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 Le doute

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MessageSujet: Re: Le doute   Dim 29 Aoû 2010 - 4:59

Il y a autant de doute à propos du doute que de doute à propos de la foi.
C'est ce qu'on appèle chercher midi à quatorze heure...

Le doute

par Raymond-Robert Tremblay, du cégep du Vieux Montréal



Il existe deux formes de doute: le doute ordinaire et le doute philosophique.

Le doute ordinaire

Commençons par ce que nous connaissons tous très bien pour l'avoir pratiqué: le doute ordinaire est l'expression d'un sentiment d'incertitude quant aux événements ou aux personnes. Nous dirons "j'en doute" lorsque nous ne sommes pas certains de réussir un examen ou lorsque nous pensons que quelqu'un pourrait nous mentir. Nous dirons "je doute de lui" pour signifier que nous n'avons pas confiance en quelqu'un. Enfin, nous dirons "je m'en doute" pour signifier que nous soupçonnons qu'une idée est vraie. Le doute ordinaire est fréquent parce qu'il survient spontanément, sans qu'on l'ait spécialement voulu.

Le doute philosophique

Le doute philosophique est très différent. En effet, le doute philosophique procède d'une volonté de remettre quelque chose en question. Nous distinguerons principalement trois sens au doute philosophique: le doute sceptique extrême (ou doute pyrrhonnien), le doute sceptique modéré (ou doute humien) et le doute méthodique (ou doute cartésien).

Le doute sceptique extrême

Pyrrhon (~365-~275) est un philosophe grec qui préconise la suspension complète du jugement sur toutes les questions (on dit aussi "l'épochè"). En effet, ce dernier montre que pour chaque question qui se présente, deux opinions contraires sont toujours possibles. Or, selon lui, il est impossible de choisir l'une des deux voies, car pour chacune d'elle il existe de bonnes raisons d'y croire et d'en douter. Afin d'atteindre à une certaine forme de libération spirituelle, il faut donc éviter de prendre position. On raconte qu'étant tombé dans un trou d'où il ne pouvait sortir seul, Pyrrhon félicita le disciple qui refusa de l'en sortir et blâma ceux qui l'aidèrent, car le premier ayant considéré la situation de Pyrrhon ne trouva aucune raison convaincante de l'aider et passa son chemin!

Le doute sceptique modéré

Préconisé par David Hume (1711-1776), le doute sceptique dit "modéré" est développé à partir d'une critique du doute extrême. En effet, le doute extrême est absurde; il est contredis par les activités de la vie quotidienne. Ainsi, le doute ne doit pas s'appliquer dans les affaires courantes de la vie de tous les jours. Par contre, il a sa place pour remettre en question nos croyances gratuites. Il nous montre que la religion et la métaphysique n'ont aucune base réelle. Les dieux sont des êtres imaginaires. Le relation de cause à effet, n'est souvent qu'une régularité observée et non une causalité réelle. En fait, pour Hume seules les mathématiques et les science empiriques sont valables. Tout le reste n'est "que sophismes et illusions".

Le doute méthodique

C'est Descartes (1596-1650) qui préconise le doute méthodique. Le but du doute méthodique est de parvenir à une première certitude. Puisque tout ce que j'ai appris est incertain, il est préférable d'en douter pour éviter l'erreur due aux préjugés ou à la précipitation du jugement. Par conséquent, si appliquant correctement ma raison et doutant de tout je découvre néanmoins une vérité, celle-ci sera dite indubitable (il sera impossible d'en douter). On parvient ainsi au célèbre "je pense, donc je suis". Le doute est donc un simple moyen pour éviter les erreurs de jugement: un conseil de prudence dans l'usage de la raison. On voit que Descartes ne préconise pas une philosophie sceptique: son doute est radical, mais temporaire.

Le doute philosophique aujourd'hui

Le doute est une méthode essentielle de la philosophie et l'un de ses atouts majeurs. Il y a tant de croyances contradictoires et tant de valeurs conflictuelles dans le monde contemporain, que chacun d'entre-nous doit faire preuve de prudence et de circonspection. Le doute est un outil qui nous prémunit contre les croyances naïves et les jugements hâtifs. Il a donc sa place dans les sciences comme dans la vie morale et sociale des gens ordinaires; il n'est pas le privilège exclusif des philosophes. Mais les philosophes sont en quelque sorte des spécialistes du doute: ils se servent du doute pour remettre en cause les lieux communs, les préjugés et les conceptions traditionnelles de la réalité.

© CVM 1997
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Chribou
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MessageSujet: Re: Le doute   Lun 30 Aoû 2010 - 5:09

Je sais cela fait simpliste mais que nous le voulions ou pas nous sommes semble t-il de toute façon impliqués dans un univers qui nous renvoie l'ascenseur selon nos mérites.

