiblesse

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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 19:37

Anaïs a écrit:
Mais les enfants agressées ne sont pas malheureusement dans l'état que je décris..
Bien sûr que SI
On est dans le vif du sujet.
Un enfant peut rester stoïque fasse à son agresseur Anaïs...
Il est stoïque pour 2 raisons :
1 - il peut rester calme, car il sait que ce n'est pas normal...et il prie au fond de lui pour que ça s'arrête.
Il a TERRIBLEMENT confiance.
2 - Il reste stoïque car il sait que ce n'est pas son "Incapacité" qui est en cause, mais son "Impuissance".
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 19:41

Afin de concilier Anaïs et Moi, car c'est possible, la maîtrise de soi est le préalable indispensable à l'aide à autrui. Si l'on est incapable de maîtriser sa colère comment peut on espérer aider autrui à faire de même ?

Pour reprendre des faits propres au bonddhisme, un certain nombre de grands maître du passé commencèrent par faire de longues retraites seuls dans des grottes pendant des années, afin de s'auto-discipliner, de maîtriser leur mental, d'atteindre un niveau de pureté et de lucidité personnelle et sur le monde, de sérénité suffisante pour se permettre de revenir ensuite dans le monde en étant efficace dans l'aide à autrui. Ce n'est qu'après cet isolement rigoureux, cet entraînement sévère, face à eux-même, dans la solitude, le dénuement, l'ascèse, après avoir triomphé de mains démons et obstacles, qu'ils purent ressortir suffisamment forts pour oser prétendre aider autrui. Pas avant. (D'ailleurs Jésus fit aussi de même).

On prête au Bouddha une phrase sans ambiguïté non pas sur la violence mais sur la force, l'usage de la force :

"La force est l'arme de ceux qui ont tort".

Toutefois le Bouddha insiste aussi sur l'importance de mettre à l'épreuve ce qu'il avance, de ne pas le croire sur parole et d'être pragmatique.

Après sont Eveil le Bouddha ne se serait que très rarement mis en colère, et son seul motif aurait été quand on se permettait de déformer sciemment son enseignement. C'était quelque chose de trop important (soulager la souffrance humaine) pour que l'on plaisante avec cela. Mais il est aussi arrivé au Bouddha d'user de l'humour et du rire pour répondre et vaincre ses détracteurs, un humour subtile toutefois.

Après il est judicieux je crois de définir clairement ce que l'on entend par "violence". Il y a maintes formes de violence. Personnellement et c'est le fruit de mon vécu, de mon expérience, plus j'approfondis ma pratique du bouddhisme plus je remarque la violence "cachée" là ou autrefois je ne l'aurais pas vu. Par exemple, chercher à faire douter une personne de ses convictions religieuses est devenue pour moi quelque chose de révoltant. Même par soucis de bienveillance. Aussi bien à infliger qu'a subir. Et croyez moi je n'étais pas ainsi il y a 10 ans. Je n'étais ni fanatique ni prosélyte mais je ne voyais pas à quel point je pouvais moi même être parfois violent s'en m'en rendre compte.

On peut être très violent s'en s'en rendre compte. Chacun de nous a une sensibilité qui lui est propre. La dimension spirituelle est quelque chose de très intime, délicat.

Notre époque est très violente par certains cotés. Moins directement qu'autrefois mais plus sournoisement je crois.

Mais il serait bon je crois que nous essayons de nous mettre d'accord sur ce que nous entendons par "violence". Car il est fort probable que nous disposions chacun d'un définition qui nous est propre.

Au premier abord quand j'entend le mot "violence" je pense au mot "viol". Hors qu'est ce qu'un viol ? Une contrainte, quelque chose de douloureux physiquement et moralement, quelque chose d'invasif et une négation de la liberté et de la sensibilité de l'autre au profit de son seul plaisir à soi.

Qu'en pensez vous ?

Je dispose d'un dictionnaire étymologique si vous voulez je peux chercher. L'étymologie est une science qui peut être très utile car elle rappelle le sens originel des mots.

Je pense que nous pouvons avoir ici une discussion très productive et enrichissante si nous évitons certains écueils habituels.

