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 Dans les pas des Bouddhas effacés de Bamiyan

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MessageSujet: Dans les pas des Bouddhas effacés de Bamiyan   Sam 17 Déc 2016 - 17:47

Le monde des religions

Par Olivier Germain-Thomas - publié le 13/12/2016

À l’occasion de l’exposition « Sites éternels. De Bamiyan à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel » au Grand Palais*, l’écrivain voyageur Olivier Germain-Thomas est allé sur les traces des Bouddhas géants d’Afghanistan, aujourd’hui détruits.

La destruction des Bouddhas géants de Bamiyan (Afghanistan), il y a quinze ans, a rappelé au monde effaré combien une religion dévoyée pouvait éprouver de la rage pour la beauté des autres. Depuis, l’élan se poursuit en Syrie, en Irak et ailleurs. Il faut être bien misérable pour demander à la haine de nous rassurer…


En juin dernier, j’ai vu à Bamiyan les niches vides creusées face à la ligne enneigée de la chaîne de montagnes Hindou Kouch. Autour des Bouddhas absents, de nombreuses cavités abritaient des cellules de méditation et des chapelles reliées entre elles par de sombres couloirs et escaliers qui circulaient dans la pierre. La voûte d’une de ces chapelles conservait des peintures bouddhiques que les talibans ont détruites, y lançant avec des rires rageurs leurs chaussures couvertes de la poussière du site.

Un dialogue avec la Grèce antique

Dans la vallée fertile de Bamiyan passait l’une des routes de la soie reliant l’Inde à la Chine et, vers l’ouest, la Méditerranée. Passage pour conquérants, marchandises, cultures, parfois rêves de terres inconnues…

Ces Bouddhas rappelaient l’aventure méconnue du bouddhisme à l’ouest de l’Inde après le règne de l’empereur Ashoka, au IIIe siècle avant notre ère : plus d’un millénaire de présence dans le nord du Pakistan actuel, en Afghanistan, et jusqu’en Perse. Rappelons combien la statuaire bouddhique de cette partie de l’Asie centrale, particulièrement au Gandhara, a été marquée par un dialogue fécond avec la Grèce qui a donné naissance à l’art « gréco-bouddhique », le visage du Bouddha étant à rapprocher de celui d’Apollon. Avide des métamorphoses, André Malraux (dont on vient de fêter le 40e anniversaire de la mort, le 23 novembre 1976) s’est particulièrement intéressé à cet art. Dans Les Voix du silence (1951), il écrit : « La Grèce était ennemie des signes abstraits, et il sembla naturel aux sculpteurs qu’elle inspirait de figurer d’abord la suprême sagesse par la suprême beauté. »

Remontons à la source. En 329-327 avant notre ère, Alexandre le Grand se dirige vers l’Inde à travers l’Empire perse qu’il a vaincu. Arrêté par sa propre armée devant l’Indus, il fait demi-tour avant de mourir à Babylone en 323 avant notre ère. Rêvant d’un empire universel, il avait fondé des villes, laissé troupes et dirigeants dans les vallées autour de l’Hindou Kouch. Pendant sa longue marche du retour, abandonnant à regret l’Inde comme un mirage, Alexandre se fait accompagner d’un sannyasin, un renonçant qui mendie sa nourriture. Plus tard, on signalera des moines bouddhistes ou des sages hindous à Alexandrie tandis qu’Arrien rédige, au IIe siècle de notre ère, une description de l’Inde.

Des réponses à tout

Du côté indien, il nous est resté un texte unique dans son genre : Les questions de Milinda (Milindapanha), un dialogue écrit en pali entre un roi indo-grec et un moine bouddhiste. Milinda (Ménandre) régnait au IIe siècle avant notre ère dans un des royaumes autour de Bamiyan. Il ne trouvait personne capable de répondre aux multiples questions qu’en bon descendant des Grecs, il se posait et posait à son peuple. Issu d’une famille de brahmanes, le moine bouddhiste Nagasena est convoqué par le roi informé de sa sagesse. Écrit par un bouddhiste, le texte est un admirable viatique à l’usage de celui qui veut comprendre les principaux points de la doctrine. On ne s’étonnera pas qu’oubliant sa Grèce lointaine et ses lumières tranchantes, le roi en sorte convaincu. « J’ai bien demandé tout et le révérend a bien répondu à tout. » Parmi les questions abordées, la plus importante est celle de la substance du moi. D’un côté une personne, de l’autre une absence de réalité fixe, une série d’assemblages provisoires.

