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 Les innovations en islam (Définition et jugement)

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yousouf
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MessageSujet: Les innovations en islam (Définition et jugement)   Les innovations en islam (Définition et jugement) EmptyJeu 30 Juin 2011 - 15:39

Salam alaykoum,

Sache que l’innovation (al-bid3ah) dans la langue est ce qui a été innové sans équivalent antérieur ; on dit par exemple : tu a fait une chose badi3, c'est-à-dire une chose nouvelle, étonnante qu’on ne connaissait pas avant cela.

Selon la Loi de l’Islam, c’est ce qui a été innové sans que cela soit cité ni dans le Qour’an ni dans la Sounnah.

Ibnou l-3Arabiyy a dit : « L’innovation (bid3ah) et la nouveauté (mouhdath) ne sont pas blâmables pour leur appellation d’innovation et de nouveauté, ni pour leur sens, mais ce qui est blâmable parmi ce qui relève de l’innovation, c’est ce qui contredit la tradition prophétique, et ce qui est blâmable parmi les
nouveautés, c’est ce qui appelle à l’égarement ».

L’innovation se divise en deux sortes :

- L’innovation d’égarement : c’est la nouveauté qui contredit le Qour’an et la
Sounnah.

- L’innovation de bonne guidée : c’est la nouveauté qui est en accord avec le
Qour’an et la Sounnah.

Cette classification, on la comprend du hadith de Al-Boukhariyy [1] et Mouslim [2] d’après 3A’ichah, que Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager de Allah ( SWS ) a dit :« Celui qui innove dans notre religion une chose qui n’y est pas conforme, elle est rejetée ».Ce hadith a été rapporté par Mouslim [3] en d’autres terme, a savoir :Celui qui fait une oeuvre qui n’est pas en accord avec notre religion, elle est rejetée.

le Messager de Allah ( SWS ) a expliqué que la nouveauté est rejetée si elle va à l’encontre de la Loi de l’Islam et que la nouveauté qui est en accord avec la Lois de l’Islam n’est pas rejetée.

Cette classification est déduite également de ce qu’a rapporté Mouslim [4] dans son Sahih, du hadith de Jarir Ibnou 3Abdi l-Lah Al-Bajliyy, que Allah l’agrée,
qui a dit : « Le Messager de Allah (SWS ) a dit :« Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah), il en aura la récompense et il aura une récompense chaque fois que quelqu’un la refait après lui sans que rien ne soit diminué de leurs récompenses. Celui qui instaure dans l’Islam une mauvaise tradition, il se chargera de son péché et il sera chargé d’un péché chaque fois que quelqu’un la refait après lui sans que rien ne soit diminué de leurs péchés ».

Aussi, dans le recueil de Al-Boukhariyy [5] dans le livre la prière surérogatoire des nuits de Ramadan (at-tarawih), il est cité ce qui suit et qui signifie : Ibnou Chihab a dit : « Le Messager de Allah est mort et les gens se conduisaient ainsi ». Le Hafidh Ibnou Hajar [6] a dit : « C'est-à-dire qu’ils ne faisaient pas la prière surérogatoire des nuits de Ramadan en assemblée ». Puis Ibnou Chihab dans la suite de sa citation a dit : « Et il en était ainsi à l’époque du califat de Abou Bakr et pendant la première partie du califat de 3Oumar, que Allah l’agrée ».

Il y est cité aussi [7], suite à cet évènement que 3Abdou r-Rahman Ibnou 3Abdin Al-Qari a dit ce qui signifie : « Je suis sorti avec 3Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agréé, en une nuit de Ramadan, à la mosquée, alors que les gens étaient en groupes isolés et séparés ; certains faisaient la prière individuellement, d’autres se rassemblaient en petit groupe et faisaient la prière en assemblée, alors 3Oumar a dit : Je vois que si je rassemble ces gens pour qu’ils soient dirigés par un seul homme récitant le Qour’an, ce serait mieux. Puis il s’est décidé et les a rassemblés derrière ‘Oubayy Ibnou Ka3b. Une autre nuit, je suis sorti avec lui alors que les gens faisaient la prière derrière celui qui récitait le Qour’an, 3Oumar a dit : quelle bonne innovation que voici (ni3ma l-bid3ah hadhih) ».