Déjà sommes nous tous d'accord pour dire que, même si nous avons des avis divergeant, nous cherchons tous à notre façon ce que nous estimons être la meilleure chose pour l'homme ? A savoir ne pas souffrir ? Certains dirons qu'il ne doit pas être violent pour cela d'autres dirons qu'il est nécessaire de l'être parfois pour qu'il ne souffre pas. Mais sommes nous au moins tous d'accord sur le postulat commun bienveillant que nous cherchons tous à ne pas souffrir ? Et que nous sommes convaincus que notre perception des choses personnelle à chacun en matière de violence ou non violence est l'approche la plus efficace pour atteindre ce but ?
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Anaïs
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 19:50

L'une de nos souffrances c'est d'avoir besoin d'aide....
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 19:54

Compagnon a écrit:
Ce n'est qu'après cet isolement rigoureux, cet entraînement sévère, face à eux-même, dans la solitude, le dénuement, l'ascèse, après avoir triomphé de mains démons et obstacles, qu'ils purent ressortir suffisamment forts pour oser prétendre aider autrui. Pas avant
Bien, bien, bien.
Si bouddha a dit, autant ne plus rien oser, car vivre dans une grotte aujourd'hui, isolé, relève déjà du miracle.

passez une bonne soirée tous les deux.
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 19:59

C'est sans doute plus compliqué qu'a l'époque du Bouddha certes :)

Quand à caricaturer, déformer nos propos Moi, c'est indigne de toi, ta phrase à l'emporte pièce n'est en rien conforme à nos propos ci-dessus au contraire. :)

Je suis persuadé que tu es plus intelligent, plus fin que cette déformation grossière dont tu nous gratifie :)
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 20:07


Ce qui est difficile à d'expliquer c'est ce ressenti intérieur qui est parfois lourd, parfois léger et qui fait toute la différence...

En fait ce n'est pas l'expliquer qui est difficile mais de faire prendre conscience à une personne qu'elle a ça en elle, et qu'il suffit d'écouter...
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 20:11

Compagnon a écrit:
C'est sans doute plus compliqué qu'a l'époque du Bouddha certes :)

Quand à caricaturer, déformer nos propos Moi, c'est indigne de toi, ta phrase à l'emporte pièce n'est en rien conforme à nos propos ci-dessus au contraire. :)

Je suis persuadé que tu es plus intelligent, plus fin que cette déformation grossière dont tu nous gratifie :)
Excuses moi cher ami, mais quand tu sers bouddha à toutes les sauces juste pour justifier ce que tu dis, comme si c'était paroles divines, tu insultes effectivement mon intelligence.

Je vais donc faire comme tu le proposes, et passer outre.
Tu vois, j'apprends vite Wink

Passes une bonne soirée, ne t'agaces pas avec moi.
Je te laisse le dernier mot Wink
A+
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 20:27

Excuses moi cher ami, mais quand tu sers bouddha à toutes les sauces juste pour justifier ce que tu dis, comme si c'était paroles divines, tu insultes effectivement mon intelligence.

Voyons... nous sommes sur un forum de discussion inter-religieuse, dans la section reservées aux spiritualités orientales, plus particulièrement au bouddhisme et sur une topic concernant un texte d'un moine bouddhiste tibétain... cela me paraît une très forte légitimité en matière de "servir du Bouddha à toutes les sauces" non ? XD

Penses tu donc alors que ton intelligence se sente légitimement insultée ? Doit-on s'étonner de trouver de la viande sur l'étalage d'un boucher ? Si c'est le cas le problème vient-il vraiment du boucher ?

Quand aux "paroles divines", si tu as bien lu ce que j'ai écris plus haut il n'en est rien, cela nécessite d'être attentif à ce que j'écris.

Je ne suis point agacé rassures toi :)
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:05

Compagnon a écrit:
un certain nombre de grands maître du passé commencèrent par faire de longues retraites seuls dans des grottes pendant des années, afin de s'auto-discipliner, de maîtriser leur mental, d'atteindre un niveau de pureté et de lucidité personnelle et sur le monde, de sérénité suffisante pour se permettre de revenir ensuite dans le monde en étant efficace dans l'aide à autrui. Ce n'est qu'après cet isolement rigoureux, cet entraînement sévère, face à eux-même, dans la solitude, le dénuement, l'ascèse, après avoir triomphé de mains démons et obstacles, qu'ils purent ressortir suffisamment forts pour oser prétendre aider autrui. Pas avant.
Et tu crois que tu te places où en tenant un tel Jugement?
Veux-tu peut-être tenir ce genre de dialogue à des professionnels de santé?
Je te le répète :
Où te places-tu quand tu tiens un tel jugement si ce n'est au dessus?