A partir de là si Le Grand Mystère était trop manifeste nous n'aurions plus aucun mérite à prêter l'oreille à notre bonne conscience afin de bien nous comporter ce qui fait que pour la plupart d'entre nous le doute est essentiel à notre avancement.

C'est dit brutalement mais parfois il faut savoir appeler un chat un chat.
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MessageSujet: Re: Le doute   Lun 30 Aoû 2010 - 14:38

Chribou a écrit:
Je sais cela fait simpliste mais que nous le voulions ou pas nous sommes semble t-il de toute façon impliqués dans un univers qui nous renvoie l'ascenseur selon nos mérites.

A partir de là si Le Grand Mystère était trop manifeste nous n'aurions plus aucun mérite à prêter l'oreille à notre bonne conscience afin de bien nous comporter ce qui fait que pour la plupart d'entre nous le doute est essentiel à notre avancement.

C'est dit brutalement mais parfois il faut savoir appeler un chat un chat.

.......Cela ne fait aucun doute,finalement il est naturel alors mais pourquoi douter de choses évidentes???
On entre dans un siècle où des hommes nouveaux et forcément supérieur et là il n'y a pas de doute c'est
scientifiquement prouvé,Maîtreyod parle d'esprit de force 7, (encore un dérangeur qui a pourtant fait ces preuves)
où tout sera révélé scientifiquement.Le doute s'installera t-il encore et tjrs,il est un mécanisme bien plus éfficace
qu'on ne le pense,mais je maintiens le fait qu'il n'est pas indispensable au delà d'un certain niveau de contemplation.
Dans la méditation,il est rélégué à l'arrière plan tout comme les désirs,et cela constitue une ouverture
à l'intuition qui peut faire office de relais entre la raison et l'observation.
Pascal.
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J-P Mouvaux
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MessageSujet: Re: Le doute   Lun 30 Aoû 2010 - 17:14

Denis a écrit:

@JP,

selon mon expérience, beaucoup de (ou certains) croyants disent s'appuyer sur un examen raisonnable (au moyen de la raison) du monde qui les entourent pour déduire qu'ils ne peuvent raisonnablement qu'avoir la foi (en Jésus, Mohammed ou Bouddha, Yahvé, Jéhova, Brahma, Vishnou ou Shiva, en un dieu, une puissance transcendante, une énergie d'amour universelle, etc.). Si je te comprends bien, selon l'expérience dont tu nous fait part, tu fais partie de ces croyants qui "passent leur foi au crible de la raison".

Oui, mais pas pour conclure

qu'on ne peut raisonnablement qu'avoir la foi

mais qu’on peut raisonnablement avoir la foi.

comme on peut tout aussi raisonnablement ne pas l’avoir
.

Citation :
Déjà je note une distinction à faire : qu'est-ce qui vient en premier ? La foi ou l'examen raisonnable du monde qui nous entoure ? Ce n'est pas du tout la même chose si ce sont l'œil et la main de la foi qui observent et palpent le monde ou si ce sont l'œil et la main de la raison, je pense que tu en conviendras.

Pour prendre mon expérience personnelle, j’ai été élevé « dans la foi » ; et la critique de cette foi, je l’ai entreprise par la suite.

C’est ma démarche ; il peut y en avoir d’autres.

Citation :
Ensuite reste le problème crucial de la divergence de ces différentes formes de foi. Elles ne peuvent raisonnablement toutes être justes. Certains ont foi en un dieu de justice terrible, vengeur, jaloux, punisseur ; d'autres en un dieu d'amour qui pardonne ; d'autres encore en un dieu ethéré, impersonnel, plus une "force universelle mystérieuse" quasi indifférent au monde matériel, se contentant de l'imprégner ; d'autres à l'opposé on foi en un dieu proche, intime, qui entre personnellement en relation avec ses créatures humaines. Toutes ces formes de foi avec leurs expressions, toutes ces discours sur la divinité, toutes ces théologies ne peuvent être simultanément justes si elles prétendent toutes se fonder sur la raison.

Evidemment. Dans le domaine de la foi, on ne peut raisonnablement revendiquer des certitudes s’appliquant universellement à tous ; si on est raisonnable, on doit admettre que ce qu’on croit n’est pas une certitude absolue, mais que d’autres peuvent croire autre chose.

Citation :
Je trouve bien plus cohérente l'attitude du bouddhisme zen qui laisse la raison de côté, préférant l'énigme et le paradoxe humoristique des koan. Toutefois je ne suis pas sûr qu'il faille assimiler le bouddhisme à une foi religieuse au sens occidental même si il en a beaucoup des aspects dans ses rites et pratiques. Certaines fois religieuses ne se préoccupent absolument pas d'être raisonnables ou compatibles avec la raison et ne s'en portent pas plus mal (les religions traditionnelles ou modernes africaines, les chamanismes et j'en passe).