Dans Al-Mouwatta’ [8] figure le terme : « Quelle bonne innovation que celle-ci (ni3mati l-bid3ah hadhih) ».

Le Hafidh Ibnou Hajar [9] a dit ce qui signifie : « A propos de sa parole : « 3Oumar a dit : quelle bonne innovation que voici (ni3ma l-bid3ah hadhih) » et en d’autres versions « quelle bonne innovation que celle-ci (ni3mati l-bid3ah hadhih) », et à l’origine, l’innovation c’est ce qui a été innové sans équivalent antérieur, et est employé dans la Loi de l’Islam en opposition à la tradition prophétique (sounnah) et dans ce cas elle est blâmable. La précision du sens de l’innovation est que si elle rentre dans la catégories des choses approuvées dans la Loi de l’Islam, alors elle est approuvée ; si elle rentre dans la catégories des choses désapprouvée dans la Loi, alors elle est désapprouvée ; sinon elle est dans la catégories des choses permises. Il se peut aussi qu’elle soit classée dans une des cinq sortes de jugement ». Fin de citation. Par les cinq sortes de jugement, il veut dire : le devoir, l’acte recommandé, l’acte indifférent, l’acte déconseillé et l’illicite.

Al-Boukhariyy [10] a cité dans son Sahih ce qui signifie : « Rifa3ah Ibnou Rafi3 Az-Zarqiyy a dit : nous étions un jour en train de faire la prière dirigés par le
Prophète ; quand il a levé sa tête de l’inclination, il a dit :"sami3a l-Lahou liman hamidah" ce qui signifie : « Allah accepte les louanges de celui qui le loue ». Un homme derrière lui a dit : (Rabbana wa laka l-hamd, hamdan kathiran, tayyiban moubarakan fih). Quand il a fini la prière et qu’il s’apprêtait à partir, le Prophète ( SWS ) a dit : « Qui a parlé ? ». Il a dit : « C’est moi ». Le Prophète ( SWS ) a dit :« J’ai vu plus de trente anges qui se précipitaient à qui d’entre eux l’écrirait le premier ».

Ibnou Hajar a dit [11] dans Al-Fat-h dans le commentaire de ce hadith : « On a pris ce hadith pour preuve qu’il est permis d’innover dans la prière une évocation qui n’a pas été rapportée du Prophète ( SWS ) si elle ne contredit pas ce qui est rapporté du Prophète ( SWS ). »

Abou Dawoud [12] a rapporté que 3Abdou l-Lah Ibnou 3Oumar ajoutait lors du tachahhoud : « wahdahou la charika lah » ce qui signifie : « Lui seul, Il n’a pas d’associé » et disait : « C’est moi qui l’ai ajouté ».

An-Nawawiyy a dit dans son livre Tahdhibou l-‘Asma’i wa l-Loughat [13] textuellement ce qui signifie : « l’innovation (al-bid3ah) dans la Loi de l’Islam,
c’est innover ce qui n’existait pas à l’époque du Messager ( SWS ), elle se divise en bonne et en mauvaise innovation. L’Imam, le Chaykh, à propos duquel il y a unanimité sur le fait qu’il est un guide, sur sa grandeur, sur sa maîtrise de nombreuses sortes de sciences et sur le fait qu’il y excellait, Abou Mouhammad 3Abdou l-3Aziz Ibnou 3Abdi s-Salam, que Allah lui fasse miséricorde et que Allah l’agrée, a dit à la fin de son livre Al-Qawa3id ce qui signifie : L’innovation est divisée en : obligatoire, illicite, recommandée, déconseillée, et permise. Il a dit : le moyen pour cela est de soumettre l’innovation aux règles de la Loi de l’Islam, si elle entre dans le cadre du devoir, elle est alors un devoir, ou dans le cadre de l’interdiction, elle est alors illicite, ou dans le cadre de la recommandation, elle est alors recommandée, ou dans le cadre du déconseillé, elle est alors déconseillée, ou dans le cadre de la permission, elle est alors dans ce cas permise ».