Citation :
Je ne suis point agacé rassures toi :)


Et bien permet moi de douter de toi, car ce que tu dis là :
Citation :
Quand à caricaturer, déformer nos propos Moi, c'est indigne de toi, ta phrase à l'emporte pièce n'est en rien conforme à nos propos ci-dessus au contraire. :)

Je suis persuadé que tu es plus intelligent, plus fin que cette déformation grossière dont tu nous gratifie :)
Même avec un sourire hypocrite, ça ne parait pas très serein comme dialogue.

Bon...tu reviens au sujet maintenant.

La NON-VIOLENCE compagnon ...tu la prônes!!!!
Allez, fais un effort encore s'il te plait!
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:11

Essaies de maîtriser tes nerfs....
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:14

Je vais bien Anais Wink
je ne suis pas angoissé de nature.
Je dis ce que je pense c'est tout.
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:30

Et tu crois que tu te places où en tenant un tel Jugement?
Veux-tu peut-être tenir ce genre de dialogue à des professionnels de santé?
Je te le répète :
Où te places-tu quand tu tiens un tel jugement si ce n'est au dessus?


Je ne comprends pas la raison de telles questions.

J'ai la nette impression que nous ne nous comprenons pas du tout.

Je ne juge pas, j'explique la façon de fonctionner de certains grands maîtres bouddhistes du passé qui relève du bon sens. De même un professionnel de santé est justement un "professionnel", c'est quelqu'un qui a passé des années à étudié un domaine spécifique de la santé, physique ou mentale, un professionnel de santé occidental le fera dans une université, passera des examen, aura un diplôme. Une personne ne va pas s'auto-proclamée médecin sans aucunement avoir suivi des études.

Les grands maîtres bouddhiste étudiaient la médecine de l'esprit en fait, en commençant par étudier le fonctionnement de leur propre esprit dans l'isolement d'un caverne pour certains.

Tout comme un athlète s'entraîne durant des années pour aller ensuite faire des compétitions.
Je ne vois pas ou est le jugement dans ce que je dis, c'est du bon sens.

Evidemment que je peux tenir un tel discours à un professionnel de santé, mes parents étaient dentistes tous les deux, ils ont étudié pour cela. Ils sont bien placés pour savoir qu'on ne s’improvise pas dentiste.

Il n'y a aucun jugement simplement du bon sens, je ne me place nulle part. Et par expérience personnelle, j'ai commencé par faire plusieurs années d'études en fac avant d'enseigner l'histoire et la géographie au collège, donc je suis comme tout le monde, un médecin occidental va étudier en fac pendant des années avant de prendre en charge des patients, un enseignant en histoire va étudier sa matière pendant des années en fac avant de prendre en charge des élèves et un maître bouddhiste passera des années à étudier la nature de l'esprit, par l'introspection, avant de se permettre de prodiguer des conseils à autrui.

La démarche est la même pour tous.
Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a reprocher à une telle logique.

Doute autant que tu veux de moi XD Je suis parfaitement à l'aise dans mon esprit en ce moment. Je te laisses tes doutes sur moi, je suis au contraire d'une grande sérénité, ne me prête pas un état d'esprit qui n'est pas mien.

Même avec un sourire hypocrite, ça ne parait pas très serein comme dialogue.

Bon...tu reviens au sujet maintenant.

La NON-VIOLENCE compagnon ...tu la prônes!!!!
Allez, fais un effort encore s'il te plait!


Que dire devant cela... Rien. Silence. C'est préférable. Ne me sentant nullement coupable de quoi que ce soit, je n'ai aucun besoin de me justifier :)

Anaïs à raison je le crains. Il n'y a aucune violence volontaire de ma part dans mes écrits. Qu'y a t-il dans les multiples points d'exclamation qui ponctuent tes dernières lignes ?

Sans problème pour revenir au sujet, tu nous remets sur les rails ? Car il est facile d'émettre des critiques sans apporter la moindre solution concrète. Alors que proposes tu pour revenir au sujet ?
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:34

moi a écrit:
Je vais bien Anais Wink
je ne suis pas angoissé de nature.
Je dis ce que je pense c'est tout.