Arpenter les montagnes de l’Afghanistan où tant de sites ont été marqués par la Grèce permet une méditation sur la richesse d'un « dialogue racines contre racines » (Malraux). Le christianisme n’est-il pas le mariage de la prophétie juive et de la pensée grecque ? Morale de ces esquisses : ne pas craindre les rencontres de civilisations malgré les troubles qu’elles suscitent au premier choc. Elles sont capables de générer un renouveau du génie créateur.



(*) Sites éternels. De Bamiyan à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel. Au Grand Palais (Paris) du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017. Entrée libre tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 20 h et en nocturne jusqu’à 22 h le mercredi.
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MessageSujet: Re: Dans les pas des Bouddhas effacés de Bamiyan   Dim 18 Déc 2016 - 16:19

Il y a combien de Bouddha ? moi, je croyais qu'il n'y en avait qu'un.
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MessageSujet: Re: Dans les pas des Bouddhas effacés de Bamiyan   Dim 18 Déc 2016 - 17:14

Il y a Bouddha et bouddha.

Le plus connu est le plus "parfait et pur" pour qui l'on emploi le B majuscule est le Bouddha Shakyamuni ( : du clan des Shakya) , qui s'appelait initialement Siddharta Gautama Shakyamuni. Celui qui a vécu environ au Vème siècle avant JC.

C'est le "Bouddha" de notre l'ère actuelle, il y eu des ères avant la nôtre ou il y eu d'autre "Bouddha" et le bouddhisme actuel annonce que dans l'avenir, un jour l'enseignement de l'actuel Bouddha finira par disparaître et qu'un nouveau Bouddha, nommé Maitreya ( : l'amical/le bienveillant) apparaîtra et fera de nouveau connaître le Dharma.

Après l'on trouve des "bouddhas" (b minuscule) qui sont d'autre individus qui ont atteint l'Eveil. Techniquement "bouddha" est un terme qualificatif qui signifie "éveillé". Toute personne qui atteint l'Eveil peut être qualifiée de bouddha. Ou ayant la nature de bouddha. Seul celui de notre ère actuelle est cité avec un B majuscule. Ainsi dans les écrits quand on en parle on sait de qui on parle. Et durant sa vie le Bouddha a aussi porté d'autres noms et qualificatifs, parfois qu'on lui a attribué parfois qu'il s'est attribué (il me semble). En tout cas le terme de "bouddha" aurait été suggéré par des enfants que Siddharta aurait rencontré après son Eveil. Quand il leur a parlé de ce qu'il avait expérimenté ils ont trouvé que cela ressemblait à un dormeur qui s'est éveillé, la racine "buddh" en sanskrit signifie "s’éveiller". Il a trouver que le terme était correct à ce moment là de sa vie et il l'a donc adopté.

Sachant qu'il y a différent niveau de progression vers la "bouddhéïté" aussi. Le Bouddha ayant atteint le niveau le plus haut. Le courant Théravada lui parle "d'arhat" qui est sensé être l'ultime échelon de la sagesse. Terme qui est aussi employé par le Bouddha dans ses sermons/sutras.
Certains au sein du bouddhisme poussent même la hardiesse jusqu'a dire que nous sommes tous des bouddhas en devenir, c'est un potentiel, c'est simplement que pour le moment nous ne le réalisons pas. Nous n'en avons pas encore pris conscience. Nous sommes tous des diamants prisonniers d'une épaisse gangue de charbon. Que bien peu à chaque génération sont capable de faire voler en éclat pour réveler la véritable nature de ce que nous sommes.
Merci pour la question :)

Il y a beaucoup d'incompréhension et de malentendu en Occident concernant le bouddhisme, beaucoup de préjugés et de conception erronées à son propos.
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