Ibnou 3Abidin a dit dans Raddou l-Mouhtar [14] textuellement ce qui signifie : « L’innovation peut être un devoir, comme le fait d’établir les preuves pour répliquer aux gens des groupes égarés et l’apprentissage de la grammaire arabe qui permet de comprendre le Livre et la Tradition Prophétique ; elle peut être recommandée comme l’édification des ribat ou des medressa - école – ainsi que toute oeuvre de bienfaisance qui n’avait pas lieu durant la première période de l’Islam, elle peut être déconseillée comme la décoration excessive des mosquées et elle peut être indifférente comme le fait de multiplier les plaisirs de la table, des boissons et des vêtements ».

An-Nawawiyy a dit dans Rawdatou t-Talibin [15] au sujet de dou3a’ou l-qounout textuellement ce qui signifie : « C’est cela qui a été rapporté du Prophète ( SWS )et les savants lui ont ajouté : « wa la ya3izzou man 3adayt » avant : « tabarakta wa ta3alayt » et après il y a : « fa laka l-hamdou 3ala ma qadayt, ‘astaghfirouka wa ‘atoubou ‘ilayk ». J’ai dit : nos compagnons de l’école chafi3iyy ont dit : il n’y a pas de mal dans cet ajout. Abou Hamid et Al-Bandanijiyy et d’autres ont dit : il est recommandé ».

Al-Bayhaqiyy [16] par sa chaîne de transmission dans Manaqibou ch-Chafi3iyy a rapporté que Ach-Chafi3iyy, que Allah l’agrée, a dit ce qui signifie : « Les
nouveautés parmi les choses sont de deux sortes : l’une, c’est ce qui est innové et qui contredit le Livre, la Sounnah, les textes des prédécesseurs parmi les compagnons ou l’Unanimité. Celle-là est l’innovation d’égarement. La deuxième, c’est ce qui est innové et qui fait parti des bonnes choses, qui ne
comporte pas de contradiction avec aucun de ceux-là et cette nouveauté-ci n’est pas blâmable ».

[1] Sahih de Al-Boukhariyy : livre du pacte : chapitre s'ils se sont mis d'accord pour un pacte d'injustice, le pacte est rejeté.
[2] Sahih de Mouslim : livre des Al-‘Aqdiyah : chapitre de la non-tenue des jugements non valables et le rejet des nouveautés parmi les choses.
[3] Sahih de Mouslim : même chapitre et livre que précédemment.
[4] Sahih de Mouslim : livre de Az-Zakat : chapitre l'incitation à l'aumône, même d'une moitié d'une datte ou d'une bonne parole et qu'elle est un écran contre le feu. Ainsi que le livre de la science : chapitre celui qui instaure dans l'Islam une bonne tradition ou une mauvaise tradition et qui appelle à la bonne guidée ou à l'égarement.
[5] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de la prière surérogatoire des nuits de Ramadan : chapitre le mérite de celui qui accomplit des actes d'adoration de nuit, durant Ramadan.
[6] Fat-hou l-Bari 4/252.
[7] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de la prière surérogatoire des nuits de Ramadan : chapitre le mérite de celui qui accomplit des actes d'adoration de nuit, durant Ramadan.
[8] Al-Mouwatta' : livre de la prière : chapitre le début de l'accomplissement des actes d'adoration durant les nuits de Ramadan 1/217
[9] Fat-hou l-Bari 4/253.
[10] Sahih de Al-Boukhariyy : livre de l'appel à la prière : chapitre du mérite de la parole Allahoumma Rabbana laka l-Hamd.
[11] Fat-hou l-Bari 2/287.
[12] Sounan de Abou Dawoud : livre de la prière : chapitre du tachahhoud.
[13] Tahdhibou l-'Asma'i wa l-Loughat, matière (ba, da 3a) 3/22.
[14] Raddou l-Mouhtar 3ala d-Dourri l-Moukhtar 1/376.
[15] Rawdatou t-Talibin 1/253-254.
[16] Manaqibou ch-Chafi3iyy 1/469

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