Ce que tu penses me concernant en tout cas est incorrect et véhément, je n'ai toutefois aucun moyen de 'en convaincre puisque tu ne peux être dans ma tête. Et ce que tu penses de moi n'a aucune espèce d'importance pour moi. XD

Néanmoins si tu souhaites poursuivre la discussion il va falloir quand même m'accorder un minimum de crédit... sinon quoi que je dise, cela ne servira à rien. Et à quoi bon continuer ?
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:35

Il n'est pas le centre du monde, il est venu partager la discussion, il peut se retirer quand il veut, s'il n'a pas d'argument à soumettre...
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:39

Anaïs a écrit:
Il  n'est pas le centre du monde, il est venu partager la discussion, il peut se retirer quand il veut, s'il n'a pas d'argument à soumettre...

Absolument vrai. C'est valable pour chacun d'entre nous.
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:47

Citation :
Sans problème pour revenir au sujet, tu nous remets sur les rails ? Car il est facile d'émettre des critiques sans apporter la moindre solution concrète. Alors que proposes tu pour revenir au sujet ?
Que tu continues sans moi, on ne se comprend pas effectivement.
Tu peux remarquer que je ne suis pas bavard
Je viens de manger, et je pense, que le mieux est que tu continues dans ta voie.
Bonne soirée à vous deux.


Dernière édition par moi le Dim 8 Jan 2017 - 21:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:48

Bonne soirée à toi et bonne digestion :)
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Dim 8 Jan 2017 - 21:48

Merci compagnon
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Lun 9 Jan 2017 - 11:03

Un texte complet par un vietnamien concernant le sujet (site buddhaline) :

Violence et non-violence

Par Dr Trinh Dinh Hy

Lorsque l’on porte un regard en arrière sur le siècle passé, et que l’on suit les informations sur les actualités quotidiennes, on ne peut s’empêcher de faire un constat terrible et angoissant : notre monde est de plus en plus violent.

Bien sûr, de tout temps il y a eu des guerres, des massacres, des oppressions de toute sorte. La paix, tant rêvée par les hommes, n’a jamais duré très longtemps, même dans les parties les plus épargnées de la planète. Les sociétés humaines sont ainsi faites, et il faut se faire à l’idée que nous vivons comme des animaux, dans une jungle où " manger ou être mangé " est la règle, et où " l’homme est un loup pour l’homme ". L’agressivité fait partie même des moyens de sauvegarde de la vie, puisque la loi naturelle veut que seuls survivent les individus qui savent se défendre.

Mais, ce qui est plus nouveau et inquiétant, c’est que les acteurs de la violence disposent des moyens de plus en plus efficaces et destructeurs. En quelques siècles, on est passé des armes blanches aux armes à feu, aux explosifs, puis aux armes nucléaires, chimiques, biologiques, pilotées par ordinateur, par rayon laser, et dans ce domaine les recherches technologiques vont bon train, financées par de puissants lobby de l’armement.

La violence est aussi devenue civile et pas seulement militaire, rurale et pas seulement urbaine, entre ethnies et pas seulement entre nations, gratuite et pas seulement par nécessité.

Et ce qui est grave, c’est qu’elle semble de plus en plus répandue, à l’école, sur les routes, sur les lieux de travail... On dirait qu’elle est contagieuse parmi les jeunes, véhiculée par les médias, et que rien ne l’arrête, pas même les lois (souvent trop laxistes), que la police (de plus en plus démotivée) tente vainement de faire respecter.

La violence moderne se vit au quotidien, avec selon des statistiques récentes, 11000 délits et des dizaines de voitures brûlées par jour, en France...

Qu’est-ce que la violence ?

C’est par définition " le caractère de ce qui se manifeste, se produit et produit ses effets avec une force intense, extrême, brutale ".

Elle peut être évidente, sous forme d’agressions de toutes sortes : guerres, massacres, déportation, assassinats, meurtres, viols, enlèvements, braquage, racket, vols, coups et blessures, maltraitance... Mais elle peut être simplement verbale : injures, diffamation, harcèlement... jusqu’à revêtir les formes les plus subtiles d’oppression, de contrainte.

Elle peut surgir de la simple misère, physique ou morale. Par exemple dans la situation de celui qui sombre dans la dépression, qui se fait violence jusqu’à se supprimer, parce qu’il n’a plus rien à espérer de la vie.

En vérité, quelle est la raison profonde de la violence ? Répondre à cette question, c’est déjà amorcer une solution au problème.