La différence avec le bouddhisme, c’est bien, il me semble, que celui-ci conclut sa démarche, non pas sur une « croyance » mais sur, comme tu dis, le constat d’une « énigme » dont il ne propose pas de solution. La « science » non plus n’a pas de réponse à « l’énigme » de l’existence.

Citation :
Enfin si j'ai selon toi exprimé ce qui te semble relever du préjugé, merci de me montrer où et à quel propos précisément. Je cherche en effet à me débarrasser des scories des préjugés et tu m'aiderait grandement.

Je peine à te proposer une réponse ; je pense que c’est à chacun de découvrir ses propres préjugés.


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Curbud
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MessageSujet: Re: Le doute   Sam 4 Sep 2010 - 11:54

Denis a écrit:
Bonjour à toutes et tous,

@Pascal,

Il est tout à fait juste de dire que nous percevons, ressentons, imaginons, conceptualisons le monde qui nous entoure, ce qu'on peut aussi appeler "le réel" ou "la réalité" ou "l'univers" (ou pour certains croyants "la création") grâce à cet organe façonné par l'évolution, et connecté à l'ensemble de notre corps, qu'est notre cerveau. Toutefois, tirer de l'asymétrie fonctionnelle du cerveau des conclusions sur la localisation de la "raison" et de "l'intuition" relève de la construction mythique. Tu peux voir aussi cette page. On ne peut localiser de manière aussi simpliste des capacités mentales aussi complexes que la raison ou l'intuition (que tu sembles par un glissement de sens rapprocher de la foi), pas plus qu'on ne peut localiser le siège de l'âme comme l'avait pensé Descartes en désignant l'épiphyse (ou glande pinéale).

En effet, on ne peut localiser avec précision certains comportements cognitifs... pour preuve le cas de Michelle Mack qui est née sans cerveau gauche... et qui a réussi à avoir son bac (même si je vous l'accorde certaines personnes dépourvues de raison y sont arrivées)

Cependant avec les techniques d'imagerie du cerveau on peut arriver à localiser de façon plus ou moins grossière certaines régions du cerveau comme intervenant dans la planification des taches (cerveau frontal)...!

Mais avant de pourvoir mettre une fonction cérébrale comme la raison sur une région bien particulière du cerveau, il faudrait d'un point de vue scientifique (voire même littéraire) mettre une définition exacte sur le terme "raison"!

Exemple: si on a des lésions au niveau de l'amygdale (du cerveau) qui est responsable des émotions, la raison ne sera pas la même d'un individu à l'autre! Nous dirions donc que l'amygdale serait le siège de la raison! Or cela n'est pas tout à fait exact!
Le cas émotionnel de chaque individu peut donner des "raisons" complètement différentes les unes des autres!

Tout ça pour dire que des termes aussi abstraits que la "raison" ou "l'intuition" ne peuvent être attribués à une région unique du cerveau et que cela concerne plutôt plusieurs régions cérébrales!

Si on rajoute à cela un terme à la mode en neuroscience, le terme de "plasticité" ou plus vulgairement de "réorganisation du cerveau" ,cela devient vraiment compliqué de répondre à ces questions passionnantes!


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MessageSujet: Re: Le doute   Dim 5 Sep 2010 - 17:06

Bonjour Curbud;

Voici un texte que j'ai trouvé dans le lien ci-dessus que Denis m'a posté et je ne vois pas
bien le rapport avec le fait qu'il me dit que les cortex ne sont pas divisés puisque ce texte
affirme bien qu'ils le sont.
Mais alors pourquoi ne parle t-on pas de l'intuition qui elle se situerais normalement au niveau
de l'hémisphère droit ?
De plus un sixième sens tel que l'intuitif peut-il se situer au niveau neuronal ou au delà,
c'est aussi un tout mais une question sans réponse c'est plutôt intriguant...


EXTRAIT:
Les personnes à l'origine du test au scanner, les neurologues cliniques Gereon Fink de l'Université de Düsseldorf en Allemagne, et John Marshall de l'Hôpital Radcliffe d'Oxford, persistaient dans l'idée selon laquelle la différence entre les deux hémisphères du cerveau se trouvait dans leur mode de fonctionnement. Le cerveau gauche, estimaient-ils, se concentre sur les détails. Ce qui en ferait le siège naturel de l'habileté mentale, nous aidant à réagir devant la série des perceptions fragmentaires continues de ce que nous voyons, habileté telle que celle de reconnaître le visage d'un ami au milieu de la foule, ou d'aligner des mots pour en faire une phrase. Le cerveau droit, quant à lui, se concentre sur un plan plus vaste, plus large, plus général. Les chercheurs pensent qu'il a une vue panoramique lui permettant d'avoir une bonne vision générale des connexions ; cet hémisphère est plus apte à se représenter la position des objets dans l'espace et à traiter des aspects plus émotionnels et métaphoriques du langage. Pour faire plus bref et condensé : un côté du cerveau pense et voit dans un angle large pendant que l'autre zoome plutôt sur les détails.
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