Il n’y a probablement pas une mais de multiples raisons à la violence, comme à chaque situation violente peuvent correspondre de multiples facteurs déclenchants et de multiples conditions qui les déterminent.

Il y a tout d’abord des situations qui nourrissent la haine, les rancoeurs, et en font le creuset d’une violence contenue, laquelle pourra devenir un jour explosive. Ce sont toutes les formes d’oppression d’un groupe d’individus par un autre, l’occupation d’un pays par un autre pays, la confiscation du pouvoir par un tyran ou un parti unique au dépens de la grande majorité du peuple. C’est la situation désespérée d’un classe sociale miséreuse et laissée pour compte, à côté d’une classe nantie et privilégiée. Ce sont, en général, toutes les situations de déséquilibre social qui génèrent un sentiment d’injustice, d’oppression, de révolte, et donc des germes de violence.

A l’échelon individuel, on retrouve à chaque fois les mêmes ingrédients de la violence : les passions (dont la haine), l’ignorance, le déséquilibre mental des acteurs de la violence. La violence est une expression du mal-être de l’individu lorsqu’elle est isolée, ou de la société lorsqu’elle est collective.

Il suffirait - mais il est plus facile de le dire que le faire - de dépassionner, de ramener à la raison, à l’équilibre mental l’acteur de la violence, pour que celle-ci disparaisse. Un homme équilibré, bien dans sa peau, heureux et lucide, aimant soi-même et les autres, ne peut pas être violent. Comme le disait Socrate, " Nul n’est méchant volontairement ".

En fin de compte, la violence se trouve, non pas en dehors, mais à l’intérieur de chacun de nous.

Si l’on veut lutter contre la violence, il faut l’extirper à la racine, c’est-à-dire de notre esprit. Plutôt que contre la violence, c’est contre l’esprit violent qu’il faut lutter.

Que faire face à la violence ?

- La réaction habituelle face à la violence est de répondre par la violence. C’est le vieil adage " Oeil pour oeil, dent pour dent ", ou la loi du talion. Il suffit que quelqu’un m’insulte, parce que je l’ai bousculé au passage, pour que je lui réponde aussitôt par une autre insulte. Que quelqu’un me fasse une queue de poisson en voiture, pour qu’aussitôt je cherche à lui rendre la pareille. Les violences ainsi s’enchaînent, incontrôlables par l’un et l’autre des antagonistes, jusqu’à ne plus s’arrêter. A l’échelle de deux pays, c’est une guerre qui peut durer des siècles, d’un coût exorbitant en vies humaines, en deuils, en richesse nationale. Comme le dit un proverbe chinois, " Lorsque deux tigres s’entredéchirent, le plus petit est tué, le plus grand grièvement blessé ". Ce n’est pas assurément la meilleure réponse à faire à la violence, mais c’est malheureusement la plus courante.

- Une autre manière de réagir est de ne rien faire, c’est-à-dire de laisser faire. Attendre que l’orage passe, que le sujet violent s’apaise de lui-même. C’est le principe du non-agir.

- Enfin, une troisième attitude est de refuser la violence, d’où qu’elle vienne. Ne pas accepter la violence qui s’abat sur soi, mais ne pas répondre non plus par la violence : c’est le principe de la non-violence.

Qu’est-ce que la non-violence ?

La non-violence peut revêtir deux significations :

1. L’abstention de toute violence, dans quelque domaine que ce soit.

2. Le principe de conduite en vertu duquel on renonce à la violence comme moyen d’action politique.

Le principe de non-violence est appelé en Inde a-himsa (privatif de himsa = nuire, endommager), mot qui peut ainsi avoir une traduction courante : non-violence, ou une traduction technique : non-nuisance.

En dépit des entorses dans la pratique quotidienne, ahimsa reste une des valeurs fondamentales de la civilisation indienne.

Dans le Bouddhisme, elle revêt une importance capitale, car la première observance des cinq règles morales (sila, gio’i) du pratiquant bouddhiste est de " s’abstenir de tuer, d’attenter à la vie (avihimsa, không giê’t ha.i) ". Cette règle est fondée sur la croyance au cycle de renaissances (samsara, luaân hoài), à l’idée que tous les êtres sont à la fois interdépendants par la loi de la production conditionnée (pratitya-samutpada, ly’ duyen khoi) et des manifestations de la Vacuité (sunyata, Khoâng). Ce sont aussi les vertus cardinales bouddhiques de l’amour universel et la compassion (maitri, karuna, tu` bi), qui incitent naturellement au respect de la vie.

Dans le Jaïnisme, l’ahimsa est poussé jusqu’à l’extrême. Le premier grand voeu de l’adepte Jaïn est de renoncer solennellement à léser ou endommager la moindre parcelle de vie (jiva), si humble soit-elle. Ainsi voit-on encore en Inde des adeptes Jaïn balayer devant leur passage pour ne pas écraser des insectes en marchant, porter des masques pour ne pas les inhaler, boire de l’eau sans le bouillir pour ne pas tuer les micro-organismes...

Malgré ce côté excessif, il faut reconnaître que, comme beaucoup de termes privatifs en sanskrit, ahimsa peut avoir des implications positives dans divers aspects de la vie.

Ahimsa ne signifie pas seulement la non-nuisance, mais encore le respect de toutes les formes de vie, la bienveillance, la compassion envers tous les êtres vivants. " L’ahimsa n’est pas la chose simple et grossière qu’on a dépeinte. Ne faire de mal à aucun être vivant est sans doute une partie de l’ahimsa, mais ce n’en est que le plus petit aspect. Le principe de l’ahimsa est enfreint par toute pensée mauvaise, par toute hâte injustifiée, par la haine, le mensonge, le fait de souhaiter du mal à quiconque. On le viole également lorsque l’on retient pour soi ce dont le monde a besoin " (LA).

C’est peut-être justement cet esprit qui nous manque actuellement, dans cette société post-industrielle où seule compte la productivité immédiate pour l’homme, au dépens des autres êtres vivants, de la nature, de la planète Terre elle-même...

Quand l’homme moderne prendra t-il enfin conscience que ne pas nuire aux autres, c’est aussi ne pas nuire à soi-même ?

En fait, le principe de non-violence n’est pas l’apannage de l’Inde. Prêché et appliqué dès l’antiquité par de grand sages comme le Bouddha, Mo-tseu, Jésus-Christ, et certains stoïciens, il a été systématisé par Gandhi au XXè siècle, en vue d’objectifs politiques et sociaux (l’indépendance de l’Inde, l’abolition des castes, la réconciliation hindoue-musulmane), et ainsi devenu un instrument de combat d’une redoutable efficacité.

Plus tard, des luttes, comme pour l’indépendance de l’Irlande, l’égalité raciale des noirs aux USA (conduite par le pasteur Martin Luther King, lui aussi assassiné comme Gandhi par un extrêmiste), contre la misère en Sicile, contre la guerre d’Algérie en France, contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre l’occupation du Tibet, contre l’oppression religieuse en général, se sont inspirées de ce principe de non-violence.

C’est en quelque sorte la " force du faible ", l’ultime recours devant un combat à armes inégales. En subissant la violence et en refusant d’y répondre, on brise cet enchaînement de violence, en le faisant comprendre à son adversaire et à l’opinion publique. Le scandale de l’oppression, de l’injustice ainsi dévoilé, touche les coeurs, ouvre les yeux, réveille la conscience morale de l’adversaire ainsi que de l’opinion publique, qui à son tour fait pression sur celui-ci. Finalement, ne pouvant plus persister dans la voie de la violence, l’adversaire se résoud à admettre son erreur et baisse les armes, dans une sorte de conversion à la paix, et non pas avec un esprit de défaite et de revanche.

La non-violence n’a rien d’une passivité, d’une résignation, encore moins d’une lâcheté. " La non-violence, disait Gandhi, ne consiste pas à ’s’abstenir de tout combat réel, face à la méchanceté’. Au contraire, c’est une forme de lutte plus énergique et plus authentique que la simple loi du talion, qui aboutit à multiplier par deux la méchanceté "(THF)... " Je n’hésite pas à dire que là où existe seulement le choix entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente "(THF).

La non-violence est au contraire souvent un acte héroïque et exige une grande maîtrise de soi, une grande force d’âme.

" Pour devenir une force réelle, la non-violence doit commencer avec l’esprit. La non-violence qui n’embrasse que le corps, et dans laquelle l’esprit ne collabore pas, est celle du faible et du lâche ; il ne peut en sortir aucune puissance "(YI.2).

Alors que " la violence ne libère pas de la peur, mais cherche à combattre les causes de la peur, la non-violence au contraire est exempte de toute peur "(THF)... " La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C’est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance que l’on ressent. La vengeance est toujours supérieure à la soumission passive, impuissante, mais la vengeance est aussi faiblesse "(YI.1).

Les moyens qu’utilise la lutte non-violente, comme la résistance passive, la désobéissance civile, la non-coopération, la grève générale, les marches symboliques (comme la "Marche du Sel") exercent certes une forte pression, mais une pression d’ordre moral. " La résistance passive est une méthode qui consiste à protéger ses droits par l’acceptation de la souffrance ; c’est le contraire de la résistance par les armes. Lorsque je refuse de faire quelque chose parce que cela répugne à ma conscience, je fais usage de la force de l’âme "(HS)...

Ainsi, la non-violence est une arme humaine par excellence, car elle rend plus humains ceux qui l’utilisent et ceux qui la subissent.

Elle n’est cependant utilisable que pour servir une bonne cause, une cause généreuse, désintéressée. Comme le disait Gandhi, " Je peux jeûner contre mon père pour le guérir d’un vice, mais pas pour obtenir de lui un héritage ".

Elle s’appuie avant tout sur ce que tous les sages n’ont cessé de tenir comme but, satyagraha (la force de la Vérité).

Car comme le disait Vinoba Bhave, disciple de Gandhi et ardent défenseur des pauvres, " Le champ de bataille de la non-violence, c’est le coeur de l’homme ".

Citons encore pour finir Gandhi, l’apôtre du XXè siècle de la non-violence, celui qui a su par la force de son âme libérer un grand peuple, sans l’entraîner dans un océan de larmes et de sang :

" La non-violence est la plus grande force que l’humanité a à sa disposition. Elle est plus puissante que l’arme la plus destructrice inventée par l’homme. La destruction ne correspond nullement à la loi des hommes. Vivre libre c’est être prêt à mourir, s’il le faut, de la main de son prochain, mais jamais à le tuer. Quelle qu’en soit la raison, tout meurtre ou autre atteinte à la personne est un crime contre l’humanité "(MM).

Mahatma Gandhi, saint homme que vous êtes, pardonnez nous, ainsi qu’à vos descendants, de ne pas être la hauteur de votre message !

Que celui-ci se répande encore, afin d’aider les hommes à extirper de leur coeur les germes de la violence...


(Olivet, Février 2002)

Citations de Gandhi :

(HS) Leur civilisation et notre délivrance (Hind Swaraj, or Indian Home Rule, 1938)

(LA) Lettres à l’Ashram (From Yeravda Mandir, 1937)

(MM) The Mind of Mahatma Gandhi, 1945

(THF) Tous les hommes sont frères (All Men are Brothers, 1958)

(YI.1) Young India, 12 Août 1926

(YI.2) Young India, 2 Avril 1931
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Zarathoustra
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Lun 9 Jan 2017 - 11:54

Article très intéressant. Quelques remarques et questions...

En tant que disciple du Tao, le "non agir" ne me semble pas être la même chose que la passivité. Il s'agit plutôt de rester en harmonie avec le Tao et d'accepter le réel et les épreuves avec joie (amor fati chez Nietzsche), pas de les subir. Ainsi lorsqu'on est face à la violence, cela constitue une épreuve. Il ne s'agit pas d’être victime, mais de ne pas chercher à fuir cette épreuve et d'y faire face, comme tu le précisais ailleurs sans haine et sans passion mauvaise. C'est ainsi que se définit en partie le sage taoïste ou le surhomme nietzschéen.

L'auteur de l'article nous explique que l'auteur de la violence est souvent un ignorant à qui il conviendrait d'ouvrir les yeux. Cela suppose que cet ignorant puisse partager nos valeurs. Or, la monde tel qu'il est aujourd'hui est composé de gens qui ne partagent pas les mêmes valeurs. Aux yeux des ignorants, nous sommes nous mêmes des ignorants.
Je mets de coté pour l'instant, la brute épaisse hermétique à toute réflexion et qui agit plus en animal qu'en être humain. Un débat intéressant sur ce cas précis pourrait cependant avoir lieu plus loin ou dans un autre fil : "Tout le monde peut-il atteindre l'éveil ?" Pour ma part je n'en suis pas sûr.
Mais je reviens sur un cas précis, dont je m'occupe actuellement : Après avoir subit du harcèlement professionnel durant plusieurs mois, un homme a craqué et s'est répandu en injures contre sa direction sur les réseaux sociaux. Violences verbales, insultes, menaces... La direction bien sûr s'est emparée de l'affaire et tente aujourd'hui de le licencier.
Il passe aujourd'hui pour le coupable alors qu'en réalité il a été le premier agressé.
Cet homme est un syndicaliste qui a tenté d'empêcher sa hiérarchie de mettre en place un projet dune violence extrême contre les salariés de son entreprise. A cette occasion, déjà, j'ai tenté de jouer les médiateurs. Or, je me suis retrouvé face à des dirigeants sûr d'eux mêmes qui ne partagent en rien nos valeurs (justice sociale, humanisme, ect.) mais qui en défendent d'autres (compétitivité, rentabilité, etc.) Pour eux, cet homme et moi sommes des êtres dépassés, arriérés, et nous avons du faire face à une incompréhension totale doublée de mépris et d'arrogance. Avec au final cette sentence : "Nous sommes les plus forts et la raison du plus fort est toujours la meilleure".
Dans ce cas précis, une chose évidente s'impose : la violence physique ou verbale ne sert pas à grand chose, voir elle ne fait qu'empirer la situation. Mais comment organiser une résistance non violente, et surtout...comment faire pour que la salarié accusé puisse être reconnu dans son statut de victime ? Sachant bien entendu qu'un recours en justice a été programmé et que cela ne fait que déchaîner de la violence supplémentaire sur tous ceux qui tentent de porter secours au salarié dont nous parlons.

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Anaïs
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Lun 9 Jan 2017 - 18:28


La non-violence ne veut pas dire que l'on baisse les bras, c'est tout le contraire....
Il faut bien faire la différence en violence et fermeté.





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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Mer 11 Jan 2017 - 16:09

Je n'ai pas lu tous les messages, certains sont très longs.

La non-violence, c'est ne jamais répliquer, quoi qu'il en coûte.
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Jeu 12 Jan 2017 - 20:06

florence_yvonne a écrit:
Je n'ai pas lu tous les messages, certains sont très longs.

La non-violence, c'est ne jamais répliquer, quoi qu'il en coûte.
La non-violence c'est choisir de traiter le problème en se préservant. La violence attire la violence..
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florence_yvonne
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Ven 13 Jan 2017 - 18:39

La non-violence ne ressemble telle pas à la passivité ?
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Zarathoustra
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Sam 14 Jan 2017 - 12:08

florence_yvonne a écrit:
La non-violence ne ressemble telle pas à la passivité ?

Oui et non, Florence.

Pour beaucoup, la non violence est une posture morale, et la morale telle que la définit Nietzsche est le paravent qui sert à masquer nos lâchetés.
Mais pour d'autres, comme Compagnon qui l'a expliqué un peu plus haut, il s'agit de répondre, en se battant si besoin est, tout en refusant dans ces moments là de se laisser submerger par la haine et par la violence.
C'est pourquoi je te demandais l'autre jour si tu étais pacifiste ou pacifique.
Churchill, à propos des pacifistes avait dit : "Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez (de toutes façons) la guerre."
Moi, je suis pacifique. Je ne souhaite la guerre à personne. Mais je n'accepte pas que l'on touche à l'intégrité morale ou physique de quiconque.
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MessageSujet: Re: La non-violence n'est pas une faiblesse    Sam 14 Jan 2017 - 13:09

ZARA a écrit:
Pour beaucoup, la non violence est une posture morale,

C'est réducteur; la non-violence qui doit être physique, verbale et mentale est un des Ahimsa des yoga sutras de Patanjali. Certes nous sommes loin de la violence intellectuelle puis verbale pour la plupart d'entre nous même s'il est beaucoup plus aisé de s'abstenir d'une violence physique. De ce fait je ne considère pas que ce soit une posture morale mais une attitude intérieure qui permet d'atteindre à une Paix qui a des répercussions énormes et profondes sur soi. Par extension et au vu de ce que je viens de dire la remarque de Nietzsche est erronée car repose sur un postulat à la base infondé. Certes il y a une non-violence morale mais là on rentre dans des valeurs laïques véhiculée par une société laquelle, dans son ensemble, ne représente en rien les plus hauts idéaux spirituels.
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